La caméra solaire Lexman sait faire oublier la recharge, mais pas ses faiblesses

par Yaz
9 minutes Lire

À moins de 80 euros, une caméra extérieure solaire donne forcément envie de chercher le piège. La Lexman devient intéressante parce qu’elle ne vend pas du rêve premium, mais une promesse plus simple : surveiller correctement, sans câble et sans recharge constante.

Résumé du test
Note : 7,3/10
Pour
  • L'esthétique et la conception générale
  • Le panneau solaire indépendant et son long câble de connexion
  • La qualité d'image satisfaisante en journée
  • Le mode nuit efficace
  • La détection de mouvement fiable
  • L'application Enki capable de gérer plusieurs marques
  • Le positionnement tarifaire
Contre
  • La puissance de l'alarme, bien trop faible
  • Le lissage trop important des arrière-plans sur l'image
  • L'identification des formes humaines, encore trop imprécise
  • L'absence de compatibilité avec les assistants vocaux


Leroy Merlin enrichit son catalogue connecté Lexman, et cette fois, la marque franchit un cap. Je me retrouve face à sa première caméra de sécurité extérieure, et elle carbure à l’énergie solaire. La Lexman Caméra solaire de vidéosurveillance sans fil int/ext s’intègre à l’écosystème Enki sans nécessiter de box dédiée. C’est un argument de simplicité que j’apprécie d’emblée. Le capteur monte en 2K, la détection de mouvement porte jusqu’à 9 mètres, et le panneau solaire déporté promet une autonomie quasi illimitée. Sur le papier, c’est séduisant.

Mais voilà le point qui m’a arrêté net. Cette caméra extérieure solaire est affichée à 79 euros. Soit le tarif d’une bonne caméra intérieure. La promesse est donc soit très bien tenue, soit trop belle pour être entièrement vraie. J’ai passé plusieurs mois avec elle pour trancher la question.

Fiche technique
Caméra solaire de vidéosurveillance sans fil int/ext Lexman
LEXMAN
79,99 €
Vision nocturne
IR et couleur
Resolution camera
2304 x 1296 (2K)
Angle vision
135 °
Stockage video
Carte SD
Alimentation
Solaire / Batterie
Vision nocturne
IR et couleur
Resolution camera
2304 x 1296 (2K)
Angle vision
135 °

Ce test a été réalisé avec un produit prêté par Leroy Merlin.

Sommaire

Design de la Lexman Caméra solaire : une silhouette qui assume ses références

Premier constat en sortant la caméra de sa boîte : Lexman s’est clairement inspiré d’Arlo. La silhouette oblongue, le dos arrondi, le corps blanc contrasté par une façade bombée de couleur noire, la filiation est évidente. Ce n’est pas un défaut en soi. Arlo a imposé un standard esthétique dans la surveillance extérieure.


La façade concentre l’essentiel du dispositif optique. Le capteur 2K occupe la position centrale. Un projecteur LED blanc, positionné juste en dessous, assure la vision nocturne en couleur. Des capteurs infrarouges complètent le tableau pour la vision de nuit classique, sans lumière visible.
La connectique est bien répartie sur le châssis.

Le bouton d’alimentation se loge sur la tranche droite. À l’arrière, un cache en plastique souple protège le port USB-C, qui accepte aussi bien une recharge filaire que la connexion directe au panneau solaire. Sous la caméra, un second cache similaire donne accès au port microSD et au bouton de réinitialisation. C’est également à cet endroit que se trouve le point d’ancrage du support mural.


Le gabarit est compact. Je relève 50 × 145 × 60 mm pour un poids inférieur à 400 grammes. L’assemblage est propre, les matériaux bien ajustés, et la finition générale dépasse ce que j’attendais à ce niveau de prix.

Le panneau solaire fourni dans le kit mesure 174 × 163 × 12,5 mm. Son dos intègre un point d’ancrage mural, et le câble de liaison avec la caméra atteint 5 mètres. Une longueur généreuse qui offre une vraie liberté de placement. L’ensemble, caméra et panneau, bénéficie d’une certification IP65, gage de résistance sérieuse face aux intempéries et à la poussière.

Installation de la Lexman Caméra solaire : rapide, sans prise de tête

La boîte livre l’essentiel pour une installation murale immédiate. Deux supports, des vis et des chevilles sont inclus. La procédure est identique pour la caméra et le panneau solaire, ce qui simplifie l’opération.

Je repère l’emplacement souhaité, je positionne la base du support pour marquer les points de perçage, et je fore. Les chevilles s’insèrent, le socle se fixe en quelques secondes. Il ne reste qu’à clipser la caméra sur son support et à orienter l’objectif vers la zone à surveiller. L’ensemble prend moins de dix minutes, outillage basique suffisant.

