La lune attire les récits faciles, mais Fontagard choisit de la traiter comme une hypothèse. La maison charentaise a sorti son single malt du bois, puis l’a placé huit mois dans des globes de verre pour observer si les pleines lunes pouvaient laisser une trace sensible au palais.
L’idée de Fontagard LUNR commence par deux questions : la lune peut-elle modifier la perception d’un whisky, et comment ses arômes évoluent-ils au fil des pleines lunes ? Pour y répondre, la distillerie charentaise a sorti son single malt du bois, puis l’a placé dans des globes de verre de 220 litres. Pendant huit mois, Fontagard a suivi ce même whisky à l’aveugle, avec un témoin, des dégustateurs et une hypothèse volontairement ouverte.
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Fontagard LUNR : le whisky se met au verre

LUNR 9921-6 part d’un whisky français déjà marqué par Fontagard. Avant l’expérience lunaire, le single malt a vieilli trois ans dans des fûts de chêne français ayant contenu du cognac. Ce choix le relie à l’histoire de la maison, installée à Neuillac, en Charente-Maritime, dans une famille de distillateurs fondée en 1878 autour du cognac.


Ensuite, Fontagard change de terrain. Le whisky quitte les fûts pour rejoindre des globes sphériques en verre de 220 litres. Ces contenants ne servent pas au service ni au packaging. Ils servent à la maturation. Leur paroi transparente laisse passer la lumière lors des pleines lunes, tandis que leur fermeture hermétique limite l’oxydation.

Ce passage sous verre modifie aussi le rapport au bois. Le whisky ne reçoit plus d’apport boisé supplémentaire, contrairement à une maturation classique en fût. Fontagard décrit également un mouvement naturel du liquide par convection, lié à la forme sphérique des globes. La maison cherche donc à observer une évolution hors fût, avec la lumière lunaire comme variable principale.
Huit pleines lunes, un seul whisky suivi mois après mois
La maison part d’une hypothèse ouverte : chaque pleine lune pourrait accompagner des nuances différentes dans le whisky. Pour éviter de rester dans une seule image poétique, elle a suivi l’évolution du liquide pendant huit mois avec des dégustations comparatives à l’aveugle.

Un comité de cinq dégustateurs experts a comparé les échantillons avec un témoin. Fontagard mentionne aussi le test statistique de Friedman, utilisé pour repérer des écarts entre plusieurs dégustations. Le protocole sert donc deux objectifs. Suivre le whisky dans le temps et chercher si les expositions aux pleines lunes correspondent à des changements sensoriels observables.

La distillerie décrit une bouche moins sèche au fil des mois, des notes de réglisse plus affirmées et des arômes qui gagnent en profondeur. Elle évoque aussi une intensité olfactive croissante, une rondeur progressive, un boisé stable et une épice plus présente en mai.

Le suivi donne quelques repères chronologiques. L’échantillon de janvier apparaît très intense au nez, mais moins rond. Les profils observés de mars à mai se rapprochent davantage d’un équilibre, selon Fontagard. Au final, la maison ne donne pas une fiche classique avec couleur, nez, bouche et finale détaillés. Elle communique surtout sur l’évolution : une bouche moins sèche, davantage de rondeur, plus de réglisse, une épice qui monte en fin de parcours et un boisé qui reste présent.

Côté bouteille, LUNR 9921-6 reste dans un registre très sombre. Le flacon noir protège le liquide de la lumière, avec un bouchon en verre et une étiquette noire et blanche centrée sur le nom LUNR. L’étui reprend le même noir profond, ponctué de points blancs comme un ciel nocturne, avec un grand cercle lunaire en façade.
Prix et disponibilité
Fontagard LUNR 9921-6 est annoncé en édition limitée à 1 500 exemplaires. Le whisky est présenté au format 700 ml, avec un titrage à 49 % alc./vol. Son prix de vente conseillé est fixé à 120 €.
Source : Fontagard
Photos : DR