Ace Combat 8: Wings of Theve assume l’emphase des grands films de guerre aérienne. Les violons s’envolent, la radio grésille et mes équipiers saluent chacune de mes victoires. Le frisson est immédiat. Mais sept ans après le précédent épisode, ce panache suffit-il à faire oublier une recette qui bouge si peu ?
- Combats aériens toujours grisants
- Plaisir immédiat en mode Standard
- Mode Expert très gratifiant
- Campagne généreuse et rythmée
- Nuages utiles en plein combat
- Le choix de l'avion compte
- Bande-son héroïque
- Multijoueur riche
- Idéal pour découvrir la série
- Spectacle de blockbuster aérien
- Peu de nouveautés en sept ans
- Scénario de nanar
- Héros muet
- Ordres d'escouade imprécis
- Ciblage lourd en pleine action
- Décors au sol décevants
- Pas de doublage français
- Passe de saison payante à surveiller
- Quelques baisses de fluidité
Sept ans. Il a fallu attendre tout ce temps pour retrouver un épisode principal de la saga de combat aérien de Bandai Namco. Née en 1995 sur la première PlayStation, la série n’avait rien proposé de neuf depuis Ace Combat 7: Skies Unknown, en 2019. Project Aces, l’équipe de Bandai Namco qui la développe, n’avait donc pas droit à un simple tour de piste. Ace Combat 8: Wings of Theve fait pourtant le service minimum en matière de nouveautés, mais le plaisir prend quand même le manche.
Oui, la série abuse un peu. Oui, elle recycle beaucoup, des briefings à la structure des missions, jusqu’au scénario et à ses grandes envolées militaires façon film d’action des années 80 et 90. Mais manette en main, quand le missile part, que la musique monte et que le ciel devient un champ de bataille, le jeu emporte tout.
| Genre | Combat aérien arcade |
|---|---|
| Développeur | Bandai Namco Aces |
| Éditeur | Bandai Namco Entertainment |
| Plateformes | PlayStation 5, Xbox Series X|S, PC (Steam) |
| Prix au lancement | 79,99 € |
| Mode de jeu | Solo et multijoueur |
|---|---|
| Nombre de joueurs | 1 à 8 |
| Cross-play | Oui |
| Cross-save | NC |
| Langues audio | Anglais, japonais |
|---|---|
| Sous-titres | Anglais, français, italien, allemand, espagnol (Espagne et Amérique latine), japonais, coréen, polonais, portugais (Brésil), russe, chinois simplifié, chinois traditionnel |
| Moteur graphique | Unreal Engine 5 |
|---|---|
| Taille de téléchargement | 150 Go sur PC |
| Version testée | PS5 |
| Modes FPS | NC |
| Modes de résolution | NC ; optimisé PS5 Pro |
| Support | Physique et dématérialisé |
|---|---|
| DLC / microtransactions | Édition Deluxe : trois jours d'accès anticipé, passe de récompenses payant Ace Pass Plus et lot cosmétique. Joker Flight Pack : contenu de la Deluxe, livre et deux vinyles. Avion F-14A jouable et pack cosmétique vendus à part sur PC (4,99 € et 9,99 €). Achats intégrés signalés par PEGI. |
| Site officiel | Consulter le site |
| PEGI | 16 |
|---|---|
| Date d’annonce | 11 décembre 2025 |
| Disponibilité | 2 octobre 2026 |
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Nous jouons sur une version fournie par l’éditeur, ou achetée par nos soins, et nous le précisons toujours en tête d’article. Sur PC, nous testons sur une machine haut de gamme, puis nous vérifions le comportement sur la configuration recommandée par l’éditeur. Côté salon, nous jouons sur PlayStation 5 en modes Performance et Fidélité, sur Xbox Series X dans les mêmes conditions, puis sur Nintendo Switch et Switch 2. Le son passe par un kit 2.1, un kit 5.1 et un casque 5.1.
Nous jugeons d’abord l’écriture, la profondeur des personnages et le rythme du récit. Vient ensuite la jouabilité, avec ses mécaniques, sa courbe de progression et l’ergonomie de ses menus. Nous séparons volontairement la direction artistique des graphismes : un jeu peut être techniquement modeste et visuellement superbe. La bande-son, le doublage et le sound design ont leur propre note. La partie technique juge enfin le rendu, l’animation, la fluidité, les temps de chargement et les bugs rencontrés.
Neuf critères reçoivent chacun leur note, et la note globale en est la moyenne simple, sans pondération. Vous y trouverez un critère que peu de sites osent isoler : le fun. Une jouabilité irréprochable peut profondément ennuyer, quand un système bancal enthousiasme cinquante heures durant. Nous notons donc séparément ce qui fonctionne et ce qui donne envie de relancer une partie.
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Ce test a été réalisé sur une version PS5 envoyée par Bandai Namco.
Sommaire
Scénario et écriture d’Ace Combat 8: Wings of Theve : un nanar militaire qui assume son panache
L’histoire commence en juillet 2029 dans Strangereal, le monde imaginaire de la saga. La Fédération d’Usea centrale, ou FCU, vient de tomber sous l’invasion éclair de la République de Sotoa. Le pilote que j’incarne est repêché en mer par l’Endurance, un vieux porte-avions chargé de réfugiés. Il reprend alors le symbole de Rex « The Wings of Theve » Cope. Un as devenu un outil de propagande, chargé de maintenir l’espoir d’un pays occupé.


