J’ai redécouvert les frissons et l’adrénaline de la piraterie en lançant Assassin’s Creed Black Flag Resynced, un remake fidèle qui flatte les rétines.

par Yaz
Publié : Dernière mise à jour le 6 minutes Lire
Bataille navale au coucher du soleil dans Assassin's Creed Black Flag Resynced

Assassin’s Creed Black Flag Resynced vous promet de reprendre la barre là où vous l’aviez laissée en 2013, sur une mer qui n’a jamais semblé aussi vivante. Mais à trop respecter l’original, le remake n’a-t-il pas gardé aussi de vieux cordages ?

L’avis de Yaz
Note : 8,5/10
Pour
  • Des Caraïbes splendides
  • Une navigation plus immersive
  • Le Jackdaw, plus riche à améliorer
  • Des batailles navales plus variées
  • L'accroupissement libre en infiltration
  • Un contenu inédit bien intégré
  • Des chants de marins excellents
  • Plus aucun chargement en ville
Contre
  • Un parkour encore capricieux
  • Des combats vite répétitifs
  • Des missions à la structure datée
  • Des tempêtes trop fréquentes
  • Freedom Cry absent
  • Des statues et tenues rhabillées
  • La chasse imposée pour progresser
  • Des personnages secondaires peu retravaillés


Je pensais retrouver un bon souvenir. J’ai surtout repris une claque de sel, de canons et de chants de marins. Assassin’s Creed Black Flag Resynced ramène Edward Kenway et son navire, le Jackdaw, dans des Caraïbes entièrement recréées, où la mer n’y a jamais paru aussi vivante. Ce remake n’a rien d’un simple lifting en haute définition. La mer gagne en présence, l’infiltration respire mieux, le navire prend de la profondeur, et du contenu inédit enrichit la traversée. Pourtant, plus je jouais, plus j’ai découvert de coutures un peu trop apparente.

Fiche technique
Assassin's Creed Black Flag Resynced
Ubisoft
59,99 €
Plateformes
PS5 / Xbox / PC
Genre
Action-aventure
Joueurs
1
PEGI
18
Mode de jeu
Solo
Plateformes
PS5 / Xbox / PC
Genre
Action-aventure
Joueurs
1
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Nous jouons sur une version fournie par l’éditeur, ou achetée par nos soins, et nous le précisons toujours en tête d’article. Sur PC, nous testons sur une machine haut de gamme, puis nous vérifions le comportement sur la configuration recommandée par l’éditeur. Côté salon, nous jouons sur PlayStation 5 en modes Performance et Fidélité, sur Xbox Series X dans les mêmes conditions, puis sur Nintendo Switch et Switch 2. Le son passe par un kit 2.1, un kit 5.1 et un casque 5.1.

Nous jugeons d’abord l’écriture, la profondeur des personnages et le rythme du récit. Vient ensuite la jouabilité, avec ses mécaniques, sa courbe de progression et l’ergonomie de ses menus. Nous séparons volontairement la direction artistique des graphismes : un jeu peut être techniquement modeste et visuellement superbe. La bande-son, le doublage et le sound design ont leur propre note. La partie technique juge enfin le rendu, l’animation, la fluidité, les temps de chargement et les bugs rencontrés.

Neuf critères reçoivent chacun leur note, et la note globale en est la moyenne simple, sans pondération. Vous y trouverez un critère que peu de sites osent isoler : le fun. Une jouabilité irréprochable peut profondément ennuyer, quand un système bancal enthousiasme cinquante heures durant. Nous notons donc séparément ce qui fonctionne et ce qui donne envie de relancer une partie.

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Ce test a été réalisé sur une version PC envoyée par Ubisoft.

Scénario et écriture d’Assassin’s Creed Black Flag Resynced : Edward reprend la mer, pas toute sa copie

Le remake signé Ubisoft suit toujours Edward Kenway. Ce pirate gallois est attiré par l’or, la gloire et la liberté violente que promettent les Caraïbes du XVIIIe siècle. Edward n’entre pas dans l’histoire en Assassin convaincu. Il pense d’abord à sa fortune, à son navire, aux prises faciles et à la vie qu’il compte arracher à coups de sabre. Cette ambition le fait glisser dans un conflit qui le dépasse. D’un côté, les Assassins défendent le libre arbitre ; de l’autre, les Templiers veulent imposer leur contrôle au nom de l’ordre.

