Ce n’est pas la vitesse qui manque aux voitures électriques, c’est le caractère. Cette berline, elle, compte bien en avoir. Sous le pied droit, un moteur qui hausse le ton, une réserve de puissance à réveiller d’un bouton rouge, et l’envie soudaine de s’offrir un détour par une route déserte. Ou mieux encore, un circuit.
Une voiture électrique ne fait pas de bruit, ne change pas de rapports et livre tout son couple d’un seul bloc. La Hyundai IONIQ 6 N a été dessinée pour contredire ces trois évidences. Depuis des années, les amateurs de conduite adressent le même reproche aux sportives à batterie : l’accélération est franche, parfois brutale, mais le plaisir retombe vite, faute de son et de sensations pour l’accompagner. Cette berline électrique de 650 chevaux prend le problème de front. Elle succède à l’IONIQ 5 N, commercialisée en France depuis 2023, qui avait déjà prouvé qu’une électrique pouvait amuser sur un circuit. Aperçue au Festival de vitesse de Goodwood en 2025, elle se dévoile aujourd’hui avec sa fiche technique complète.
Sommaire
Une berline électrique taillée pour la performance
Avant même de rouler, l’IONIQ 6 N impose sa silhouette. Elle reprend la carrosserie fuyante de l’IONIQ 6, ce profil de goutte d’eau que Hyundai appelle Streamliner, et la muscle : ailes élargies, fine lame rouge sous le pare-chocs, jantes forgées de 20 pouces et un large aileron arrière en col de cygne, hérité de la compétition. La marque revendique un coefficient de traînée de 0,27, gage d’un air qui glisse sur la carrosserie plutôt que de la freiner.


Sous cette robe, deux moteurs et une batterie de 84 kWh. Hyundai annonce 650 chevaux une fois le N Grin Boost enclenché, 770 Nm de couple, le 0 à 100 km/h expédié en 3,2 secondes et une pointe à 257 km/h. Des chiffres de vraie sportive, que la marque avance et que nous n’avons pas encore mesurés. Côté endurance, elle vise 487 km d’autonomie en cycle WLTP. Ainsi qu’une recharge de 10 à 80 % en dix-huit minutes sur une borne rapide. Le reste du châssis suit la même philosophie : caisse raidie, différentiel à glissement limité, suspension entièrement revue et freins de 400 mm à l’avant. De quoi encaisser un après-midi sur circuit autant que les trajets de la semaine.

À bord, l’ambiance reste fidèle au programme. Sièges baquets en Alcantara et cuir, volant frappé du logo N, surpiqûres et inserts bleu Performance : une sportive jusque dans les détails, avant même la première accélération.
Hyundai IONIQ 6 N : les sensations d’une sportive thermique, recréées
Tout le pari de Hyundai tient dans une idée : rendre à l’électrique ce que la mécanique lui a pris. Le système N e-Shift simule des passages de rapports, avec des à-coups et une rupture à la montée, comme une boîte de course qui claque. Le N Active Sound+ ajoute la bande-son ! Il s’agit d’un moteur de synthèse diffusé dans l’habitacle et à l’extérieur. Il se décline en trois univers, du grondement mécanique au souffle futuriste. Ce n’est pas le hurlement d’un six-cylindres. C’est un son pensé pour relier le conducteur à la voiture, par l’oreille autant que par le pied droit.


Le reste de l’arsenal vise le même plaisir. Le N Grin Boost libère toute la puissance pendant dix secondes, le temps d’un dépassement ou d’une ligne droite. Le N Drift Optimizer aide à placer la voiture en travers, pour ceux qui s’aventurent sur circuit. Un bouton rouge sur le volant, marqué NGB, met cette réserve de puissance à portée de pouce. Trois modes, du confort quotidien au réglage piste, font passer la berline d’un usage à l’autre. Sur le papier, Hyundai promet une électrique qui s’adresse enfin aux sens, pas seulement au chronomètre. Reste à en juger au volant.

Prix et disponibilité
La Hyundai IONIQ 6 N est disponible au prix de 79 000 euros, sur le site de la marque et chez les revendeurs partenaires.
Source : Hyundai
Photo : DR