Changer d’ordinateur, c’est toujours des comptes à reconnecter et des fichiers que vous vous envoyez à vous-même. Le Googlebook promet de supprimer la corvée : ses applications sont celles de votre mobile, ses mots de passe aussi. Vous allumerez un ordinateur qui dès le premier démarrage vous connaît déjà.
Votre téléphone Android et votre ordinateur communiquent déjà, chez Microsoft comme chez Samsung : une passerelle recopie un écran, transfère un fichier, pousse une notification, puis s’arrête là. Le Googlebook se dispense de l’exercice, parce qu’il hérite du socle de votre mobile : ses applications doivent s’ouvrir sur le portable sans même s’y installer. Apple, lui, relie l’iPhone au Mac depuis des années, et son écosystème équipe des millions de foyers. Quatre fabricants accompagnent Google en France, Acer, ASUS, HP et Lenovo, pour une arrivée en magasin le 5 octobre. Dessous tourne un système bâti sur Android, auquel Google a greffé les fondations de ChromeOS.
Sommaire
Le Googlebook tourne sous le même Android que votre téléphone
Ce que la machine reprend du téléphone au premier démarrage
Vous soulevez le capot, votre mobile traîne à côté, et la configuration se déroule seule. Paramètres Android, mots de passe, réseaux Wi-Fi, messages : Google annonce une synchronisation automatique, chiffrée de bout en bout. Rien à ressaisir.

Trois fonctions prolongent ce lien. Continuer sur Googlebook reprend sur le grand écran ce que vous aviez laissé en plan sur le petit. L’application Fichiers ouvre les documents et les photos restés dans le téléphone, sans câble ni transfert préalable. Caster mes applis, enfin, doit faire tourner sur le portable les applications du mobile, sans installation supplémentaire.
Gemini s’installe sur le bureau
Trois fonctions encore, portées cette fois par l’assistant maison. Le Pointeur magique attend que vous agitiez le curseur : Gemini regarde alors ce qui s’affiche et propose d’intervenir dessus, par exemple pour organiser un agenda chargé. La Dictée améliorée convertit la parole en texte structuré, avec titres, listes et synthèses, dans plusieurs langues. Crée mon widget fabrique des vignettes personnalisées à partir d’une phrase. Celle-là n’arrivera pas en France.
Tout ce qui demandait trois appareils tient sur ce portable
Les applications du téléphone et le web sur la même dalle
Chrome débarque avec ses extensions, le Play Store avec ses millions d’applications, dont une partie retaillée pour les grands écrans. Adobe Photoshop et Lightroom figurent au catalogue, CapCut également. Netflix et HBO Max se téléchargent pour les trajets sans réseau. Les jeux AAA, eux, doivent tourner par GeForce NOW, avec une année d’abonnement offerte à l’achat.
Un terminal Linux isolé pour développer
Antigravity, la plateforme de développement de Google, sert à concevoir et à déployer des applications d’intelligence artificielle depuis la machine. Le serveur distant devient inutile. Elle s’appuie sur un terminal Linux complet.

Ce Linux tourne dans un compartiment étanche. Un hyperviseur le découpe, et Google le présente comme le premier du marché à recevoir une certification de niveau 5. Vous installez, vous bricolez, vous cassez : le reste de l’ordinateur et vos données demeurent hors d’atteinte. La protection s’appuie par ailleurs sur l’architecture de ChromeOS et sur la puce Google Titan. Quant à la détection des logiciels malveillants, elle se fait en local. Dix ans de mises à jour sont promis.
Quinze ans après le Chromebook, Google monte en gamme, plus haut que le MacBook Neo
De l’entrée de gamme au châssis en fibre de carbone
Le Chromebook n’a jamais visé haut. Quinze ans durant, il a occupé le bas du rayon, bâti autour du navigateur Chrome. Google assure qu’il poursuivra sa route, notamment dans l’éducation. Son successeur change de matière. Aluminium, alliage de magnésium, fibre de carbone : les quatre machines vendues en France abandonnent le plastique. Chacune reçoit une dalle OLED tactile en 2,8K, un pavé tactile haptique en verre et un clavier rétroéclairé. L’ASUS monte d’un cran, avec une définition 3K à 120 Hz, 990 grammes sur la balance, 10,9 millimètres d’épaisseur, deux ports Thunderbolt 4 et six haut-parleurs.
Les processeurs viennent d’Intel, en Core Ultra 5 ou Core Ultra 7, ou de Qualcomm, en Snapdragon X Elite. Tous embarquent un accélérateur d’intelligence artificielle annoncé au-delà de 45 TOPS. L’autonomie varie selon le modèle : treize heures pour le Lenovo, seize pour l’Acer et l’ASUS, dix-neuf pour le HP. Un cinquième modèle manque à l’appel. Le Dell XPS Googlebook, seul de la bande à conserver une dalle LCD, ne sera pas distribué en France.