La vraie bonne idée de Lexman, c’est la dissociation entre la caméra et le panneau solaire. Contrairement à la Xiaomi BW400 Pro, dont le panneau est fusionné au corps de l’appareil, le panneau solaire Lexman se fixe indépendamment.

Il peut donc être placé à proximité immédiate de la caméra ou à distance, selon l’exposition solaire disponible. Le câble de liaison de 5 mètres fourni dans la boîte offre une liberté de placement réelle. C’est un détail qui change tout, notamment pour les facades peu exposées où caméra et soleil ne se trouvent pas du même côté.

Application Enki : la maison connectée sans multiplier les interfaces

L’application Enki est le point d’entrée unique de l’écosystème connecté de Leroy Merlin. Elle accueille aussi bien les produits Lexman que ceux d’autres fabricants compatibles, le tout sans box dédiée ni multiplication des interfaces. Pour quelqu’un qui gère déjà plusieurs objets connectés à la maison, c’est un argument concret.

L’ajout de la caméra est rapide. Je mets l’appareil sous tension, l’application le détecte automatiquement, et le paramétrage est bouclé en deux à trois minutes. Je crée ensuite les pièces de mon domicile et j’y rattache la caméra. Le processus a visiblement été rodé depuis les premières versions de l’application, et ça se sent.

L’interface principale est généreuse, peut-être un peu trop. Elle affiche l’ensemble des produits connectés, mélangés à des messages et des articles de contenu dont l’utilité varie selon les profils. Je sélectionne l’icône de la caméra et j’accède directement au flux en direct. Une grande vignette occupe le tiers supérieur de l’écran. Des icônes en haut indiquent l’état de la caméra, le mode de détection actif et le niveau de batterie, lisibles d’un coup d’œil.

Sous la vignette, une rangée de commandes rapides couvre l’essentiel. Je peux prendre une capture d’écran, lancer un enregistrement manuel, couper le micro, activer ou désactiver le haut-parleur et la LED. Un bouton bascule en plein écran. Juste en dessous, la section Détection propose trois modes distincts : désactivée, mouvement seul, ou formes humaines uniquement. La section Historique regroupe toutes les alertes générées, classées chronologiquement.

Des options à soigner :

Les Paramètres permettent d’affiner la sensibilité de détection, globale ou spécifiquement dédiée aux silhouettes humaines. Je peux aussi dessiner des zones de détection pour concentrer les alertes sur les espaces stratégiques. En revanche, je ne peux pas créer de zones de confidentialité. C’est un manque réel pour quiconque dont le champ de vision capte une portion de voie publique ou du terrain d’un voisin.

La vision nocturne se règle sur trois modes. Le noir et blanc classique, la couleur permanente, et le mode Adaptatif que je retiens comme le plus pertinent au quotidien. En mode Adaptatif, la caméra filme en noir et blanc par défaut et allume automatiquement la LED blanche dès qu’un mouvement est détecté, passant alors à un enregistrement en couleur. Un bon compromis entre discrétion et efficacité.

La surveillance avec la Lexman Caméra solaire : le 2K tient ses promesses à courte distance

Surveillance de jour :

Le capteur filme en 2K, soit 2304 x 1296 pixels, avec un champ de vision généreux de 135°. C’est une base solide sur le papier. À l’usage, le rendu de jour est correct, mais sans éclat. La colorimétrie est le premier point qui retient mon attention : les teintes sont sensiblement plus pâles que la réalité. Les couleurs existent, mais elles manquent de densité. En situation de surexposition, certaines zones lumineuses brûlent légèrement, sans que l’image ne s’effondre pour autant.

5m et 4 m

La précision, elle, reste modeste. Les formes sont bien reproduites, mais les détails fins peinent à s’imposer. Je note par exemple que ma chemise à rayures roses et blanches portée par le sujet n’est distinguable qu’à courte distance. Le traitement d’image lisse trop agressivement les arrière-plans, ce qui génère un léger flou dans les zones secondaires de la scène.

2 m et 1 m

L’identification faciale suit la même logique de progression par paliers. À 5 mètres, le visage reste difficile à lire. À 4 mètres, le contour devient plus net, mais les traits manquent de définition. Enfin, à 3 mètres, la précision monte d’un cran. C’est seulement à 2 mètres que l’identification devient pleinement fiable. Des distances courtes, mais cohérentes avec le positionnement tarifaire de l’appareil.

Surveillance de nuit :

Deux modes de vision nocturne sont disponibles. L’infrarouge classique d’abord, et la vision nocturne en couleur ensuite. Le mode infrarouge assure une lisibilité correcte au premier plan, mais le fond de scène reste brouillon dès que la distance augmente.

5m et 4m

À 4 mètres, je distingue une silhouette. Il faut descendre à 2 ou 3 mètres pour commencer à identifier un visage.

3m, 2m et 1m

Le mode couleur est visuellement plus séduisant, mais ses limites apparaissent vite. Les teintes sont trop pâles et la perception de détails reste superficielle.

