Bandai Namco réactive une licence qu’on pensait délaissée avec Bleach: Rebirth of Souls, développé par Tamsoft. Porté par la popularité retrouvée de l’anime, ce nouveau jeu de combat s’adresse autant aux nostalgiques de la Soul Society qu’aux joueurs avides de versus 3D dynamiques. Il promet de retracer les arcs majeurs du manga en misant sur des combats spectaculaires et une fidélité assumée à l’univers de Tite Kubo. Ce que nous nous sommes empressés de vérifier, pad à la main bien sûr !
Sommaire
Résumé du test
Pour
- Transformations bien intégrées au récit et au gameplay
- Bonne lisibilité en combat
- Mise en scène du split-screen inventive
- Casting vocal japonais fidèle
- Esthétique respectueuse du manga
Contre
- Pas d’arc Thousand-Year Blood War
- Cinématiques figées, dialogues sans souffle
- Multijoueur sans matchmaking compétitif
Comment sont testés les jeux vidéo sur NomadeUrbain.fr ?
Nous jouons sur une version fournie par l’éditeur, ou achetée par nos soins, et nous le précisons toujours en tête d’article. Sur PC, nous testons sur une machine haut de gamme, puis nous vérifions le comportement sur la configuration recommandée par l’éditeur. Côté salon, nous jouons sur PlayStation 5 en modes Performance et Fidélité, sur Xbox Series X dans les mêmes conditions, puis sur Nintendo Switch et Switch 2. Le son passe par un kit 2.1, un kit 5.1 et un casque 5.1.
Nous jugeons d’abord l’écriture, la profondeur des personnages et le rythme du récit. Vient ensuite la jouabilité, avec ses mécaniques, sa courbe de progression et l’ergonomie de ses menus. Nous séparons volontairement la direction artistique des graphismes : un jeu peut être techniquement modeste et visuellement superbe. La bande-son, le doublage et le sound design ont leur propre note. La partie technique juge enfin le rendu, l’animation, la fluidité, les temps de chargement et les bugs rencontrés.
Neuf critères reçoivent chacun leur note, et la note globale en est la moyenne simple, sans pondération. Vous y trouverez un critère que peu de sites osent isoler : le fun. Une jouabilité irréprochable peut profondément ennuyer, quand un système bancal enthousiasme cinquante heures durant. Nous notons donc séparément ce qui fonctionne et ce qui donne envie de relancer une partie.
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Ce test a été réalisé avec une version PC envoyée par Bandai Namco.
Scénario et écriture de Bleach: Rebirth of Souls : une fidélité respectée, mais qui manque de souffle
Ichigo Kurosaki est un lycéen de quinze ans comme les autres, ou presque : il voit les esprits. Ce don, qu’il n’a jamais demandé, devient un fardeau le jour où un Hollow, créature née d’une âme rongée par le désespoir, attaque sa famille. Pour les sauver, il accepte un pacte : recevoir les pouvoirs d’un Shinigami. À partir de là, sa vie bascule.

Les Shinigami sont les gardiens invisibles d’un équilibre fragile. Ils éliminent les Hollows et guident les âmes vers la Soul Society, un royaume des morts structuré comme une cité. Ce monde parallèle, régi par des règles strictes, deviendra le théâtre d’une guerre où Ichigo, bien malgré lui, prendra toute sa place.

Le jeu reprend cette trame principale, depuis l’arrivée d’Ichigo dans le conflit jusqu’à la bataille contre les Arrancars. Ces derniers sont des Hollows évolués, dotés de raison, d’une apparence humaine et d’une puissance redoutable. Ils obéissent à Sôsuke Aizen, ancien capitaine de la Soul Society devenu traître. L’histoire suit les grands arcs : Seireitei, Hueco Mundo, trahisons, sauvetages, affrontements. Mais tout est resserré.

Chaque chapitre correspond à un combat majeur. Une scène animée ou illustrée introduit l’enjeu, une autre le conclut. Il n’y a ni exploration, ni découpage fin. On passe d’un sommet narratif à un autre sans vraie montée dramatique. Les moments clés sont là, mais souvent dépouillés de leur tension narrative. Un mode « Histoire Secrète » complète la campagne. Il donne la parole à d’autres personnages comme Renji Abarai, Gin Ichimaru, Grimmjow Jaggerjack, dans des segments jouables parallèles. L’intention est louable, mais peu exploitée. Pas de scènes inédites, peu de variations. Enfin, l’arc Thousand-Year Blood War est totalement absent. Le jeu s’arrête avant la guerre finale, sans promesse de suite.
Jouabilité de Bleach: Rebirth of Souls : bastons spectaculaires, système sous tension
Les affrontements de Rebirth of Souls se déroulent dans des arènes fermées, inspirées des lieux emblématiques de l’univers : la ville de Karakura, les toits du Seireitei, les salles blanches du Hueco Mundo.

