J’attendais un Zelda-like en 2D-HD, The Adventures of Elliot m’a surtout redonné le goût des grandes quêtes

par Maritsa
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The Adventures of Elliot aurait pu rester un hommage poli aux Zelda en vue de dessus. Il s’en écarte dès que la 2D-HD prend le rythme de l’action en temps réel, portée par un monde qui se déplie sur mille ans et finit par exister pour lui-même.

Résumé du test
Note : 8,3/10
Pour
  • La 2D-HD de Square Enix,
  • Le passage à l'action en temps réel
  • Une bande-son fantastique
  • Une exploration généreuse
  • Faie, une fée bien utile
  • Sept armes complémentaires évolutives
  • Un voyage temporel qui tisse une intrigue prenante
  • Plusieurs fins à débloquer
  • Une bonne trentaine d'heures de jeu
Contre
  • Une structure répétitived'un âge à l'autre
  • Le système de Magilithes manque de profondeur
  • Un démarrage un peu lent et bavard
  • Quelques baisses de framerate en portable lors des gros affrontements
  • Une autonomie qui fond à vue d'œil en mode nomade



Depuis Octopath Traveler, la sublime 2D-HD de Square Enix rimait invariablement avec tour par tour. La Team Asano a beau avoir enchaîné les pépites (les deux Octopath, Triangle Strategy, Bravely Default). Jamais ce mariage de pixel art et de relief 3D ne s’était risqué à l’action en temps réel. C’est désormais chose faite. Prendre la formule du Zelda en vue de dessus, celle qui a bercé mon enfance, et la draper dans les plus beaux atours de l’éditeur : voilà le pari. Manette en main, j’ai immédiatement retrouvé ce petit frisson des grandes aventures d’antan, avec son exploration, ses donjons, ses fragments de cœur, ses sanctuaires et ses trésors planqués. Mais l’hommage tient-il vraiment la distance sur une bonne trentaine d’heures ?

Fiche technique
The Adventures of Elliot: The Millennium Tales
Square Enix
À partir de 69,99 €
Plateformes
PS5 / Xbox / PC
Genre
Action RPG
Disponibilité
18 juin 2026
Modes FPS
Switch 2 jusqu'à 60 fps
Taille du téléchargement
16 à 20 Go
Plateformes
PS5 / Xbox / PC
Genre
Action RPG
Disponibilité
18 juin 2026
Comment sont testés les jeux vidéo chez NomadeUrbain.fr ?

Chaque jeu est évalué avec une grille de test précise mêlant rigueur technique et plaisir de jeu. Nous analysons la configuration, la direction artistique, les graphismes, les performances (résolution, fluidité), le gameplay, la richesse de l’univers, et la qualité de l’écriture. Les tests sont réalisés sur PC et toutes les consoles next-gen en conditions réalistes, avec un affichage calibré et plusieurs types de son (casque, home cinéma).

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Ce test a été réalisé à partir d’un produit prêté par Square Enix.

Sommaire

Scénario et qualité d’écriture de The Adventures of Elliot : il était une fois, mille fois

L’aventure prend place à Philabieldia, un continent envahi par les hommes-bêtes où l’humanité ne tient plus qu’à un fil. Son dernier bastion, le royaume d’Huther, doit sa survie à une barrière magique érigée par la princesse Heuria. C’est dans ce décor que j’incarne Elliot, un jeune aventurier orphelin qui passe ses journées à fouiller les ruines au-delà des remparts. Lors de l’une de ses expéditions, il met la main sur une mystérieuse Porte du temps. Puis fait la rencontre de Faie, une petite fée au caractère bien trempé. Le duo se lance alors dans un périple qui ne traverse pas seulement le continent, mais aussi mille ans d’Histoire.