5m, 4m et 3m

Paradoxalement, l’identification faciale s’avère plus efficace en infrarouge qu’en couleur.

3m, 2m et 1m

La règle est donc simple : en dessous de 2 mètres, le mode couleur prend l’avantage. Au-delà, l’infrarouge reste le choix le plus pertinent.

Détection de mouvement

La détection de formes humaines est le point le plus décevant de ce test. La caméra confond régulièrement un parasol ou les branches d’un arbre avec une silhouette. Les fausses alertes s’accumulent et finissent par décourager l’usage de ce mode. La détection de mouvement classique est nettement plus fiable. Elle fonctionne correctement jusqu’à 7 mètres en journée, et jusqu’à 5 mètres une fois la nuit tombée.

J’ai soumis la caméra à un protocole plus exigeant, face à une grille de parking située à 6 mètres. Malgré une tentative de forçage active sur la structure, aucun signal, aucune alerte. La détection ne s’est déclenchée qu’au moment où j’ai franchi le portail, avec une notification immédiate sur le mobile. La réactivité est là, mais la portée réelle de détection reste en deçà des 9 mètres annoncés par le constructeur.

Audio de la Lexman Caméra solaire : le micro fait le minimum, la sirène aussi

La caméra embarque un micro et un haut-parleur. Le micro assure le service minimum. La captation est correcte dans un rayon de 2 à 3 mètres, à voix normale. Les chuchotements passent à travers les mailles du filet, et au-delà de cette distance, la voix devient rapidement inintelligible. La communication bidirectionnelle fonctionne dans ces limites, sans les dépasser.

L’alarme intégrée est le point le plus faible de cette section. Je mesure 70 décibels au maximum. C’est suffisant pour surprendre un intrus inexpérimenté et peut-être alerter un voisin de palier en appartement. En maison individuelle, personne ne l’entendra depuis l’extérieur. Face à un cambrioleur déterminé, ce niveau sonore ne constitue pas un obstacle sérieux.

Autonomie de la Lexman Caméra solaire : le panneau solaire fait vraiment le travail

Ce qui impressionne ici, ce n’est pas la capacité de la batterie en elle-même. C’est la régénération quasi permanente qu’assure le panneau solaire au quotidien. J’ai commencé le test avec une charge à 100 %, en conditions intensives, détections multiples et notifications en rafale. Au bout d’une semaine, la jauge affichait encore 87 %, un résultat solide.

En usage normal, c’est encore plus éloquent. La batterie se stabilise entre 95 et 98 % et n’en bouge pratiquement plus. Le panneau solaire compense la consommation en temps réel, et le câble de 5 mètres joue un rôle central dans cette performance. Je peux positionner le panneau là où le soleil frappe le plus fort, indépendamment de l’emplacement de la caméra. C’est un avantage décisif face à la Xiaomi BW400 Pro, dont le panneau est fusionné au corps et contraint donc à un compromis permanent entre angle de surveillance et exposition solaire.

Sur six mois de test, alternant périodes ensoleillées et séquences de ciel couvert prolongées, je ne suis jamais descendu en dessous de 50 % de batterie. Une caméra extérieure qui se recharge seule et ne réclame aucune intervention, c’est précisément ce que promet Lexman. Et sur ce point, la promesse est tenue.

Conclusion, prix et disponibilité de la :

La Lexman Caméra solaire de vidéosurveillance sans fil int/ext est disponible en blanc au prix conseillé de 79,99 euros.

FAQ – Lexman Caméra solaire de vidéosurveillance sans fil int/ext

Que vaut la qualité d’image en journée sur cette caméra solaire Lexman ?

La vision nocturne de la caméra Lexman est-elle efficace ?

Peut-on vraiment identifier un visage avec la caméra Lexman à 4 ou 5 mètres ?

La détection de mouvement de la caméra solaire Lexman est-elle fiable ?

La détection de formes humaines de la Lexman est-elle vraiment utile ?

Quelle est la vraie portée de détection de la caméra solaire Lexman ?

Le panneau solaire de la caméra Lexman recharge-t-il vraiment la batterie au quotidien ?

Quelle autonomie peut-on espérer avec la caméra solaire Lexman ?

L’installation de la caméra solaire Lexman est-elle simple ?

Que vaut l’application Enki avec la caméra de vidéosurveillance Lexman ?

Peut-on utiliser la caméra Lexman sans box domotique ?

La caméra solaire Lexman est-elle compatible avec Alexa ou Google Home ?

Que vaut l’alarme intégrée de la caméra solaire Lexman ?

Cette caméra Lexman est-elle un bon choix pour surveiller une maison ou un jardin ?

La caméra solaire Lexman vaut-elle le coup à 79,99 euros ?

Photos : Nomade Urbain

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