Le mot propagande compte vraiment ici, car la campagne ne raconte pas seulement une reconquête militaire. Elle montre comment une armée fabrique un héros, entretient sa réputation et s’en sert pour galvaniser ses troupes. Ce symbole pèse directement sur la progression. Chaque mission devient une victoire à produire, un message à envoyer, une preuve que la FCU n’a pas perdu la guerre.
Un sérieux de film de guerre, jusqu’au dernier missile
Dans les faits, le scénario reste un gros film d’action d’une autre époque. Les gentils affrontent les méchants et les discours graves précèdent les sacrifices. Les retournements appuyés s’enchaînent, au rythme des missiles qui partent de votre avion. C’est parfois mauvais, souvent trop sérieux, mais ce sérieux fait aussi partie du charme. Ace Combat n’a d’ailleurs jamais été subtil quand il parle de guerre, d’honneur et de pilotes hors du commun. Il préfère l’emphase, les violons, les missiles et les appels désespérés dans le casque.

L’escadrille de mon pilote, Joker Flight, donne plus de chair à cette campagne. Baxter, Tasha, Coster et les autres équipiers interviennent en mission. Ils commentent les objectifs et réagissent aux pertes, ce qui nourrit l’effet de film de guerre aérienne. À bord de l’Endurance, les cinématiques filmées à la première personne renforcent aussi la présence du groupe.
Un héros muet au milieu d’une escadrille bavarde
Mon pilote, lui, ne dit jamais un mot. Les personnages lui parlent, l’admirent, doutent et s’attachent à lui, mais aucune réponse ne vient jamais, et ce silence crée un décalage.


La narration passe autant par les briefings et les scènes à bord du porte-avions que par la radio, en plein combat. Elle m’apprend surtout l’état du front, le rôle symbolique du pilote et la façon dont la FCU vend ses victoires. Le rythme reste très bavard, et faute de doublage français, suivre les sous-titres en plein combat aérien devient parfois compliqué. Même quand l’écriture force le trait, la mise en scène emporte tout. Ce n’est pas fin, c’est plus grand que nature, et un peu désuet, pourtant pour Ace Combat, cela fonctionne.
Jouabilité d’Ace Combat 8: Wings of Theve : le ciel fait encore hurler de plaisir
Ace Combat 8: Wings of Theve reste un jeu de combat aérien arcade, où le plaisir passe avant la simulation stricte. Les décollages sont rapides, les virages impossibles et les missiles partent en salve. J’esquive sous alerte sonore pendant que les objectifs changent en plein vol. Les dogfights, ces duels rapprochés entre chasseurs, se jouent au ras des nuages. J’ai essayé les deux maniabilités que propose le jeu. Le mode Standard facilite les virages et rend le pilotage plus accessible. Le mode Expert, lui, demande de gérer avec précision le roulis, le tangage et l’orientation de l’avion.