Je n’en dévoilerai pas beaucoup plus. Car une grande partie du sel de l’écriture tient justement à la façon dont mes actions dans le passé viennent peu à peu redessiner les époques suivantes. Le titre s’articule autour de quatre âges qui partagent une même carte. Je les visite et les revisite à différents moments de leur histoire. Ainsi, ce que je modifie dans l’un finit toujours par avoir des répercussions sur les autres. Un grand vizir aux desseins troubles, bien décidé à réécrire le passé à son avantage, vient créer une intrigue qui se déploie par couches successives. Sur le papier, le pitch reste un classique « sauvons le monde ». Toutefois cette mécanique temporelle lui offre une saveur particulière qui donne envie de tirer le fil jusqu’au bout.

Tout n’est pas parfait pour autant. Le démarrage se montre un peu poussif et très bavard. Ainis, j’ai dû encaisser pas mal de dialogues avant que l’aventure ne décolle franchement. Heureusement, une fois la machine lancée, l’écriture trouve son rythme et déroule une véritable épopée. Qui est portée par des personnages que j’ai pris plaisir à retrouver d’une époque à l’autre. Petite précision pour les complétistes : le jeu cache trois fins, dont une « vraie » fin qui se mérite. Là où la plupart des aventures vous laissent filer vers leur conclusion, Elliot verrouille la sienne derrière un long chapelet de conditions (collecte de chats comprise) et ne vous tient jamais la main. De quoi explorer chaque recoin de chaque âge et prolonger sérieusement le séjour à Philabieldia avant d’en voir le vrai mot de la fin.

La jouabilité de The Adventures of Elliot : Zelda dans le cœur, la série Mana dans les veines

Si la comparaison avec Zelda saute aux yeux, manette en main je me suis surtout retrouvée en terrain Seiken Densetsu (la série des Mana), avec un soupçon de Chrono Trigger pour le voyage dans le temps. Vous explorez librement des biomes très variés (forêts, étendues gelées, déserts, marécages), tous truffés de coffres, de raccourcis, de passages secrets, de sanctuaires et de donjons. Ajoutez à cela la récolte de fragments de cœur, quelques phases de plateforme et un système de voyage rapide bien pensé. Vous obtenez un terrain de jeu généreux qui m’a happée pendant de longues heures.

Côté combat, exit le tour par tour : place à de l’action en temps réel franchement nerveuse. La transition est une réussite. Sept types d’armes sont à votre disposition (épée, boomerang, lance, arc, bombes, marteau, faucille). Chacune possède ses forces et ses faiblesses, et évolue au fil de l’aventure. Elles ne servent pas qu’au combat. Ainsi, les bombes font sauter les rochers, et les flèches actionnent des interrupteurs à distance. C’est tout l’esprit du genre, et ça fonctionne à merveille pour épicer l’exploration comme la résolution d’énigmes.

Pour personnaliser tout ça, le jeu mise sur les Magilithes, que je façonne à partir de fragments lâchés par les ennemis. Je les sertis sur mes armes contre quelques Tuls, la monnaie locale. Le système fonctionne, mais je dois reconnaître qu’il manque de profondeur. L’essentiel se résume à grappiller du dégât ou du coup critique,. Je l’ai assez vite mis de côté sans que mon expérience n’en pâtisse vraiment. Là où le jeu marque davantage de points, c’est avec Faie. Difficile de ne pas penser à la Navi de Zelda, sauf que la petite fée en fait bien davantage. En effet, elle gagne ses propres pouvoirs, combat à mes côtés et devient un atout central pour déjouer les énigmes.

L’aventure se prépare

Entre les quêtes annexes, je peux faire évoluer un camp de base façon construction de village. Puis des mini-jeux débloquent des pistes musicales, le contenu ne manque pas. Comptez une bonne trentaine d’heures pour boucler l’histoire principale. À noter aussi la présence d’un mode coopératif local. Dans lequel un second joueur prend les commandes de Faie pour épauler Elliot. Honnêtement, ça reste anecdotique : Faie n’est qu’un personnage de soutien, sans réelle progression propre, et le partage n’enrichit pas vraiment le gameplay. C’est sympa pour découvrir l’histoire à deux et faire participer un proche moins à l’aise avec la manette. Sans plus mais cela a surtout le mérite d’exister.

