Capcom prend ici le risque le plus rare : créer une nouvelle licence qui ne cherche pas à rassurer. Pragmata avance dans une station lunaire froide, avec une durée ramassée, une mécanique centrale brillante et une émotion qui surgit précisément là où le décor semble le plus inhumain.
- Duo Hugh/Diana bouleversant
- Combats Tir/Hacking brillants
- Rythme sans aucun temps mort
- DA par fois surprenante
- RE Engine ultra optimisé
- Le mode New Game Plus pour plus de difficulté
- Intrigue de fond classique
- Mode Normal trop permissif
- Manque de munitions frustrant
- Bande-son oubliable
Dans une industrie vidéoludique dominée par la prudence, les grands éditeurs préfèrent souvent capitaliser sur des formules éprouvées. Comme Capcom qui nous a abreuvés de remakes de ses gloires passées, tout en continuant sur la lancée de ses licences existante comme avec le sublime Resident Evil Requiem. Pourtant, oser lancer une nouvelle licence « AAA », sans aucun héritage direct sur lequel s’appuyer, est devenu un risque financier colossal. C’est exactement ce que représente Pragmata.
Annoncé il y a plus de six ans, ce projet mystérieux a traversé de multiples reports et un long silence radio. Aujourd’hui, il débarque enfin, et son approche prend l’industrie à contre-courant. Loin des mondes ouverts boulimiques, remplis de quêtes fedex et de cartes saturées de points d’interrogation, Pragmata propose une aventure volontairement compacte. Le jeu se recentre sur l’essentiel : une expérience rythmée et intime, au cœur d’une station lunaire dévastée, froide et coupée de tout contact avec la Terre. Tout en étant une fable inattendue sur la transmission, porté par un duo bouleversant qui parvient à instiller une humanité au milieu d’un univers mécanique et hostile.
| Prix au lancement | 59,99 € |
|---|---|
| Éditeur | Capcom |
| Développeur | Capcom Development Division 1 |
| Genre | Action-aventure |
| Plateformes | PlayStation 5, Xbox Series X|S, PC (Microsoft Windows), Nintendo Switch 2 |
| Mode de jeu | Solo |
| PEGI | 16 |
| Support | Physique, Dématérialisé |
| DLC / microtransactions | Oui |
| Moteur graphique | RE Engine |
| Langues audio | Japonais, anglais, français, italien, allemand, espagnol (Europe), coréen, espagnol (Amérique latine), portugais (Brésil), russe, chinois |
| Sous-titres | Japonais, anglais, français, italien, allemand, espagnol (Europe), coréen, espagnol (Amérique latine), portugais (Brésil), russe, polonais, arabe, chinois simplifié, chinois traditionnel |
| Disponibilité | 17 avril 2026 |
| Date d’annonce | 11 juin 2020 |
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Comment sont testés les jeux vidéo chez NomadeUrbain.fr ?
Chaque jeu est évalué avec une grille de test précise mêlant rigueur technique et plaisir de jeu. Nous analysons la configuration, la direction artistique, les graphismes, les performances (résolution, fluidité), le gameplay, la richesse de l’univers, et la qualité de l’écriture. Les tests sont réalisés sur PC et toutes les consoles next-gen en conditions réalistes, avec un affichage calibré et plusieurs types de son (casque, home cinéma).
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Ce test a été réalisé à partir d’un produit prêté par Capcom.
Sommaire
Scénario et qualité d’écriture de Pragmata : L’humanité au cœur de la machine

Pour comprendre l’enjeu émotionnel de Pragmata, il faut d’abord assimiler la richesse de son univers. Le récit se déroule dans un futur proche, bouleversé par une découverte scientifique majeure, le Lunum. Il s’agit d’une ressource lunaire, rapidement monopolisée et exploitée par la tentaculaire Delphi Corporation.

Ce matériau brut a permis aux scientifiques de concevoir la lunafibre. Une substance aux propriétés quasi magiques est capable de reproduire n’importe quel objet, machine ou même décor complexe, simplement à partir de données numériques.

Toute l’action de notre aventure prend place dans Le Berceau. Il s’agit d’une gigantesque station de recherche lunaire, fleuron technologique de la Delphi Corporation. Malheureusement, ce complexe est brutalement coupé de la Terre après un incident cataclysmique et inexpliqué. C’est dans cet enfer de métal tordu qu’interviennent nos deux protagonistes.