Les duels opposent deux personnages, avec une caméra dynamique et un gameplay pensé pour le spectacle. Chaque personnage dispose d’un set d’attaques : coups légers, lourds, combos simples, brise-garde, techniques spéciales et capacités propres comme les transformations.

La mécanique des Konpaku structure tous les combats. Au lieu d’une barre de vie unique, chaque personnage possède plusieurs fragments d’âme, représentés comme des “vies” successives. Une fois tous les Konpaku brisés, le combat est perdu. Cette logique évite les KO brutaux : on peut tomber, se relever, et contre-attaquer. Perdre une phase n’est jamais définitif.

Les transformations interviennent comme des ruptures. Pour Ichigo, cela donne Tensa Zangetsu : une lame noire, une vitesse doublée, un changement de tenue. Ces évolutions n’arrivent qu’en fin de combat : il faut avoir encaissé, patienté, et choisir le bon moment. Et une fois déclenchées, elles peuvent tout changer.

Un système de jauge nommé Rengoku s’ajoute à cela. Il se remplit en attaquant ou en défendant, et permet de déclencher des boosts temporaires : invincibilité, recharge accélérée, contre amélioré. Cela donne un peu plus de marge dans les duels serrés, sans casser l’équilibre général. En solo, le contenu se limite à une campagne linéaire, des missions à thème, et un mode entraînement. Aucun déplacement libre entre les combats. On enchaîne les affrontements avec quelques cinématiques entre deux. Le mode “Histoire Secrète” rejoue certains arcs sous un autre angle, sans réelle structure nouvelle. En multijoueur, les affrontements se font en local ou en ligne, mais sans mode classé ni matchmaking avancé. Le mode histoire se boucle en une petite dizaine d’heure5 à 7 heures, un brin léger.
Technique de Bleach: Rebirth of Souls : fidélité visuelle, finition bancale
Visuellement, Rebirth of Souls joue la carte de la fidélité. Le cel-shading utilisé reprend les traits marqués du manga et les codes couleur de l’anime. Les modélisations de personnages sont globalement réussies, avec des tenues détaillées, des poses iconiques et des effets stylisés lors des attaques spéciales. L’intention esthétique est claire, donner vie au trait de Tite Kubo sans chercher un réalisme qui lui serait étranger.

Les arènes reprennent les lieux clés de l’univers, mais avec des résultats inégaux. Le Seireitei et le Hueco Mundo fonctionnent bien grâce à leurs contrastes nets. En revanche, certains décors comme Karakura ou les zones intérieures souffrent d’un certain vide. Les textures manquent parfois de relief, et certains plans larges révèlent des décors trop simples ou figés.

L’animation en combat reste fluide, même lors des affrontements les plus chargés. Les attaques sont bien lisibles, les effets spéciaux claquent, et les transitions entre phases de combat sont nettes. À l’inverse, les cinématiques souffrent de rigidité. Les personnages parlent sans bouger les lèvres, restent figés pendant les dialogues, et les mises en scène manquent souvent de rythme. Résultat : l’intensité dramatique de certains arcs se dilue, malgré la fidélité visuelle. Sur PC, le jeu propose un 60 images par seconde stable avec une configuration moyenne. Aucun ralentissement significatif à signaler pendant les combats.

