Dire que j’aime les smartphones Huawei est un euphémisme, enfin je ne parle que des versions Pro. Après un fantomatique Huawei Mate 30, le constructeur chinois lance vraiment sur le marché son Huawei P40 Pro. Un nouveau flasgship qui concentre tout le savoir-faire et être de la marque, mais avec un gros manque… L’absence des services Google qui suffisent à ternir l’excellence technologique de ce nouveau jouet de luxe.

Style et tech, quand la perfection rencontre l’excellence

Un bel objet, que dire de plus ? Les lignes sont soignées, dessinées avec délicatesse offrant des lignes affirmées, délicatement arrondies dans les angles et les tranches. La face avant n’affiche aucun bord, l’écran de 6,58  » est la seule star, tout juste ternie par une petite encoche avec double objectif.

Le dos est en verre dépoli, qui offre une surface mate proposée en 4 couleurs dont un très bel orange que j’ai eu le plaisir de tester ici. Ce mobile respire l’harmonie, jusqu’à ce que je découvre le bloc optique, qui casse tout. Mais cela semble être un mal nécessaire pour intégrer pas moins de 4 capteurs. Difficile de l’utiliser à plat à moins d’ajouter la coque de protection de silicone livrée avec. Toutefois, c’est la croix de presque tous les smartphones haut de gamme. Ajoutons enfin un très beau cerclage en métal sur les tranches, juste percé sur la base pour les haut-parleurs. Donc encore une fois, Huawei présente un smartphone, à la fois chic et ergonomique. En bonus, il est IP68 ce qui n’est pas une raison de faire n’importe quoi.

Ergonomie et Usage, simple et efficace

Le Huawei P40 Pro est un bon gros bébé avec des dimensions de 158,2 x 72,6 x 9 mm pour 209 g. Il n’est pas l’ami des petites mains, à moins de l’utiliser avec les deux. Les plus grandes pourront avec une seule réaliser les opérations de bases, mais pas beaucoup plus. Les bords incurvés apportent un réel confort et une excellente prise en main. Il ne devient glissant que si vous avez vraiment une forte sudation. Les boutons se mise en marche et de volume sont placés sur le haut de la tranche droite et les doigts s’y posent naturellement.

Il intègre un lecteur d’empreinte digitale sous l’écran, dans sa partie basse. Il est parfaitement positionné et surtout rapide. Sinon, nous avons la reconnaissance faciale 3D très efficiente aussi. Coté système d’exploitation pas d’Android, Huawei étant toujours touché par l’embargo décidé par Donald Trump. À première vue pourtant rien ne change, avec la présence de EMUI 10 l’interface graphique commune à tous les smartphones Huawei. Elle offre de nombreuses possibilités de personnalisation, la possibilité de cloner des applis. À l’usage vous ne verrez aucune différence avec un smartphone Android, sauf que vous n’aurez aucun service Google et au-delà de l’esthétique cela change tout !

Performance et autonomie, l’excellence au service de la frustration

Tout commence avec un superbe écran de 6,58 » basé sur la technologie OLED et affichant une définition de 1 200 x 2640 pixels. Ce qui nous donne une densité de pixel de 441 ppp, servi par un taux de rafraîchissement de 90 Hz. Le rendu est renversant, avec une colorimétrie très naturelle (évitez le mode « vives »), un taux de contraste infini et une luminosité de 558 cd/m², lire en plein soleil se fait sans effort.

Nous sommes face à un excellent support de lecture ou de visionnage. Côté performance brut, le Kirin 990 5G du Huawei P40 Pro est bluffant. Il est l’un des plus puissant du moment, même si arrivé à ce niveau le classement n’a pas vraiment d’incidence sur les usages quotidiens. Avec ses 8 Go de RAM, ses 256 GO d’espace de stockage et son GPU Mali-G76, j’ai dans la main un smartphone qui répond au doigt et à l’œil ne ralentit jamais et côté jeux vidéo, vous pouvez vous faire plaisir.

Aucun jeu actuel ne pourra le mettre à genoux (si vous l’avez de disponible en téléchargement, mais j’en parle plus bas). Donc oui je suis enthousiaste devant tant de potentiel, mais ensuite vient le réel.

Un os nommé Services Google

L’O.S. est basé sur Android certes, mais aucun service Google. Il faut passer par ceux de Huawei et son magasin applicatif AppGallery. Certes, il se remplit avec le temps, mais il existe encore de gros manques. Huawei propose en complément Petal Search, qui répertorie les fichiers APK des applis du monde entier.

Cela permet de compléter AppGalery, mais le principal problème réside encore une fois dans l’absence des services Google. En effet, de nombreuses applis les utilisent pour fonctionner. Dans certains cas, les services Huawei arrivent à prendre la relève, mais ce n’est pas le cas le plus courant. De plus, pas de mise à jour automatique, ce qui nous oblige à les chercher régulièrement.