Nous incarnons Hugh Williams, un simple ingénieur en informatique. Envoyé sur place avec une équipe d’inspection de routine, il se retrouve grièvement blessé et dramatiquement isolé. Sa survie ne tient qu’à l’intervention providentielle de Diana. Cette dernière est une « Pragmata ». Il s’agit d’une androïde de pointe, littéralement façonnée à partir de lunafibre, et dotée de l’apparence trompeuse d’une fillette candide.
Un lien salvateur

L’intrigue principale s’articule autour de leur lutte désespérée pour la survie. Leur adversaire n’est autre que IDUS, l’intelligence artificielle suprême censée gérer la station. Devenue hostile et incontrôlable, cette IA verrouille systématiquement les accès et déploie des armadas de robots tueurs pour éliminer toute présence humaine. Si cette trame de la machine rebelle reste classique, l’écriture brille par l’évolution de la relation entre Hugh et Diana. Hugh veut fuir et retrouver son foyer terrestre. Diana, elle, n’a jamais rien connu d’autre que l’espace. Elle découvre l’existence du monde humain à travers les récits de son protecteur.

Cette narration environnementale prend tout son sens avec les Mémoires terrestres. Ces objets (des jouets d’antan, des photographies usées, des reliques du quotidien) ont été recréés par la lunafibre. Hugh les déniche et les offre à Diana. À travers ces artefacts banals, l’enfant-machine apprend la curiosité, l’attachement, la peur de la perte, et même l’ironie.

Le scénario trouve son point d’équilibre parfait dans ces instants de calme absolu. Hugh devient peu à peu un père de substitution attachant, contrastant magnifiquement avec la naïveté poignante de sa jeune protégée. Cet aspect sauve l’aspect scénaristique qui manque sinon d’imagination et d’originalité.
La jouabilité de Pragmata : Le triomphe du combat multitâche et de la charge mentale
Sous ses airs de TPS (jeu de tir à la troisième personne) classique, Pragmata cache un game design d’une densité redoutable. Le cœur du jeu repose sur une idée brillante : la gestion asymétrique de deux types d’action en simultané. Vous ne jouez pas un personnage, vous jouez un duo en symbiose totale.
Un système de combat hybride qui bouscule les codes

Les forces robotiques commandées par l’IA IDUS sont lourdement blindées. Les tirs conventionnels de Hugh rebondissent sur leurs carapaces de lunafibre. Il est donc indispensable que Diana pirate leurs systèmes défensifs pour ouvrir des fenêtres de vulnérabilité. Toute la subtilité réside dans l’exécution simultanée. D’un côté, Hugh doit survivre. Il sprinte, utilise les propulseurs de sa combinaison pour esquiver dans les airs en faible gravité, et gère un arsenal varié. Vous maniez un fusil à pompe énergétique dévastateur à courte portée, un pistolet de stase pour figer les menaces rapides, ou encore des drones de diversion. Attention, les munitions sont limitées et la surchauffe de vos armes est punitive.

De l’autre côté, vous devez déclencher le piratage de Diana en pleine fusillade. Ce hacking prend la forme d’une grille matricielle qui apparaît en surimpression à l’écran. Point crucial : le temps ne s’arrête pas, et il ne ralentit même pas. Vous devez diriger un curseur dans ce mini-labyrinthe numérique (avec le stick droit à la manette) tout en continuant à courir et tirer avec Hugh. Votre objectif est de relier la sortie de la grille tout en récoltant des nœuds de puissance.

Ces cases bonus dictent l’issue du combat. Elles peuvent déclencher une paralysie de zone, provoquer la surchauffe des systèmes adverses, restaurer votre santé, ou initier un piratage multiple. Nous nous attendions au pire, et pourtant cela fonctionne à merveille, même si cette mécanique impose une réelle charge mentale. Un combat de boss, notamment face aux colossaux SectorGuard, se transforme en une chorégraphie exigeante où chaque erreur d’attention se paie au prix fort. Ce qui explique peut être des aspects plus faciles dans le jeu.
Le Refuge

Entre deux affrontements épiques, Pragmata offre des moments de répit indispensables. Le Refuge fait office de hub central. Ce petit cocon sécurisé au milieu du chaos métallique permet de faire évoluer vos personnages. Vous y dépensez vos points de compétence pour améliorer le blindage de Hugh, ou pour renforcer l’efficacité des modules de piratage de Diana. C’est également là que vous retrouvez Cabin. Ce petit robot de soutien, aussi cynique qu’utile, apporte une touche d’humour salvatrice. Vous pouvez disputer des parties de Bingo avec lui pour gagner des ressources, ou lancer des missions de simulation virtuelles.

Le level design refuse l’approche du monde ouvert pour privilégier une structure semi-linéaire rigoureuse. Les environnements alternent entre couloirs étroits, énigmes environnementales simples et vastes arènes de combat. Obtenir de nouveaux schémas d’armes encourage un léger backtracking. Il faut parfois revenir dans d’anciens secteurs pour déverrouiller des portes rouges inaccessibles lors de votre premier passage. La campagne principale se termine en une vingtaine d’heures. Cela permet une aventure haletante, sans réel temps mort mais un peu cher payé pour 60 euros non ?