La bande-son mélange rock, cordes et percussions. Elle colle bien à l’univers, avec quelques thèmes nouveaux qui accompagnent les phases de tension. Les voix japonaises d’origine sont présentes, doublées par le casting de l’animé. Une VO anglaise est également disponible, globalement correcte mais moins expressive. Tous les textes sont sous-titrés en français, avec une traduction sobre. Le sound design remplit, mais l’ensemble manque d’envergure.
Conclusion, prix et disponibilité
Split Fiction est disponible sur PC, PS5 et Xbox Series au prix de 49,99 euros sur le site de l’éditeur et chez les revendeurs partenaires.
FAQ – Bleach: Rebirth of Souls
Oui, l’adaptation reprend les grands arcs jusqu’aux affrontements contre les Arrancars et la trahison d’Aizen. Ensuite, la progression enchaîne les combats majeurs avec une scène d’introduction et une de conclusion pour cadrer l’enjeu. Toutefois, le récit est resserré : peu d’exploration, peu de montée dramatique, et des moments clés parfois dépouillés de tension. Ainsi, l’esprit de Bleach est respecté, mais la narration manque d’ampleur et l’arc Thousand-Year Blood War est absent.
La campagne solo constitue le cœur de l’expérience, avec des chapitres centrés sur des duels scénarisés. Par ailleurs, un mode Histoire Secrète propose des segments parallèles jouables pour des personnages comme Renji, Gin ou Grimmjow. Ensuite, on trouve des missions à thème et un entraînement pour travailler coups, combos et timings. Enfin, le multijoueur existe en local et en ligne, mais sans mode classé ni matchmaking (appariement automatique) avancé.
Au lieu d’une seule barre de vie, chaque combattant possède plusieurs Konpaku qui agissent comme des “vies” successives. Ainsi, perdre une phase ne signifie pas la fin immédiate du duel, car on peut se relever et contre-attaquer. En pratique, ce découpage limite les KO brutaux et crée des retournements dans les derniers échanges. Toutefois, il impose aussi une gestion du tempo différente, car chaque fragment perdu réinitialise la lecture du risque et des priorités défensives.
Les transformations sont des ruptures de rythme qui s’activent plutôt en fin de combat. D’abord, Ichigo gagne Tensa Zangetsu, avec lame noire, vitesse accrue et changement de tenue immédiatement perceptible. Ensuite, déclencher au bon moment peut renverser l’issue d’un duel serré, car la fenêtre de puissance est brève mais intense. Ainsi, ces phases spectaculaires servent autant la mise en scène que le gameplay, sans casser l’équilibre général.
La jauge Rengoku se remplit en attaquant, en défendant et lors des échanges soutenus. Ensuite, elle permet d’activer des boosts temporaires comme une invincibilité courte, une recharge accélérée ou un contre renforcé. En pratique, ces options ouvrent des respirations tactiques pour survivre à une pression ou sécuriser une punition. Toutefois, l’impact reste mesuré : mal timée, l’activation gaspille une ressource précieuse sans changer l’issue de la manche.
La campagne enchaîne des “sommets” narratifs sans paliers intermédiaires, ce qui la rend lisible mais assez raide. Par ailleurs, l’Histoire Secrète donne la parole à d’autres figures, avec une intention louable mais peu exploitée. Comptez environ 5 à 7 heures pour boucler l’ensemble, selon votre maîtrise et vos replays. Ainsi, le contenu solo reste correct, toutefois il manque de souffle pour dépasser le fan service pur.
Le jeu offre des affrontements en local et en ligne pour prolonger les duels au-delà du solo. Toutefois, il ne propose pas de mode classé, ni de matchmaking avancé avec progression compétitive. En conséquence, l’endgame s’appuie surtout sur des parties amicales et l’envie de rejouer des confrontations emblématiques. Ainsi, l’offre en ligne existe, mais elle reste minimale pour qui cherchait un cadre compétitif robuste.
Le cel-shading (ombrage façon dessin animé) respecte le trait de Tite Kubo, avec silhouettes nettes et poses iconiques. Ensuite, les personnages sont globalement réussis, effets stylisés à l’appui lors des techniques spéciales. Par ailleurs, les arènes offrent des résultats inégaux : Seireitei et Hueco Mundo fonctionnent, mais certains décors restent vides ou figés. Ainsi, l’identité visuelle est fidèle et lisible, même si la finition environnementale manque parfois de relief.
Sur PS5, un mode Performance vise 60 images par seconde et tient la cadence en combat. En outre, les transitions entre phases restent nettes et les effets conservent une bonne lisibilité. Toutefois, les cinématiques manquent de vie, avec des personnages souvent figés et des dialogues peu animés. Ainsi, le gameplay bénéficie d’une fluidité solide, tandis que la mise en scène demeure en retrait.
Oui, les voix japonaises d’origine sont présentes, doublées par le casting de l’animé. Ensuite, une version anglaise est proposée, correcte mais moins expressive selon les scènes. Par ailleurs, tous les textes sont sous-titrés en français avec une traduction sobre et lisible. Ainsi, chacun peut choisir une expérience proche de l’anime ou une localisation plus accessible, sans perdre la compréhension des enjeux.
Les combats se déroulent dans des arènes fermées inspirées de Karakura, du Seireitei et du Hueco Mundo. Ensuite, la caméra dynamique met l’accent sur la lisibilité des coups, des brise-gardes et des techniques. En pratique, le spectacle fonctionne, surtout lorsque les transformations surviennent en fin de manche. Toutefois, l’absence d’exploration et la structure très linéaire laissent peu de respiration entre deux chocs.
Le titre parle d’abord aux amateurs de Bleach, car il condense les moments forts avec fidélité. Toutefois, les néophytes peuvent apprécier des duels lisibles, des transformations marquantes et une direction artistique soignée. En revanche, la mise en scène figée, le solo sans relief et l’offre en ligne limitée freinent l’enthousiasme. Ainsi, c’est une adaptation honnête, pensée surtout pour revivre les temps forts, plutôt qu’un incontournable du versus 3D.
À propos de Yazid Amer :
Journaliste depuis 1999, Yazid Amer couvre les technologies, la culture, le lifestyle et la mobilité. Il a collaboré avec Le Parisien Week-End, Men’s Health, FHM, Frandroid, Plugged, Le Journal du Geek, Apollo Magazine, Vivre Paris et JVTech. Fondateur de NomadeUrbain.fr, il explore le quotidien connecté avec rigueur et passion.
Contact : Yazid.Amer@nomadeurbain.fr
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