Mon seul vrai regret se niche dans la structure. A force de revisiter une carte commune d’un âge à l’autre, avec une disposition de donjons globalement similaire et des ennemis qui reviennent d’une époque sur l’autre, j’ai fini par ressentir une certaine répétitivité. Le monde évolue bien d’un âge à l’autre, mais pas suffisamment pour gommer ce sentiment de redite. Rien de rédhibitoire pour autant, mais sur la longueur, l’impression de refaire les mêmes chemins finit par poindre.

La technique de The Adventures of Elliot : la 2D-HD n’a jamais aussi bien porté son nom

Visuellement, c’est un sans-faute ou presque. La 2D-HD fait toujours autant d’effet, et la voir enfin servir un jeu d’action lui va comme un gant. Les effets de particules, les scintillements de la neige, la lumière qui caresse chaque biome : j’en ai régulièrement pris plein les yeux. La diversité des environnements, du désert écrasé de soleil aux étendues glacées, donne une identité forte à chaque région que je traverse. Ensuite, c’est un vrai plaisir de voir ces décors se métamorphoser au gré des époques.

Sur Nintendo Switch 2, l’expérience tient solidement la route, avec une fluidité majoritairement calée sur du 60 images par seconde. Ce qui est indispensable pour préserver le punch des affrontements. J’ai seulement noté quelques rares baisses de framerate en mode portable lorsque l’écran se remplit d’ennemis. Sans que cela ne vienne réellement gâcher le plaisir manette en main. Bonne nouvelle : le jeu est tout aussi beau en mode nomade qu’en mode docké. Je n’ai constaté aucune perte de finesse une fois la console détachée. Petit revers de la médaille, en revanche : en portable, la batterie fond comme neige au soleil. Je n’ai pas pu en déterminer la cause exacte, mais j’y vois le signe d’un titre plutôt gourmand. A garder en tête si vous comptez l’emporter en voyage loin d’une prise.

Et puis il y a la bande-son. Composée par Tomohiro Nakamachi et Hayato Moriya, elle est tout bonnement fantastique et se hisse au niveau de ce que j’attends d’une production Square Enix, dans la lignée des Octopath Traveler ou des Final Fantasy. Mention spéciale aux arrangements qui habillent chaque époque d’une couleur musicale qui lui est propre : un régal du début à la fin, qui accompagne parfaitement le souffle épique de l’aventure.

Conclusion et prix de The Adventures of Elliot

The Adventures of Elliot: The Millennium Tales est disponible sur Nintendo Switch 2, PS5, Xbox Series et PC, au prix de 69,99 euros en édition standard (79,99 euros pour la Digital Deluxe) sur le site de l’éditeur ou chez les revendeurs partenaires.


FAQ – The Adventures of Elliot: The Millennium Tales

La 2D-HD de Square Enix fait-elle vraiment merveille dans The Adventures of Elliot ?

Le passage à l’action en temps réel est-il une réussite ?

Le voyage dans le temps donne-t-il une vraie profondeur à l’aventure ?

L’histoire de The Adventures of Elliot est-elle vraiment prenante sur la durée ?

Faie est-elle plus qu’une simple fée d’accompagnement ?

Les sept armes évolutives renouvellent-elles vraiment le gameplay ?

Le système de Magilithes est-il trop limité pour convaincre ?

L’exploration est-elle assez généreuse pour tenir sur une trentaine d’heures ?

La structure par âges finit-elle par devenir répétitive ?

Le mode coopératif local apporte-t-il une vraie valeur au jeu ?

Les performances sur Nintendo Switch 2 sont-elles solides en portable comme en docké ?

L’autonomie en mode nomade pose-t-elle vraiment problème ?

La bande-son est-elle l’un des grands points forts du jeu ?

The Adventures of Elliot: The Millennium Tales vaut-il le coup ?

Photos : Maritsa

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