En Suède, une konstrunda est ce week-end de septembre où les artistes ouvrent leur atelier aux visiteurs. IKEA a emprunté le mot pour une collection signée de sept créateurs, du verre soufflé aux blocs de bois peints. La tournée des ateliers se termine cette fois dans un magasin de meubles en kit.
Ils sont sept, venus de New Delhi, de Londres, de la campagne suédoise ou de l’Italie du design, et IKEA leur a laissé les clés d’une collection. Pas un canapé de plus, ni une étagère. Des sculptures, des vases, des tabourets taillés comme des blocs, un miroir en pied, une tapisserie. Tout ce qui s’accroche, se pose et se regarde pour le seul plaisir des yeux, et qui coûte d’ordinaire le prix d’une galerie. Avec IKEA KONSTRUNDA, l’œuvre d’art se range dans le catalogue entre le luminaire et la bibliothèque, au tarif d’un objet déco.

Le nom donne le programme. En Suède, une konstrunda est la tournée des ateliers, ce week-end de septembre où peintres, verriers et céramistes ouvrent leur porte aux curieux. IKEA reprend le mot et le calendrier pour vingt-deux pièces en édition limitée. Suivons donc la tournée, pays par pays.
Sommaire
IKEA KONSTRUNDA commence à New Delhi
Akanksha Deo
Akanksha Deo a grandi à New Delhi, découvert IKEA lors d’un atelier organisé dans son école de mode, et travaille aujourd’hui pour la marque, souvent aux côtés d’artisans indiens. Sa matière première, ce sont les savoir-faire textiles de son pays, qu’elle mêle à des formes nettes et joueuses.

Pour KONSTRUNDA, elle part d’un constat qui la touche : nous vivons, dit-elle, « une véritable épidémie de solitude ». D’où son envie d’objets qui tiennent compagnie, silencieux mais présents, capables de remplir une pièce d’une sensation familière, « comme la présence d’un ami ».



Cela donne une sculpture de blocs empilés, multicolore, héritière des jouets en bois indiens (29,99 euros). Une coupe en acier inoxydable poli l’accompagne, à la paroi comme enfoncée d’une pression (24,99 euros). Et pour le mur, une tapisserie d’un bleu franc, à longs poils, qui donne envie de la caresser au passage (69 euros).
Royaume-Uni : l’atelier londonien
Andu Masebo
Andu Masebo est passé par l’établi avant la planche à dessin. Menuiserie, métal, céramique : il a appris en fabriquant, puis a rejoint le Royal College of Art de Londres. Il se définit aujourd’hui autant comme artisan que comme designer. Sa méthode ? Comprendre l’intention d’un projet et la manière dont les matériaux vivent ensemble, parce que « le résultat final ne devrait pas être simplement un objet, mais un objet avec une âme ».


Andu Masebo et sa table d’appoint en verre et chrome.
Ses pièces racontent cette double casquette. Une table d’appoint en verre, posée sur un piètement chromé soudé, joue la légèreté. Elle existe en argenté et en bleu, autour de 199 euros. Deux tabourets suivent, un cube en pin brut et un triangle en pin teinté bleu, qui hésitent entre l’assise et la sculpture (49,99 euros chacun). Je les verrais tout aussi bien servir de socle à un vase. Il signe enfin une sculpture en acier inoxydable poli comme un miroir, à la forme pleine et repliée sur elle-même (29,99 euros).
Suède : trois signatures à la maison
Trois des sept signatures viennent de Suède, des forêts du Småland aux rues de Stockholm.
Lisa Reiser
Lisa Reiser souffle le verre, façonne la céramique et travaille le métal depuis le Småland, cette région de forêts et de verreries au sud du pays. Diplômée du Beckmans College of Design de Stockholm, elle se décrit comme une « designer rêveuse ». Ses idées naissent de rêveries éveillées, une pensée par-ci, une pensée par-là, jusqu’à ce qu’une forme s’impose. Elle revendique le droit à l’erreur et l’envie de créer des choses qui durent.


Lisa Reiser souffle le verre depuis le Småland.
Ses quatre pièces partagent le même prix, 24,99 euros. Deux décorations en verre soufflé à la bouche, l’une argentée, l’autre d’un vert de bonbon qui donne presque envie de croquer dedans. Une sculpture de verre, et un vase noir laqué.
Lisa Hilland
Lisa Hilland compte parmi les designers suédoises les plus primées de sa génération. Formée au Central Saint Martins, elle a exercé dix ans à Londres et signe des pièces à la dimension poétique, qui passent régulièrement en salle des ventes. Chaque objet, chez elle, se conçoit pour être transmis de génération en génération. Elle aime « presque l’idée de se tromper, parce que ça laisse entrer l’inattendu ».


Lisa Hilland et son arche orange, à côté du tabouret en pin.
Pour KONSTRUNDA, elle propose un tabouret en pin aux lignes ouvragées, que j’imagine au pied d’un lit (99,95 euros), et une arche décorative orange en céramique, qui pose une couleur de fin d’été sur une console (34,99 euros).
Ingrid Leander Berg et Igor Holtermann
Les benjamins de la collection peignent des murs. Ingrid Leander Berg et Igor Holtermann créent des fresques murales à Stockholm et se promènent sur la frontière entre art et décoration. Leurs motifs sont affirmés, rayures, blocs et formes qu’ils font évoluer « jusqu’à transformer l’ordinaire en quelque chose de nouveau ». Leur credo : un design pensé avec sérieux, sans jamais se prendre trop au sérieux.

Leur inspiration pour KONSTRUNDA vient des rues de Stockholm, de ses passages piétons et de ses rubans de chantier. Ils les transposent en deux housses de coussin, l’une multicolore, l’autre rouge et noire semée de palmiers (19,99 euros chacune), et en un tapis multicolore de belle taille (99,95 euros). Leur pièce la plus étonnante reste un miroir en pied, noir, où des palmiers dessinés encadrent votre reflet (99 euros). De quoi rêver de vacances en vérifiant sa tenue.
Italie : la géométrie en noir et blanc
Emanuele Stamuli
Emanuele Stamuli a commencé par dessiner des intérieurs de yachts, avant de concevoir des boutiques pour Fendi, Prada et Acne Studios. Italo-grec installé à Stockholm, il a fondé son agence en 2016 et travaille au sein d’un collectif d’architectes et de créatifs, avec un goût affirmé pour la couleur, les textures et les jeux de géométrie. Son ambition, dit-il, est celle de tout créateur : « faire l’inattendu », avec des créations « mémorables et intenses, même un peu décalées ».


Emanuele Stamuli a rangé la couleur : noir, blanc et une touche de chrome.
Pour la tournée, il a pourtant rangé la couleur. Ses pièces sont en noir et blanc, à peine relevées d’une touche de chrome. Un tapis à motifs géométriques, la pièce la plus chère de la collection (249 euros), et une paire de vases assortis, un modèle bas à 29,99 euros et un modèle haut à 19,99 euros. Il signe aussi une petite table d’appoint en métal, un plateau rond posé sur une colonne chromée (49,99 euros).
Informations pratiques
- Avant-première : pop-up exclusif au magasin IKEA Paris Rivoli, du 10 au 13 septembre 2026.
- Puis en ligne et dans une sélection de magasins IKEA en France, à partir du 14 septembre 2026.
- Édition limitée de vingt-deux pièces.
- Prix : de 19,99 à 249 euros.
Source : IKEA France
Photo : DR