La grande trame reste très proche de celle de 2013, et le remake ne réécrit pas Edward en profondeur. Il garde ses qualités, son charme, son insolence et son énergie de voleur des mers qui découvre trop tard le poids de ses choix. Il garde aussi ses limites. Edward paraît en effet parfois moins intéressant que ceux qui gravitent autour de lui. Barbe Noire, Stede Bonnet ou James Kidd donnent souvent plus d’épaisseur à l’aventure, par leur présence, leur mystère ou leur folie douce. Resynced embellit l’écrin sans transformer tout à fait le héros.

Gros plan sur le visage de Barbe Noire, menaçant, à la lueur des braises
Barbe Noire, souvent plus marquant que le héros.

Les ajouts apportent tout de même du neuf. De nouvelles missions, des intrigues supplémentaires et un chapitre après la fin prolongent la traversée, et Ubisoft annonce environ six heures de contenu inédit. Ce dernier chapitre lance Edward sur la piste du chasseur de pirates Robert Maynard. Trois officiers rejoignent aussi le Jackdaw : Lucy Baldwin, le Padre et Tobias Smith. Loin d’être de simples noms à cocher, ils racontent chacun une part de ce monde de pirates, puis débloquent des capacités utiles en mer. Voilà une raison de plus de s’attacher à ces nouvelles recrues.

Des souvenirs revisités, des pirates rhabillés

Le remake remplace aussi en partie les séquences modernes de l’original, qui se déroulaient de nos jours dans les bureaux de la société Abstergo. À leur place, des failles de l’Animus, la machine qui fait revivre les souvenirs d’Edward, proposent des détours narratifs. Chacune ressemble à un « et si… ? » autour d’Edward, de ses regrets et de figures comme Barbe Noire ou James Kidd. L’idée fonctionne mieux que les couloirs froids du présent, qui cassaient souvent le rythme de l’original. J’ai préféré ces parenthèses, plus élégantes et plus proches du cœur émotionnel du jeu, même si elles restent en marge et ne refondent pas l’écriture.

Comparaison entre 2013 et Resynced, figure de proue et tenue d'Anne Bonny désormais couvertes
En haut l’original de 2013, en bas Resynced : la figure de proue et Anne Bonny ont été rhabillées.

Le vrai plaisir du récit vient encore de la piraterie, ce fantasme si vivace en nous. L’or, la liberté, la trahison, l’alcool, les trafics, les rêves trop grands et les morts absurdes s’y mêlent. C’est pourquoi certains changements m’ont gêné, car Resynced semble parfois vouloir rhabiller Black Flag, au sens propre comme au figuré. La figure de proue qui affichait une poitrine nue est désormais couverte, et la tenue d’Anne Bonny a été refermée. Les silhouettes des ports, des tavernes et des maisons closes paraissent aussi plus sages et plus uniformes. Je ne réclame pas de la nudité partout, et je ne confonds pas la piraterie avec une carte postale graveleuse. Je demande de la cohérence. Les statues, les figures de proue, les corps, l’alcool, l’argent sale et la violence faisaient partie du grain de cet univers. Vue de France, cette pudibonderie paraît étrange. Personne ne demandait au remake d’en rajouter. Il suffisait de ne pas avoir peur de ce que l’original assumait déjà.

Jouabilité d’Assassin’s Creed Black Flag Resynced : plus souple, mais toujours pas débarrassé de 2013

À terre, la meilleure amélioration concerne l’infiltration : Edward peut désormais s’accroupir où il veut. Dans un Assassin’s Creed aussi porté sur les plantations, les forts, les camps et les assassinats depuis les buissons, ce détail change beaucoup. Le jeu me signale mieux quand je suis visible, rend les filatures moins punitives et donne plus d’utilité aux outils. Une poignée de pièces lancée attire mieux les gardes, et les fléchettes se manient plus naturellement.

Edward caché derrière un pilier observe deux personnages dans une taverne
Accroupi, à couvert : l’infiltration gagne en souplesse.

Cette souplesse fait du bien. J’observe une zone, je passe par un toit et je me glisse dans la végétation. J’attire un garde, je neutralise une patrouille, puis je repars sans déclencher l’alerte générale. Les missions y gagnent un agrément dont je n’avais pas le souvenir. Resynced n’a pas pour autant l’étoffe d’une grande simulation d’infiltration. Les gardes, dirigés par l’ordinateur, restent permissifs et oublient vite, car le jeu privilégie toujours le confort à la tension. L’ensemble est plus fluide et plus plaisant, sans être beaucoup plus exigeant, voir trop facile.