Pour les habitués, le mode Expert reste le meilleur choix, car il offre plus de liberté, de contrôle et de sensations dans les manœuvres serrées. Les nouveaux venus trouveront de leur côté dans le mode Standard de quoi profiter vite du spectacle sans lutter contre l’avion. C’est toute la force de la série. Un débutant fait décoller un chasseur et s’amuse aussitôt, quand un joueur expérimenté cherche la trajectoire parfaite, l’angle d’attaque idéal et l’esquive au dernier moment.
Chaque mission impose sa propre approche
La campagne compte une trentaine de missions, souvent longues et construites en plusieurs phases. L’une commence par une escorte, bascule vers une attaque au sol, puis déclenche une menace aérienne plus violente. Une autre me demande d’échapper aux radars, de protéger des unités alliées, de détruire des défenses ou d’abattre un adversaire plus coriace. Cette variété entretient l’adrénaline, même si la structure d’ensemble réserve peu de vraies surprises aux vétérans.

Une mission se prépare donc avant le décollage. Je choisis l’avion, ses armes spéciales et ses améliorations, parmi de vrais appareils embarqués, conçus pour décoller d’un porte-avions. Or un F/A-18C Hornet ne se pilote pas comme un F-14, un A-6E ou un EA-6B Prowler. Vitesse, stabilité, rayon de virage, capacité air-sol, verrouillage et résistance changent la manière d’aborder une mission. Les briefings prennent donc du poids, car partir avec le mauvais armement peut rendre une opération beaucoup plus pénible.

Les nuages comptent parmi les plus belles réussites du jeu, et ils ne servent pas seulement à faire joli. Ils coupent la visibilité, gênent le verrouillage, permettent de casser une poursuite et ajoutent une vraie tension pendant les alertes missile.

Traverser une couche nuageuse avec les alarmes qui hurlent, puis en ressortir face à une cible, reste un plaisir simple et puissant.
Quand le chaos brouille les ordres et le ciblage
Les ordres d’escouade ajoutent une couche tactique. La croix directionnelle permet de demander à Joker Flight un soutien, une couverture ou une attaque. L’idée colle bien à l’esprit d’escadrille de la campagne. Son exécution reste pourtant imparfaite, car les ordres paraissent parfois trop généraux et leur effet exact se mesure mal dans le chaos. J’aime sentir l’escadrille autour de moi, mais je n’ai pas toujours eu l’impression de diriger une force précise.

Le ciblage agace lui aussi dans les combats chargés. Changer plusieurs fois de cible pour verrouiller le bon avion ou la bonne défense au sol fait perdre de précieuses secondes. Quand trois missiles arrivent et qu’une cible prioritaire traverse l’écran, cette lourdeur ressort vite.
En ligne, le ciel se partage entre pilotes
Le multijoueur prolonge bien l’expérience. Ace Combat Online, le volet en ligne du jeu, propose sa propre progression, des affrontements compétitifs et des modes coopératifs. Une base virtuelle y sert de lieu de rassemblement. En Co-Op Assault, deux équipes affrontent des ennemis pilotés par l’ordinateur pour décrocher le meilleur score. Le Co-Op Warfare mêle unités terrestres, navales et aériennes autour d’objectifs d’équipe. Enfin, les modes en joueur contre joueur complètent l’ensemble, en chacun pour soi comme en équipes.

Le potentiel est réel. En ligne, j’ai envie de maîtriser mes avions au-delà de la campagne, d’optimiser mes chargements et de trouver ma place dans une escouade. Il faudra en revanche surveiller l’équilibrage, la progression et le Premium Ace Pass, une piste payante de récompenses saisonnières. Pour l’instant, le multijoueur donne surtout une bonne raison de rester dans le cockpit après le générique. La campagne solo m’a occupé une bonne vingtaine d’heures, sans me presser. Les modes en ligne enrichissent ensuite l’ensemble, et je me surprends encore à relancer certaines missions, juste pour le plaisir.
Technique d’Ace Combat 8: Wings of Theve : les avions brillent, le sol décroche
Ace Combat 8: Wings of Theve est sorti le 2 octobre 2026, et c’est sur PS5 que je l’ai joué. Il y impressionne surtout dans les airs. Les avions sont détaillés, et la météo habille bien les missions. Traînées de condensation, givre, explosions et percées de lumière donnent du relief aux combats. Le ciel est la vraie vedette. Quand plusieurs escadrilles croisent leurs missiles dans une mer de nuages, le jeu retrouve cette démesure propre à la saga.

