Chez Di Rosa, rien n’est trop pop, trop bariolé ou trop populaire pour devenir de la peinture. Préparez-vous à un grand écart réjouissant entre les ors de la Croisette et le joyeux chaos de ses toiles.
Des figures hybrides, des couleurs qui claquent, une narration débordante : l’univers foisonnant d’Hervé Di Rosa s’installe cet été à La Malmaison, à Cannes. Le centre d’art contemporain de la Croisette consacre une rétrospective au peintre sétois, sous le titre Mirages du monde. Quarante ans de création, de la bande dessinée aux imaginaires du bout du monde, s’invitent dans un écrin Belle Époque. La culture populaire prend ses quartiers d’été face à la Méditerranée.
Sommaire
Hervé Di Rosa à La Malmaison : quarante ans en trois chapitres
L’exposition se visite comme une ascension, étage par étage. Au rez-de-chaussée, retour aux années 1980. Le jeune Di Rosa cofonde alors la Figuration Libre avec Robert Combas et impose un langage immédiatement reconnaissable. Figures hybrides, énergie graphique, palette explosive : sa peinture puise dans la BD, l’imagerie populaire et les arts dits « mineurs ». Elle bouscule au passage les hiérarchies de l’art contemporain.



Le premier étage embarque pour le voyage, cœur de sa démarche. C’est le projet Autour du Monde, dix-neuf étapes du Ghana au Vietnam, du Mexique à Miami. Sur place, l’artiste travaille avec les artisans locaux, adopte leurs techniques et leurs matériaux. Chaque toile devient un dialogue entre les cultures, à la croisée des traditions. Le dernier étage, lui, réunit les œuvres récentes, preuve d’un univers qui ne cesse de s’étendre.
La culture pop élevée au rang d’art
Chez Di Rosa, rien n’est trop populaire pour devenir de la peinture. Né à Sète en 1959, il a fait de la bande dessinée, des jouets et des images du quotidien une matière noble. En 2000, il pousse l’idée jusqu’à fonder le MIAM, le Musée International des Arts Modestes, dans sa ville natale. Toute son œuvre interroge la frontière entre art savant et art populaire, et la fait joyeusement voler en éclats.


Voir cet univers exubérant s’afficher à La Malmaison a quelque chose de réjouissant. La villa, dernier témoin de la Belle Époque sur la Croisette, a rouvert en 2025 après une rénovation signée Wilmotte. Ses surfaces d’exposition ont triplé, et un toit-terrasse, le Café Olympe, coiffe désormais le bâtiment. Le décor est chic, l’accrochage débridé : le contraste fait tout le sel de la visite.
Informations pratiques
- Lieu : La Malmaison, centre d’art contemporain, 47 boulevard de la Croisette, Cannes
- Dates : jusqu’au 8 novembre 2026
- Tarifs : 6,50 € (adulte), 3,50 € (enfant)
- Catalogue d’exposition : textes de Philippe Dagen
Source : Ville de Cannes
Photo : © Adagp Paris 2026