Mocassin noir et chaussettes blanches : les campus de l’Ivy League en ont fait leur uniforme dès 1936. Sur le G.H.Bass x Hast, le brillant du cuir s’interrompt net au milieu du pied.

par LeNomade
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Mocassin penny G.H.Bass x Hast brun foncé porté avec un pantalon à rayures et des chaussettes blanches

L’Ivy League réunit les universités d’élite américaines. De leurs campus, le mocassin penny a essaimé dans le monde entier. Quatre-vingt-dix ans plus tard, une maison parisienne le reprend à son compte. Scrutez l’intérieur du G.H.Bass x Hast : les deux noms y sont frappés à l’or, l’américain au-dessus, le parisien en dessous.

Du mocassin penny de G.H.Bass, Hast n’a pas retouché le dessin. Même bandeau posé en travers du cou-de-pied, même barrette fendue, même semelle qu’en 1936. Pour ce premier soulier signé avec la maison américaine, la parisienne a seulement remplacé le cuir poli par un grainé souple, sur le bandeau et la barrette, là où le pied plie et où la matière marque. Un détail, donc. Sauf que le G.H.Bass x Hast se joue là, sur la pièce que vous voyez en baissant les yeux. Et c’est elle qui vieillira la première.

Une histoire qui se lit comme un roman

En 1936, George Henry Bass s’inspire des chaussures des fermiers et pêcheurs norvégiens, plates et sans lacet. Il en tire un mocassin pour l’Amérique des loisirs, et le baptise Weejuns, contraction de Norwegian. Les campus de l’Ivy League, les universités d’élite du nord-est américain, s’en emparent dans les années cinquante.

Le noir et le brun foncé, les deux seuls coloris de cette première collaboration.

Là, les étudiants glissent une pièce dans la fente en losange de la barrette. Le mocassin penny tient son nom de ce jeu. Vingt ans plus tard, les scènes mod, punk le chaussent à leur tour.

Hast, en face, n’est pas un chausseur. Trois amis la fondent à Paris en 2012, autour d’une chemise de qualité à prix abordable. Le soulier, la maison y est pourtant déjà allée, avec Odaje et avec Septième Largeur. Ce qui change ici, c’est le partenaire : le mocassin est déjà passé au denim chez Pop Trading Company. Avec Hast, G.H.Bass parle d’un premier chapitre, ce qui laisse entendre une suite.

Deux cuirs sur le mocassin penny G.H.Bass x Hast

Posez les deux souliers côte à côte, et le partage saute aux yeux. Le corps du mocassin brille : cuir poli à la main, lisse, il renvoie la lumière comme un miroir. Le bandeau et la barrette, eux, ne brillent pas. Leur cuir est grainé, la fleur apparente, et le relief s’y voit à l’œil nu.

Le grain apparent du bandeau contre le cuir poli du corps, sur les deux coloris.

Ce grain n’est pas un effet de style. Hast l’a retenu pour sa souplesse et pour sa façon de prendre la patine, avec pour but d’encaisser les éraflures du quotidien sans jamais paraître usé. L’endroit compte autant que la matière. Le bandeau passe exactement là où le pied se plie à chaque pas, et la barrette juste au-dessus. C’est la zone qui se creuse et qui blanchit la première sur un cuir lisse. Le relief du grain, lui, brouille ces marques au lieu de les afficher.

La couture mocassin court en relief sur tout le dessus du pied.

Reste la couture. Le mocassin est cousu main, selon la construction traditionnelle du modèle, et le point court en relief sur tout le dessus du pied.

La semelle de cuir, le talon et les deux coloris

Sous le pied, la semelle est en cuir, frappée G.H.BASS EST.1876, et le talon reçoit un patin de caoutchouc sombre qui porte lui aussi le nom de la marque.

Sous le pied, la semelle de cuir frappée G.H.BASS EST.1876 ; à l’intérieur, les deux noms à l’or.

À l’intérieur, la première de propreté est perforée sur l’avant, et les deux noms y sont frappés à l’or : G.H.BASS WEEJUNS au-dessus, Hast Paris en dessous. Deux coloris seulement, un noir profond et un brun très sombre aux reflets chauds.

Prix et disponibilité

Le mocassin G.H.Bass x Hast sera disponible sur le site de la marque et chez les revendeurs partenaires en octobre. Prix non communiqué.

Source : hastparis.com

Photo : DR

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