Le moteur graphique, l’Unreal Engine 5, sert surtout les phénomènes atmosphériques. Il s’appuie pour cela sur Cloudly, un outil dédié aux nuages que Bandai Namco a développé avec le studio Q-Games. L’ensemble change vraiment les sensations de vol. Un nuage peut cacher une menace, et une couche dense peut me sauver d’un verrouillage. Une sortie de brouillard, elle, peut révéler un porte-avions, une ville attaquée ou une escadrille ennemie. Le ciel prend ainsi une vraie place dans le jeu, et pas seulement à l’écran.

Les environnements terrestres convainquent moins. Villes, bases, montagnes et zones industrielles font illusion à haute vitesse, puis perdent en force dès que l’avion passe trop près.

Les textures, les volumes et les détails au sol restent en retrait face aux avions et au ciel. Ace Combat 8 sait vendre l’altitude, mais il peine davantage à vendre ce qui se trouve dessous.
Des avions fluides, des humains plus raides
Sur PS5, le mode Performance reste le choix naturel, car il vise 60 images par seconde et donne aux combats aériens la réactivité nécessaire. Le mode Qualité améliore l’image, mais ses 30 images par seconde collent moins à la vitesse de la série. Dans les scènes très chargées, j’ai constaté quelques baisses de fluidité, sans que l’expérience cesse d’être solide. Les cinématiques à la première personne restent en revanche parfois moins fluides que les phases de vol.
L’animation des avions est soignée, des volets à la postcombustion, tout comme celle des missiles et des explosions. Les scènes avec des personnages humains restent plus raides. Cela gêne peu, car le vrai spectacle se joue en altitude. Les moments à bord de l’Endurance rappellent toutefois que Project Aces maîtrise mieux l’acier, les moteurs et les nuages que les corps et les visages.
Une bande-son taillée pour le blockbuster aérien
La bande-son est un énorme moteur d’émotion. Orchestre, guitares, montées héroïques et thèmes plus mélancoliques accompagnent les missions comme dans un blockbuster assumé. Le morceau Shadows marque particulièrement, par sa manière de transformer une bataille en scène de cinéma. La musique sait exactement quand pousser, quand respirer et quand faire décoller l’adrénaline.

Les bruitages suivent le même élan. Dans le casque, les alarmes missile, les moteurs, les explosions et la radio forment une bulle permanente. Les signaux de verrouillage et les rafales la ponctuent sans relâche. Les voix donnent vie à l’escadrille et au champ de bataille, mais elles saturent aussi parfois l’espace sonore. Entre les ordres, les sous-titres, les tirs, les missiles et les objectifs, certaines informations se perdent. L’absence de doublage français accentue ce problème pendant les phases les plus nerveuses.
L’édition collector d’Ace Combat 8: Wings of Theve : la bande originale passe au vinyle
Bandai Namco a réservé deux éditions collector à sa boutique européenne. Baptisé du nom de l’escadrille, le Joker Flight Pack coûte 149,99 euros. Il réunit l’édition Deluxe du jeu, livrée en clé Steam, et l’artbook ACES at WAR: A HISTORY 2029, un livre d’illustrations de 208 pages en anglais.


Il comprend aussi la bande originale sur deux vinyles blancs de quinze titres, avec une feutrine pour platine. Le Premium Joker Flight Pack, à 179,99 euros, y ajoute un tapis de souris XXL lumineux, illustré du porte-avions Endurance, et un écusson tissé « Wings of Theve ».
Conclusion, prix et disponibilité d’Ace Combat 8: Wings of Theve
Ace Combat 8: Wings of Theve est disponible sur PS5, Xbox Series X|S et PC, au prix de 69,99 euros, sur le site de l’éditeur et chez les revendeurs partenaires.
Images : DR
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