Des alternatives convaincantes mais perfectibles

Pour compenser, Huawei met en avant les WebApp. Des versions allégées des sites internet pensés pour mobile. J’ai un peu l’impression de revenir à l’époque des Windows Phone… Alors oui cela marche, même pour les produits Google, mais ce ne sont pas des applis spécifiques. C’est moins agréable, moins réactif et au final déceptif.




Idem dans le domaine du jeu, les plus récents sont absents et sans Services Google vous aurez du mal à jouer en ligne avec vos potes et récupérer vos sauvegardes dans le Cloud… J’ai donc beaucoup de frustration à l’usage de ce P40 Pro. Il est possible d’installer Android avec une série de bidouilles, mais à vos risques et périls. Difficile de le conseiller pour le grand public, pour les autres il faut se faire à une petite gymnastique.

Au bout de deux mois, je me suis adapté mais je dois apprendre à jongler entre des applis qui ne fonctionnent pas toujours bien et des applis Web qui n’autorisent pas les notification et restent moins agréable à l’usage. Je serais honnête, ses capacités photographiques sont une excellente motivation.

Photo, simplement brillant

Le Huawei P40 Pro veut encore une fois devenir la référence de la photo sur smartphone. Résultat, le constructeur aligne quatre capteurs : un grand-angle 50 MP en f/1,9, un ultra grand-angle de 40 MP en f/1,8, un téléobjectif de 12 MP en f/3,4 et enfin un capteur ToF pour la profondeur. De quoi s’amuser donc.

Photo mode normal Vs Ultra Grand-Angle

Les photos sont prises par le capteur de 12 MP, le 50 MP sert à améliorer le niveau de détail. Il faut admettre que c’est bluffant, nous avons un excellent piqué. Le niveau de détail est excellent, avec une précision stupéfiante. Le grand-angle est là encore exceptionnel, les déformations et la perte de détail que l’on peut en général noter sur d’autre produit équivalent sont ici absentes.

Mode Normal VS Zoom x2

Le Huawei P40 Pro propose un zoom hybride très performant, avec un premier niveau 2x qui sé révele tout aussi performant qu’un zoom optique.

Zoom x5 Vs Zoom x10

Le téléobjectif offre un zoom 5x qui réussit à conserver un niveau de détail honorable sans trop de perte. Le Zoom x10 quand à lui parvient à capter le texte du panneau ci-dessus, mais de justesse. Même avec la stabilisation d’image activée, il faut rester concentré pour réussir son cliché. Et encore une fois, je suis étonné du niveau de détail. Certes il y’a de la perte, plus de bruit numérique mais cela reste assez bluffant. Par contre, de nuit n’attendez pas trop de miracle du zoom. Plus il fait sombre, plus le niveau s’écroule.

Mode Normale VS Mode Nuit

De nuit, il se présente simplement comme le meilleur du moment. Il arrive parfaitement à capter la moindre once de lumière. Nous avons un excellent niveau de détail et cela sans passer par le mode nuit. En l’activant, nous passons au stade encore supérieur et là, il apprend l’humilité à certains ténors de la concurrence.

Mode Portrait Dos Vs Mode Portrait Face

Le mode selfie est sans aucun défaut, une parfaite maîtrise des effets de flou et du détourage. Par contre, le capteur frontal de 32 MP réussit à capter des clichés de qualité, avec un bon piqué, mais a beaucoup de mal à placer les effets de flou en arrière plan.

Galerie PHOTOS PRISES AVEC LE HUAWEI P40 Pro

Autonomie, voyage au long cour

Quand je parle de frustration à l’usage, cela est accentué par l’excellente autonomie du Huawei P40 pro. Ainsi, avec sa batterie de 4 000 mAh, comptez environ 20 heures en usage mixte et un peu plus 18 heures en streaming HD continu. Si vous êtes un utilisateur avec peu de notifications et un usage peu intensif vous tiendrez facilement deux jours. La charge avec le bloc fourni est très rapide, moins d’une heure (environ 55 minutes) pour passer de 0 % à 100 %.

Huawei P40 Pro, mon avis, 3/5

Huawei rend ici une copie matérielle et design quasi parfait. Le prix se situe dans la tranche basse des smartphones premium d’aujourd’hui, à partir de 899 euros. Mais l’absence d’Android rend son usage bien moins agréable et souple qu’un smartphone standard. Ce qui est d’autant plus dommage car de par ses conceptions et ses talents photographiques uniques, surtout de nuit, ce Huawei Pr40 Pro donne envie, fait envie. Si vous osez, vous pouvez passer à Android (à vos risques et périls) et il devient alors incontournable. AppGallery n’est pas sans intérêt, mais comme je l’ai expliqué plus haut les désagréments se révèlent à l’usage. Car de nombreuses applis exploitent les services Google et tous n’arrivent pas encore à les remplacer par les services Huawei. Enfin, oui j’ai particulièrement accroché à la version orange qui apporte un peu de fraîcheur. Un grand smartphone, qu’il reste difficile à conseiller aux non technophiles.

Huawei P40 Pro, à partir de 899 euros, www.huawei.fr