Des combats nerveux, un parkour d’un autre âge

Les combats ont eux aussi été modernisés. Edward dispose de parades, de coups qui brisent la garde, de tirs rapides au pistolet, de frappes qui désorganisent ses adversaires et d’exécutions plus nerveuses. Une jauge de posture apporte un peu de rythme : je déstabilise un ennemi, je l’achève, puis j’enchaîne. Le Démolisseur, un nouvel ennemi armé d’un tromblon qui crache le feu et de grenades, oblige parfois à sortir du simple réflexe de parade.

Edward croise le fer sous une pluie battante
Parades, brise-gardes et exécutions plus nerveuses.
Edward affronte des gardes dans un fort en flammes
Des combats efficaces, mais vite répétitifs.

Le système reste globalement simple, la boucle revient pourtant vite : parade, ouverture, exécution, nouvel adversaire, même réflexe. Pendant les abordages, la caméra se perd aussi entre le pont, les cordages, les ennemis et le décor. Les combats restent efficaces quand la mise en scène explose autour de moi. Ils manquent pourtant de variété pour porter toutes les heures de jeu. J’ai pris plaisir à trancher, tirer et bondir, tout en sentant l’automatisme revenir.

Edward accroupi sur un toit, au-dessus des clochers et des maisons d'une ville coloniale
Sur les toits, le parkour garde quelques réflexes de 2013.

Le parkour, l’art de courir et d’escalader les toits propre à la série, reste le vieux fantôme du navire. Ubisoft a ajouté le saut manuel, des tyroliennes, des mouvements plus naturels et quelques options venues des épisodes récents. Pourtant, Edward grimpe encore là où je ne veux pas et saute dans la mauvaise direction. Il s’accroche aussi à un rebord inutile ou refuse une branche évidente. En ville, cela passe encore, mais dans les arbres, aux fenêtres ou dans les passages étroits, cela agace vraiment. Le remake garde là ses vieux cordages : la surface a changé, mais certains réflexes sentent encore 2013.

En mer, le Jackdaw reprend le dessus

En mer, en revanche, le charme reprend vite le dessus. Le Jackdaw reste l’un des meilleurs personnages de la saga. Je renforce sa coque, j’améliore ses canons, j’achète des munitions et je recrute des officiers, puis je repars piller des navires plus gros que moi. Les batailles navales gagnent en profondeur grâce aux tirs secondaires, aux mortiers retravaillés, aux canons sur pivot et aux capacités de l’équipage. Je dois jauger le vent, la distance et le type d’ennemi avant de choisir le bon moment pour l’abordage.

Le Jackdaw toutes voiles dehors sur une mer calme, entre des îlots
Le Jackdaw, toujours l’un des meilleurs personnages de la saga.

Le cycle du pillage et des améliorations fonctionne toujours aussi fort. Le Jackdaw engloutit l’or et les ressources comme un gouffre flottant, et ce besoin permanent nourrit le fantasme pirate. Je pille parce qu’il me faut de l’acier, et je coule un navire parce que ma coque ne tiendra pas face au prochain fort. Une amélioration me tend les bras ? Je prends le risque. Cette logique donne une vraie colonne vertébrale à l’exploration.

Un monde ouvert qui manque parfois de tri

Le monde ouvert reste massif. Villes, jungles, forts, îles et criques se partagent la carte. Partout, une activité guette le joueur pour le détourner de sa route : la plongée, la chasse au trésor, le harponnage, les contrats, la gestion d’une flotte, l’artisanat ou l’aménagement d’une île privée. Black Flag n’a jamais cessé de faire dévier le joueur de son cap, mais certaines activités ont mieux vieilli que d’autres. Les plongées retravaillées peuvent être magnifiques, alors que la nage libre sert parfois à ramasser trois ressources dans un coin trop calme. Les nouvelles petites îles, elles, ne récompensent pas toujours l’effort demandé pour les explorer.

Edward explore en plongée un fond marin couvert de coraux
Les plongées retravaillées peuvent être magnifiques.
Edward surplombe une crique et un navire depuis la jungle
Jungles, criques, forts : le monde ouvert reste massif.

La chasse est toujours présente et vous aurez de multiples proies, de la plus humble, au requin, ou la baleine pour améliorer votre équipement. Comptez une trentaine d’heures pour la trame et une bonne part des activités secondaires, davantage pour tout terminer. Resynced ne manque pas de matière. Il manque parfois de pertinence.