Si la difficulté de base s’avère un peu permissive, le titre dévoile une nature plus pensée gamers avec son mode New Game Plus. Les ennemis y sont plus rapides, plus résistants, et l’interface de hacking devient un véritable casse-tête sous haute tension.
La technique de Pragmata : Une claque visuelle portée par un RE Engine impérial

Visuellement, Pragmata refuse la facilité. Le jeu tourne le dos aux conventions esthétiques habituelles de la science-fiction crasseuse, rouillée ou ouvertement horrifique. Le Berceau est un environnement immaculé, fait de métal blanc, de surfaces vitrées imposantes et d’éclairages chirurgicaux.
L’esthétique de l’ingénierie et les environnements holographiques

Pour définir cette direction artistique, le terme adéquat est une science-fiction réaliste et utilitaire (parfois appelée style « NASA punk » dans l’industrie). Le design s’inspire des véritables technologies aérospatiales actuelles. La combinaison de Hugh est lourde, encombrante, bardée de câblages apparents et de fixations mécaniques.

Tout semble conçu pour la survie en milieu hostile, de manière très terre à terre. Ce réalisme froid et industriel percute violemment la nature mystique de la lunafibre. Le jeu adore surprendre le joueur en cassant ses propres codes visuels. Au détour d’un sas stérile, on se retrouve soudain projeté dans une reconstitution glaçante de New York. Cet environnement urbain, entièrement généré par la lunafibre, regorge d’anomalies architecturales. Des bâtiments se tordent sur eux-mêmes, des véhicules flottent en apesanteur. Cette ambiance urbaine fantomatique et liminale est un délice visuel.

Pour donner vie à cet univers, Capcom sort une fois de plus son atout maître : le RE Engine. Sur les consoles de salon de dernière génération (PS5 et Xbox Series X) ainsi que sur PC, le jeu est un modèle d’optimisation. La fluidité est exemplaire et le framerate ne bronche pas. Même lorsque l’écran est saturé de tirs lasers, d’explosions de particules de lunafibre, et que la grille lumineuse du hacking se superpose au chaos du combat.
Un environnement sonore au service de la tension
L’expérience ne serait pas complète sans une conception sonore pointue. La bande originale, composée par Yasumasa Kitagawa, adopte une approche minimaliste. Elle privilégie de longues nappes électroniques atmosphériques lors de l’exploration, renforçant le sentiment d’isolement spatial. Si les thèmes musicaux peinent parfois à marquer les esprits, le sound design est, quant à lui, exceptionnel.

Le fracas métallique lourd des robots de l’IDUS, l’étouffement des détonations dans les sas dépressurisés et les alertes stridentes lors d’un piratage critique donnent un poids physique indéniable aux affrontements. Enfin, il faut saluer l’excellence du doublage. La version française est d’une grande justesse. Ainsi, la voix de Hugh retranscrit parfaitement ses doutes, sa fatigue, mais surtout sa bienveillance paternelle.
Conclusion et prix de Pragmata
Le Pragmata est disponible sur PC, PS5, Xbox Series et Switch 2, au prix de 69.99 euros sur le site de l’éditeur ou chez les revendeurs partenaires.
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FAQ – Pragmata
➤ Pragmata vaut-il vraiment le coup en 2026 ?
➤ Que raconte vraiment l’histoire de Pragmata sur la station lunaire Le Berceau ?
➤ Le duo Hugh et Diana est-il la vraie force de Pragmata ?
➤ Le gameplay de Pragmata avec tir et hacking est-il réussi ?
➤ Pourquoi les combats de Pragmata sont-ils jugés aussi originaux ?
➤ Le système de piratage de Diana dans Pragmata est-il difficile à maîtriser ?
➤ Pragmata est-il trop facile en mode Normal ?
➤ Le mode New Game Plus de Pragmata change-t-il vraiment l’expérience ?
➤ Combien d’heures faut-il pour finir Pragmata ?
➤ Pragmata est-il trop court pour son prix ?
➤ La direction artistique de Pragmata est-elle vraiment différente des autres jeux de science-fiction ?
➤ Le RE Engine fait-il des merveilles sur Pragmata ?
➤ Pragmata est-il bien optimisé sur PS5, Xbox Series, PC et Switch 2 ?
➤ Le sound design de Pragmata est-il meilleur que sa bande-son ?
➤ Pragmata peut-il devenir une grande nouvelle licence pour Capcom ?
Photos : DR
