Derrière le spectacle du stand, Xiaomi joue une partie plus sérieuse : celle d’une marque qui veut occuper toutes les heures de votre journée. Ce qu’elle gardait jusqu’ici pour la Chine, elle s’apprête enfin à vous le proposer.
Vous connaissez Xiaomi pour le téléphone glissé dans votre poche. À Berlin, une hypercar électrique trône au milieu de son stand et deux robots humanoïdes en gardent l’entrée. L’écosystème Xiaomi ne compte plus s’arrêter là. Pour sa première participation à l’IFA, la marque occupe 3 300 mètres carrés, son plus grand espace hors de Chine, et y aligne plus de 380 produits. Elle veut accompagner votre journée entière, du réveil au volant. Le téléphone reste son terrain le plus solide : Xiaomi figure parmi les trois premiers vendeurs mondiaux depuis vingt-quatre trimestres, ses tablettes pointent au quatrième rang et ses montres au deuxième. Le 18 Fold, exposé ici, embarque la XRING O3. Cette puce maison dit assez combien la marque tient à ne plus dépendre de ses seuls fournisseurs.


Le liant de tout cela s’appelle HyperOS. Ce système commun équipe les téléphones, les voitures et les appareils du salon, et c’est lui qui autorise Xiaomi à parler d’écosystème plutôt que de catalogue. Plus d’un milliard d’appareils sont déjà reliés à sa plateforme dans le monde.

Sommaire
L’écosystème Xiaomi entre enfin dans les maisons européennes
Jusqu’ici, la maison connectée de Xiaomi restait une affaire largement chinoise. Mijia, la marque qui la porte, aligne plus de 2 000 produits répartis dans 130 catégories, de la cuisine à la qualité de l’air. Le catalogue nous parvenait par bribes, avec des années de retard, quand il nous parvenait. Xiaomi annonce cette fois un déploiement à grande échelle en Europe, et l’attente ne devrait plus se compter en années.


« L’Europe est un marché clé dans la stratégie globale de Xiaomi », résume Xu Fei, sa directrice marketing. La marque promet d’y renforcer ses équipes de recherche, sa distribution et ses services. Une seule application, Xiaomi Home, commande tous ces appareils. Cela évite d’empiler une commande différente par produit, travers dont souffrent encore beaucoup d’intérieurs connectés. Mijia revendique par ailleurs une philosophie de design qu’elle nomme « Alive » : des lignes simples, une technologie qui se fait oublier dans un salon. Les 500 prix internationaux déjà glanés lui donnent raison sur la forme.
La voiture, le maillon suivant
Au centre du stand, la Vision Gran Turismo attire tous les regards. Un grand tourisme, d’abord : ces voitures taillées pour avaler les kilomètres vite et confortablement, dont l’automobile a fait un genre à part entière. Celle-ci pousse le curseur jusqu’à l’hypercar électrique, avec son cockpit en goutte d’eau et une carrosserie sculptée par les flux d’air.



Elle ne roule pour l’instant que dans un jeu. Xiaomi l’a dessinée pour le programme Vision Gran Turismo, ouvert en 2013, que Porsche, Bugatti ou Alpine ont rejoint avant elle. Aucune entreprise technologique n’y était jamais entrée.


Les SU7 et SU7 Ultra, elles, roulent pour de bon. La seconde a signé en avril 2025 le record officiel de la catégorie « voiture électrique de luxe » sur la boucle nord du Nürburgring. Depuis ses premières livraisons en mars 2024, Xiaomi a écoulé plus de 700 000 voitures en Chine, et sa YU7 a enregistré 240 000 commandes le jour de son lancement. L’Europe patientera jusqu’en 2027, l’Allemagne la première.
Des robots à l’usine avant la maison
Levez le pouce devant CyberOne, il vous le rend. Formez un cœur avec vos doigts, il le reproduit. Le robot humanoïde fait le spectacle à Berlin, mais son vrai terrain d’essai se trouve ailleurs : Xiaomi l’éprouve dans l’usine où elle assemble ses voitures. Sur une tâche aussi ingrate que le serrage de vis, le taux de réussite y est passé d’environ 90 à 98 % en quatre mois.

La marque essuie ainsi les plâtres sur ses propres chaînes avant d’envisager quoi que ce soit pour nos intérieurs. Ces chaînes tournent vite : à pleine cadence, un climatiseur peut en sortir toutes les 6,5 secondes. Pour tenir ce rythme, Xiaomi annonce plus de 24 milliards d’euros de recherche et développement entre 2026 et 2030, répartis entre l’intelligence artificielle, les systèmes d’exploitation, les puces, les voitures et la robotique.
Informations pratiques
- Mijia : déploiement annoncé en Europe, sans catalogue ni calendrier communiqués
- Xiaomi Auto : arrivée prévue en Europe en 2027, à commencer par l’Allemagne
Source : mi.com
Photo : DR