La Klipschorn se reconnaît à sa silhouette, inchangée depuis que Paul W. Klipsch l’a dessinée en 1946. Cette édition anniversaire la respecte trait pour trait, et lui offre un habit de bois tigré et de laiton, puis un filtre numérique chargé d’accorder sa voix à la pièce. Le même visage, donc, mais une voix taillée pour votre salon.
En 1946, à Hope, une petite ville de l’Arkansas, un ingénieur du nom de Paul W. Klipsch rêvait d’écouter chez lui la musique comme au concert, avec toute son ampleur. Pour y parvenir, il a imaginé une enceinte capable de faire entrer un orchestre entier dans un salon. La Klipschorn a si bien tenu ce pari qu’elle n’a jamais quitté les ateliers depuis. Quatre-vingts ans plus tard, elle reste ainsi la plus ancienne enceinte encore en production au monde. Pour fêter cet anniversaire, elle revient à la source, au tout premier dessin que son créateur avait fait breveter. Ainsi, baptisée Klipschorn 80th anniversary, cette édition sera tirée à 280 paires pour le monde entier.
Sommaire
Klipschorn 80th anniversary : une sculpture façonnée à la main dans l’Arkansas
Rares sont les enceintes que vous regardez avant de les écouter. Celle-ci en fait partie, car Klipsch l’a habillée comme un meuble d’ébéniste. Ses lignes empruntent d’ailleurs à l’art déco. Au sommet trône le pavillon des aigus, une large corolle d’aluminium moulé au sable. Comme celui d’un gramophone, il guide le son vers la pièce. Le caisson, lui, reçoit un placage de Tigerwood, un bois exotique au veinage sombre. Ses motifs évoquent le pelage du tigre, qui lui donne son nom.

J’avoue un faible pour la façade. Un filet de laiton incrusté dans le bois la parcourt tout droit, en son milieu. Deux autres l’encadrent, se rapprochent de lui à mi-hauteur, puis s’écartent de nouveau. Ces courbes soulignent ainsi le tracé du second pavillon, celui des graves, replié à l’intérieur du caisson. Le dessin du bois, lui, se répond d’une enceinte à l’autre. Les artisans de Hope appairent en effet les placages d’une même paire, c’est-à-dire qu’ils les assortissent, feuille à feuille. Le bois de l’une reflète ainsi celui de l’autre, comme dans un miroir.

Chaque Klipschorn sort de leurs mains, à la commande, comme toute la gamme Heritage, la collection historique de la marque. Le meuble en impose : il mesure 132 cm de haut, 80 cm de large et 61 cm de profondeur, pour 65,7 kg. Sa face arrière, taillée en triangle, annonce sa place : l’angle de la pièce, dont les deux murs prolongent son pavillon des graves.
Le son de 1946 remis à l’heure du numérique
Sous cet habit neuf, la Klipschorn retrouve l’architecture de son brevet d’origine, en deux voies. Le son s’y partage donc entre deux haut-parleurs seulement. Un grand haut-parleur de 38 cm se charge des graves. Le médium et les aigus reviennent à un moteur de compression de 10 cm, un haut-parleur compact qui alimente le pavillon du sommet. Ce moteur reprend l’architecture de la Jubilee, une autre enceinte à pavillons de la marque.

Klipsch en attend une dynamique spectaculaire et une finesse de détail rare. La Klipschorn conserve surtout le rendement qui a fait sa réputation. Avec une sensibilité de 103 dB, elle joue en effet très fort avec très peu de puissance. Les graves, eux, parcourent les 2,40 m du pavillon replié, dans un caisson entièrement clos. La marque promet des basses profondes et percutantes, qui descendent jusqu’à 34 Hz. Une contrebasse ne descend pas aussi bas, même sur sa corde la plus grave.

Le numérique, une vieille idée du fondateur
Pourquoi glisser du numérique dans une enceinte de 1946 ? Dans une enceinte classique, un circuit caché dans le caisson partage le signal entre les haut-parleurs. Ici, ce partage revient à un filtre actif, un processeur numérique posé à côté des enceintes. Ce processeur est plaqué du même Tigerwood qu’elles. Il cale chaque haut-parleur dans le temps et en phase, pour que graves et aigus arrivent ensemble à vos oreilles. Klipsch promet ainsi moins d’interférences là où les deux voies se rejoignent. Ses réglages des aigus et des graves vous laissent enfin accorder le son à vos goûts comme à votre pièce.


Pour la marque, ce filtre prolonge l’œuvre du fondateur plutôt qu’il ne la trahit. Dès 1946, Paul W. Klipsch dessinait déjà des filtres et des amplificateurs actifs, restés à l’état de schémas et jamais commercialisés.
Les bandes de Paul W. Klipsch ressortent des archives
Ces schémas ne sont pas les seuls trésors que Klipsch a tirés de ses archives. Dans les années 1950, Paul W. Klipsch réalisait ses propres enregistrements stéréo, les KlipschTape, pour faire écouter ses enceintes aux revendeurs et aux passionnés. Chaque paire est livrée avec un vinyle de 180 g qui en réunit une sélection. Plusieurs morceaux y paraissent pour la première fois.

Ce disque sera aussi vendu à part par le Klipsch Museum of Audio History. Ce musée retrace la vie du fondateur et les débuts de la haute fidélité, et chaque acquéreur reçoit une adhésion offerte. En Europe, les 80 premiers acheteurs recevront en prime, selon les conditions de l’offre, une montre signée RALF TECH, horloger français indépendant. Ce modèle WRV Electric Original est numéroté et habillé aux couleurs de Klipsch.
Prix et disponibilité
La Klipschorn 80th anniversary sera disponible au prix de 14 999 € l’unité, à partir de janvier 2027, chez les revendeurs partenaires.
Source : Klipsch
Photo : DR