Le sable finit par quitter les chaussures, quelque part entre le hall et le fauteuil du salon. La cheminée prend le relais, le comptoir de faïence s’anime, et le toit devient le meilleur poste pour admirer le soleil irradiant la Manche.
Un phoque rouge veille sur les numéros de chambre et jusque sur les flacons de la salle de bains, clin d’œil aux colonies qui se posent sur les bancs de sable de la baie de Canche. La mascotte donne le ton, et elle ne ment pas. Au 11 rue de Paris, à deux pas de la plage, Marnie House a ouvert ses portes dans une maison classée au patrimoine du Touquet. Vingt-six chambres, trois étoiles, et une couleur qui revient de pièce en pièce : le rouge vermillon.
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Marnie House fait dialoguer le vermillon et le bleu ciel
Pour dessiner l’intérieur, Jeremy et Flore Gosse ont confié les clés à l’Atelier Deux-Cé. L’agence parisienne a déjà signé l’hôtel Les Bassans à Perros-Guirec, des projets pour Sézane et les flacons d’épices Roellinger. La consigne de départ tenait en une ligne : une maison chaleureuse et joyeuse, avec un peu de Nouvelle-Angleterre importée sur la côte d’Opale.


Le décor tient sur deux couleurs qui se cherchent d’une pièce à l’autre. Le bleu ciel et le rouge vermillon courent sur les rideaux, sur les têtes de lit. Se poursuivent sur les banquettes de la salle de petit déjeuner. Rien de sage là-dedans. Le vermillon claque, y compris sur une poutre au plafond, et le bleu vient le calmer juste assez.

Le mobilier, lui, vient d’un peu partout. Le couple a chiné en salles de vente comme en brocantes, notamment ces chaises en rotin qui peuplent les tables du petit déjeuner. À côté, des pièces contemporaines choisies une à une : les abat-jour en osier House of Capricorn. A cela s’ajoute les housses de coussin Moismont, les pots des Poteries d’Albi. Une étagère aligne une maquette de voilier, une lanterne de cuivre et deux canards de faïence. Le genre de mélange qui se construit avec le temps, ou avec beaucoup de week-ends passés à fouiller.



Puis les chambres
Les 26 chambres suivent la même logique, pensées comme des cabines de bateau et réparties en cinq catégories. Certaines ouvrent sur un balcon, avec une vue latérale sur la mer. Sur le toit, une terrasse en teck accueille des fauteuils en rotin habillés de rayures orangées, face aux colombages du quartier.


Car la maison avait déjà un caractère bien à elle avant l’arrivée des Gosse. Cette bâtisse néo-normande de deux étages remonte au début du XXe siècle. Une période de construction intense qui accompagne l’essor du Touquet-Paris-Plage. Briques rouges, colombages, bow-windows : l’architecture raconte les influences croisées d’une station réputée pour être la plus anglaise de France, îles anglo-normandes à portée de regard. Ancienne résidence familiale, elle devient hôtel à la fin des années 1990 sous le nom de Castel Victoria. Le couple en a récupéré les clés début 2026, a gardé les volumes intacts et repensé tout le reste.
Des Gosse à North Bay, et un comptoir de faïence pour le soir
L’histoire commence par des vacances. Originaire de la baie de Somme, Jeremy Gosse a passé les siennes au Touquet, à sauter sur sa planche de surf . Quelques années plus tard, Flore Gosse tombe à son tour amoureuse de la côte. Ensemble, ils quittent Paris et leurs métiers respectifs. Lui l’entreprise familiale de robinetterie de luxe, elle la direction de l’image pour la beauté et la joaillerie chez Chanel.


Installés depuis deux ans au Touquet, ils constatent ce qui manque à cette station balnéaire installée : un peu de modernité dans l’offre hôtelière. Quand le Castel Victoria part à la vente, ils l’achètent et le rebaptisent. Marnie, pour la mer (mar) et pour la convivialité qu’ils veulent y installer, aussi bien pour les familles que pour les kitesurfeurs ou les couples en escapade.

Deux personnalités pour une bâtisse
L’adresse rejoint North Bay, un groupe hôtelier naissant qui mise sur des maisons à taille humaine le long de la côte nord. Il compte déjà Robbins Manor, ancien château de Noyelles en baie de Somme, et prépare un second établissement au Touquet. La circulation entre les adresses n’a rien de théorique : le jus de pommes servi au petit déjeuner sort du verger de Robbins Manor. Le café vert de spécialité arrive de chez Proqua, torréfacteur à Boulogne-sur-Mer, et les produits laitiers d’une ferme voisine.


Le soir, quand la lumière tombe sur la Manche et que le sable finit par quitter les chaussures. Le mouvement naturel va de la plage au salon et sa cheminée. Un thé, un beau livre, une partie d’échecs. Puis vient le bar, avec son comptoir de bois et de faïence artisanale. Ou le rooftop pour ceux qui préfèrent la vue. Au menu : la bière blonde de la Brasserie des 2 Caps. Ou un Marnie Mule qui associe rhum, citron vert et ginger beer. À grignoter avec, des rillettes de maquereaux à la salicorne signées Perard, ou une terrine d’agneau des prés-salés du Mont Saint-Michel de La Falaise qui rougit.
Prix et disponibilité
La chambre double démarre à 120 euros, petit déjeuner compris. Marnie House, 11 rue de Paris, 62520 Le Touquet-Paris-Plage.
Source : Marnie House
Photo : Adrien Ozouf