Technique d’Assassin’s Creed Black Flag Resynced : les Caraïbes sont sublimes, les rides remontent parfois

Resynced réussit visuellement son grand numéro. Les Caraïbes ont rarement eu autant de présence dans un jeu vidéo. L’eau, les reflets, les couchers de soleil, les jungles trempées, les ports, les tempêtes et les villes gagnent en densité. Ubisoft a reconstruit le jeu sur la dernière version d’Anvil, son moteur maison. Celle-ci apporte le ray tracing, qui calcule les reflets et la lumière de façon réaliste. S’y ajoutent une météo dynamique, des matériaux plus modernes et des objets destructibles. Les transitions entre la mer, les îles et les grandes villes deviennent plust naturelles. Plus aucun chargement n’interrompt l’entrée dans les grands lieux, et la navigation y gagne énormément en confort.

Un port des Caraïbes et ses navires au mouillage, au pied des collines
Des ports, des villes et des jungles plus denses.
Edward à la proue d'une barque face à des pitons rocheux et une eau turquoise
L’eau et la lumière, grandes gagnantes de la refonte.

Le remake atteint son sommet quand il laisse la mer s’exprimer. Je pense à une traversée au soleil couchant, quand les chants de marins montent et que le bois du Jackdaw craque. Puis les vagues frappent la coque, un orage tropical avale l’horizon, et là, j’ai kiffé sans réserve. Le jeu retrouve alors ce que Black Flag avait de plus puissant. Ce n’est pas l’envie de cocher des icônes sur une carte, mais celle de larguer les amarres pour voir ce qui attend derrière une ligne d’eau.

Des tempêtes trop zélées, des visages fatigués

La météo dynamique impressionne, mais elle abuse parfois de ses effets. Les tempêtes sont magnifiques, dangereuses, sonores, presque physiques. Elles reviennent pourtant trop souvent, surtout quand je veux profiter d’une lumière claire, d’une route tranquille ou d’une approche propre vers un objectif. Les visages et certaines cinématiques sont plus inégaux. Edward et les grands personnages tiennent la route. Chez plusieurs personnages secondaires, en revanche, les barbes, les chevelures ou les animations rappellent que tout n’a pas été reconstruit avec la même ambition. Certaines scènes semblent même reprises presque telles quelles de l’original.

Edward bondit sur un garde au milieu d'un marché
Les animations de combat sont soignées, les visages secondaires moins.

La frontière entre remake et simple remastérisation de luxe se brouille alors. Resynced fait bien plus qu’appliquer une couche de peinture fraîche, mais il modernise parfois l’enveloppe sans oser refaire toute la charpente. Sur notre PC de test, équipé d’une GeForce RTX 4080, la mer et la lumière justifient presque à eux seuls la refonte.

Un équipage qui chante, un monde qui parle français

La bande-son reste l’une des grandes réussites du jeu. Les chants de marins reviennent, avec de nouveaux morceaux, et ils font toujours autant pour l’âme de la traversée. Les thèmes réorchestrés, les canons, les vagues, le bois, le vent et les cris des abordages donnent du coffre aux Caraïbes. La localisation française complète apporte aussi un vrai confort. Dans un monde aussi bavard, suivre les dialogues en français sans en perdre les nuances aide beaucoup.

Edward à la barre du Jackdaw, son équipage sur le pont
Sur le pont, les chants de marins accompagnent chaque traversée.

Reste une impression étrange. Resynced sublime parfois Black Flag, puis laisse surgir une animation ancienne, une mission trop fidèle, une caméra pénible ou un détail rhabillé sans raison. C’est beau, très beau même, mais pas toujours aussi neuf que le mot remake le promet.

L’édition collector d’Assassin’s Creed Black Flag Resynced : Edward en figurine, et un journal de bord en cuir

Ubisoft propose une édition collector officielle, que je n’ai pas eue entre les mains. D’après l’éditeur, elle réunit une figurine d’Edward de 31 centimètres, un journal de bord en cuir, un steelbook, une broche, un artbook et une carte en tissu. Elle est affichée à 199,99 euros, contre 59,99 euros pour l’édition standard et 69,99 euros pour l’édition Deluxe.

Conclusion, prix et disponibilité d’Assassin’s Creed Black Flag Resynced

Assassin’s Creed Black Flag Resynced est disponible sur PS5, Xbox Series et PC, au prix de 59,99 euros, sur le site de l’éditeur et chez les revendeurs partenaires.

Images : DR

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