Quatre de ces machines arrivent en France. Le Dell XPS, doré, reste de l’autre côté de la frontière.
Une signature revient enfin, disparue depuis 2015 : la barre lumineuse du Chromebook Pixel. Posée sur le capot, elle signale les notifications et l’état de Gemini.
L’écran tactile OLED, ce qu’aucun MacBook n’a encore
Aucun Mac ne propose aujourd’hui d’écran tactile, ni de dalle OLED. Apple y vient. Son premier MacBook Pro tactile à écran OLED est attendu entre la fin 2026 et le début 2027. D’ici là, poser le doigt sur l’écran reste un privilège du Googlebook, et l’OLED avec.

Face au MacBook Neo, l’écart se creuse ailleurs. Le petit Mac tourne sur une puce A18 Pro, celle de l’iPhone. Le Googlebook, lui, aligne des processeurs dessinés pour un ordinateur.
Là où Apple tient déjà la promesse
Chez Apple, le MacBook le moins cher coûte 799 euros. Le Googlebook démarre à 1 099 euros selon Google. Chez les revendeurs, les tarifs relevés s’échelonnent de 1 199,99 à 1 699,99 euros. Quatre cents euros séparent donc la machine la moins chère de chaque camp. Trois lignes de la fiche technique expliquent cet escalier. Chez ASUS, les 200 euros d’écart entre les deux versions paient le passage du Core Ultra 5 au Core Ultra 7. Chez HP, les 400 euros supplémentaires achètent 32 gigaoctets de mémoire au lieu de 16. À configuration égale, l’Acer reste cent euros sous l’ASUS.

Google compense avec les abonnements. Douze mois de Google AI Pro, cinq téraoctets de stockage en ligne, Adobe Photoshop et Premiere, CapCut et une année de GeForce NOW accompagnent chaque machine. Le jeu en streaming ne fait pas davantage la différence. NVIDIA publie depuis des années une application GeForce NOW pour macOS, Apple Silicon compris. Son catalogue dépasse les quatre mille titres. L’avantage du Googlebook se réduit à l’année d’abonnement offerte. La promesse d’unification qui porte ce lancement, Apple la tient depuis des années. Encore faut-il posséder un iPhone. Android, lui, équipe près de sept téléphones sur dix dans le monde, contre un peu plus de deux sur dix pour iOS. Le Googlebook ouvre donc à la majorité de la planète une continuité qui restait jusqu’ici le privilège d’une minorité. De quoi vraiment mettre à mal Apple ?
Prix et disponibilité
Le Googlebook sera disponible le 5 octobre 2026 au prix de 1 099 euros, sur le site de la marque et chez les revendeurs partenaires.
- Acer Googlebook 14 : 1 199,99 euros
- ASUS Googlebook 14, Core Ultra 5 : 1 299,99 euros
- HP Googlebook 14, 16 Go et 1 To : 1 299,99 euros
- ASUS Googlebook 14, Core Ultra 7 : 1 499,99 euros
- HP Googlebook 14, 32 Go et 1 To : 1 699,99 euros
Source : googlebook.google
Photo : DR