Alors que Y le dernier homme se lance sur Disney+ Star (critique ICI). Il serait dommage de ne pas dévorer le comics qui inspire la série. Ce sont au total cinq tomes qui ont reçu de nombreux prix (meilleur Scénariste, Équipe artistique, Série régulière, Hugo de la meilleure histoire graphique).

Scénario : Y le dernier homme, une plongé dans l’enfer féminin

L’humanité va disparaître, en une journée l’ensemble des mammifères maux meurent sans explication. Le monde est aux mains des femmes pour le meilleur et pour le pire. Seul survivant masculin Yorick qui vient juste de faire sa demande en mariage à sa petite amie Beth.

Ce Comics souligne le déséquilibre des sexes dans de nombreux secteurs économiques et sociaux. Les femmes ne sont pas seulement sous-représentées chez les cadres supérieures. Les ouvriers de l’industrie lourde, du bâtiment, les pilotes de ligne, les ingénieurs nucléaires, sont autant de secteur à dominante masculine. Cela ne fait que reposer le sort de la société sur un nombre réduit de femmes. En parallèle, la politique n’a pas disparu avec les hommes. Démocrates contre Républicaines, croyants contre athées, féministes post-apocalyptiques, Israélienne contre Palestinienne, le monde n’est pas devenu une utopie.

Yorick un gar plus proche du gentil looser que du héros ne semble pas faire le poids face ses eaux chaotiques. L’agent 355 qui se charge de sa protection doit subir ses errements et manques de maturité. Il faut sauver le dernier homme, le cloner qui sait, car sans mâle l’humanité disparaîtra.




Le trait et le rythme : sage et audacieux à la fois

Sur cinq tomes, nous avons une histoire qui ne tombe jamais dans l’épique. Il y’a une volonté de réalisme et de mettre en avant l’humanité des protagonistes, la folie qui peut atteindre chaque personne.

Il y’a peu de longueur, d’incohérence ce qui est toujours appréciable. L’ensemble est servi par un dessin très comics. Qui ne tombe jamais dans la sexualisation des femmes, même si la sexualité n’est jamais loin. Il y’a une vision utilitariste du dessin et surtout là pour véhiculer des émotions, aussi pathétiques soient-elles.

Au delà de l’histoire, Y le dernier homme un pamphlet humaniste plus que féministe

Il y’a une volonté de réalisme, d’explorer les tréfonds de l’âme humaine. Le féminisme est assumé, mais qui ne tombe pas dans le manichéisme. Il souligne comment avec la perte de l’amour, la maternité, les femmes prennent encore plus conscience de la valeur de la vie.

Les sujets traités sont nombreux, politiques, géopolitiques, la sexualité, le lesbianisme, l’hétérosexualité, la haine, l’amour. Il n’y a pas de vision idéalisée de la femme. Plus la parfois triste et d’autre fois belle réalité que nous impose notre statut de grand singe.

La disparition des hommes peut être vue comme une bénédiction, mais souligne d’autant cruellement leur manque, aussi bien économique et surtout historique, artistique. Sans pourtant effacer les crimes que le sexe dit fort a pu commettre dans l’histoire envers les femmes.

Y le dernier homme Tome 1 à 5, mon avis

Un comics en 5 tomes qui mérite le détour et se dévore en un rien de temps. Le scénario, cohérent, noir et pourtant plein d’espoir, sait montrer le meilleur et le pire des hommes et des femmes. Si vous regardez la série avant de le lire, il y’a assez de différence pour ne rien perdre de la saveur de l’œuvre originale..

Edition Urban Comicst, 29 euros le tome, www.urban-comics.com

Scénario : Brian K. Vaughan

Dessin Pia Guerra

Encrage Jose Marzan Jr. et couleurs de Pamela Rambo

Crédit : Urban Comics

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