Un jean, c’est la pièce que vous enfilez sans y penser. Ce denim G-STAR, vous le regarderez d’abord. Tommy Bogo dessine aussi bien des enceintes que des vêtements, et chaque boucle qu’il a posée sur celui-ci n’est pas là que pour le style…
Tommy Bogo a croisé une personne chaussée de bottes à harnais. Il en a transposé les sangles à boucles au denim. Ce sont elles qui maintiennent les panneaux du jean G-STAR TOMBOGO, baptisé THE DENIM 004. Sur un cinq-poches ordinaire, le métal se limite au bouton et aux rivets. Ici, les boucles se succèdent de la hanche à la cheville. Et d’autres poches se cachent sous les couches de denim, que rien ne signale en surface.
Sommaire
TOMBOGO prend la suite d’Ottolinger et de KNWLS
La série THE DENIM fonctionne comme une invitation tournante. G-STAR confie le même jean à un créateur. Celui-ci le refait à sa façon, puis la marque passe au suivant. Ottolinger est passé le premier, KNWLS ensuite, puis Jacques Agbobly. TOMBOGO signe la quatrième édition.

L’idée revient à traiter le denim comme une matière d’essai. Chaque invité repart du même vêtement et doit en tirer autre chose. La contrainte est étroite. Elle oblige à travailler la construction plutôt que l’ornement.
G-STAR a l’habitude de ces rencontres. Depuis 1989, la maison néerlandaise a collaboré avec Pharrell Williams, avec le designer industriel Marc Newson et avec Snoop Dogg. Ces trois-là sont des personnalités installées. THE DENIM va chercher ailleurs, du côté des créateurs émergents.
Le studio TOMBOGO travaille depuis Los Angeles, où Tommy Bogo l’a fondé en 2020. Artiste multimédia avant d’être tailleur, il y dessine des vêtements transformables. Son atelier sort aussi des appareils photo, des enceintes et des accessoires. La mode, la technologie et la musique s’y croisent sans hiérarchie. Parti de la baie de San Francisco, le studio montre aujourd’hui son travail à New York et pendant la Fashion Week.
Chez G-STAR, la directrice de la marque Gwenda van Vliet salue la capacité de Tommy Bogo à « traduire des idées complexes en pièces portables ». La formule vient de la maison. Elle éclaire pourtant le projet. Faire passer le système d’attache d’une botte sur toute une jambe tient de la construction, pas du dessin.
Les sangles, les panneaux et la quincaillerie du jean G-STAR TOMBOGO
Après les bottes, G-STAR a ouvert ses archives. La marque y conserve ses pièces métalliques anciennes et ses coupes de vêtement de travail. Ces deux fonds ont nourri le dessin définitif. Les boucles ressortent dans un gris sombre que la maison appelle gunmetal.

Le jean se porte en indigo brut, coupe large, jambe ample. Sur le côté de chaque jambe court un long panneau de denim aux angles arrondis. Cinq sangles à boucles le plaquent contre le pantalon, de la hanche jusqu’à l’ourlet, et il y en a dix en tout. Une étiquette tissée G-STAR marque ce panneau, à hauteur de cuisse.
Le fond reste pourtant un G-STAR reconnaissable. Ceinture à passants, bouton et rivets à l’avant, poches plaquées surpiquées à l’arrière : le gabarit d’origine tient toujours.


Sous ces panneaux, la marque annonce d’autres poches, prises entre les couches de denim. Le pantalon fermé, elles ne se devinent pas.
Tommy Bogo dit avoir abordé le denim « sous un angle technique ». Porter des sangles de harnais sur un jean lui a semblé, selon ses mots, « une manière naturelle » d’y faire entrer son travail. Il y voit aussi un écho à l’héritage utilitaire de G-STAR. La marque le produit en édition limitée.
Prix et disponibilité
Le jean THE DENIM 004 est disponible au prix de 240 euros, sur le site de la marque et chez les revendeurs partenaires.
Source : g-star.com
Photo : DR