Et si Final Fantasy n’avait jamais quitté le pixel art ? Final Fantasy Resonance m’a offert cette parenthèse enchantée, entre combats au tour par tour, musique envoûtante et héros de la saga venus me prêter main-forte.

par Yaz
4 minutes Lire
Une créature ailée en pixel art joue de la harpe dans un éclat de lumière, dans Final Fantasy Resonance

Final Fantasy Resonance vous invite à revivre la saga telle qu’elle aurait pu grandir en pixel art, avec des héros en 2D plongés dans des décors en trois dimensions. Square Enix y promet les échos de vos personnages préférés pour renforcer votre groupe. Mais cette parenthèse enchantée a-t-elle aussi gardé le sens du défi ?

Final Fantasy Resonance pose une question que je trouve particulièrement séduisante : quelle allure aurait la saga si elle avait poursuivi son chemin en pixels, au lieu de passer à la 3D avec Final Fantasy VII ? Pour y répondre, ce RPG au tour par tour adopte la HD-2D, qui plonge des personnages en pixel art dans des décors en trois dimensions. Dès mon premier combat, quand la caméra a changé d’angle pour accompagner les attaques de ces petits héros, le charme a opéré.

L’avis de Yaz
Note : 8,4/10
Pour
  • Une HD-2D qui charme jusqu'au bout
  • Des combats accessibles mais riches
  • Des Visions à collectionner et éveiller
  • Une musique enchanteresse
  • Fina, révélée au bon moment
  • Des quêtes annexes qui récompensent
  • Une partie fluide sur PS5
Contre
  • Rain et Lasswell pas assez creusés
  • Un scénario inégal
  • Un mode normal trop facile, puis brutal


Après une cinquantaine d’heures, j’en ressors enchanté. Quelques irrégularités dans le récit et une difficulté mal répartie n’ont pas effacé le plaisir de cette parenthèse.

Fiche technique
Final Fantasy Resonance
Square Enix
49,99 €
Plateformes
PS5 / Xbox / Switch 2 / PC
Genre
RPG au tour par tour
Joueurs
1
PEGI
12
Mode de jeu
Solo
Plateformes
PS5 / Xbox / Switch 2 / PC
Genre
RPG au tour par tour
Joueurs
1
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Nous jouons sur une version fournie par l’éditeur, ou achetée par nos soins, et nous le précisons toujours en tête d’article. Sur PC, nous testons sur une machine haut de gamme, puis nous vérifions le comportement sur la configuration recommandée par l’éditeur. Côté salon, nous jouons sur PlayStation 5 en modes Performance et Fidélité, sur Xbox Series X dans les mêmes conditions, puis sur Nintendo Switch et Switch 2. Le son passe par un kit 2.1, un kit 5.1 et un casque 5.1.

Nous jugeons d’abord l’écriture, la profondeur des personnages et le rythme du récit. Vient ensuite la jouabilité, avec ses mécaniques, sa courbe de progression et l’ergonomie de ses menus. Nous séparons volontairement la direction artistique des graphismes : un jeu peut être techniquement modeste et visuellement superbe. La bande-son, le doublage et le sound design ont leur propre note. La partie technique juge enfin le rendu, l’animation, la fluidité, les temps de chargement et les bugs rencontrés.

Neuf critères reçoivent chacun leur note, et la note globale en est la moyenne simple, sans pondération. Vous y trouverez un critère que peu de sites osent isoler : le fun. Une jouabilité irréprochable peut profondément ennuyer, quand un système bancal enthousiasme cinquante heures durant. Nous notons donc séparément ce qui fonctionne et ce qui donne envie de relancer une partie.

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Ce test a été réalisé sur une version PS5 envoyée par Square Enix, en mode normal et avec les voix japonaises.

Scénario et écriture de Final Fantasy Resonance : des compagnons touchants, parfois trop retenus

Final Fantasy Resonance reprend l’histoire de la première saison de Final Fantasy Brave Exvius, lancé sur smartphone en 2016 en Europe. Ce free-to-play de Square Enix, dont les serveurs ont fermé depuis, se téléchargeait gratuitement. Ses personnages, en revanche, s’obtenaient par tirage au sort, un système financé par des achats intégrés. Selon l’équipe de développement, ce sont ses joueurs qui ont réclamé de pouvoir vivre l’aventure sur console. Le producteur, Keisuke Nakashima, y a vu l’occasion de renouer avec l’expérience d’un Final Fantasy classique, qui ne demande pas beaucoup de réflexes.

Resonance n’a rien d’un simple copier-coller pour autant. Il conserve la trame et le trio de héros, mais Square Enix a reconstruit presque tout le reste. Les décors en trois dimensions et les donjons ont été créés de zéro, et le système de combat a été revu. Une partie des sprites du jeu mobile, jugés en deçà des attentes de l’équipe, a même été redessinée pixel par pixel. Keisuke Nakashima promet aussi des quêtes annexes inédites, consacrées aux personnages de Brave Exvius et à l’évolution de leurs relations.

Rain et Lasswell, au secours des cristaux de Lapis

Dans le monde de Lapis, les cristaux sont menacés de destruction. Rain et Lasswell, deux chevaliers du royaume de Grandshelt, se retrouvent entraînés dans une quête qui dépasse leur mission initiale. Leur voyage les confronte aux Six de Paladia, de mystérieux adversaires bien décidés à les anéantir. D’autres compagnons rejoignent peu à peu le groupe, dont Fina, une jeune femme amnésique.

Château aux flèches blanches sous un ciel lumineux dans Final Fantasy Resonance
Le monde de Lapis, où les cristaux sont menacés de destruction.

Rain et Lasswell m’ont conquis par leur relation, leur sensibilité et la maturité avec laquelle le récit les traite. Leurs aspirations ne coïncident pas toujours, et ce désaccord leur évite d’être un simple duo de soldats tendus vers le même but. Je me suis attaché à eux, même si l’écriture les laisse parfois en surface. J’aurais aimé que le scénario creuse davantage leurs contradictions et prolonge certains de leurs échanges.

Rain rit devant son groupe en pixel art dans la campagne de Lapis
Rain, l’un des deux chevaliers de Grandshelt.

Fina, un mystère qui laisse respirer le groupe

Fina occupe une place à part. Son rôle ne se dévoile que tard, un parti pris qui m’a plu. Le scénario laisse de cette façon aux autres compagnons le temps d’exister avant de lever le voile sur elle. Il évite ainsi de concentrer d’emblée tous les enjeux sur une seule héroïne.

Le groupe face à des adversaires en armure dans une salle du trône de Final Fantasy Resonance
Au sommet des marches, des adversaires que le groupe devra affronter.

L’écriture m’a toutefois paru inégale, car l’attachement aux compagnons et la maturité du récit ne compensent pas toujours le manque d’épaisseur de certaines relations. Le scénario m’a pourtant donné envie d’avancer, au point de me faire délaisser par moments les quêtes annexes. C’est une vraie qualité, et aussi une tentation à laquelle j’ai dû apprendre à résister pour ne pas aborder les combats suivants sous-équipé.

Jouabilité de Final Fantasy Resonance : accessible, jusqu’au coup de semonce

Les combats se jouent au tour par tour, et une frise chronologique affiche l’ordre dans lequel alliés et adversaires vont agir. Chaque ennemi possède, en plus de ses points de vie, une jauge de choc que je vide en exploitant ses faiblesses. Une fois déstabilisé, il perd une action et devient vulnérable. Le moment où je provoque cet état compte donc autant que l’attaque choisie.

Écran de choc total sur un ennemi déstabilisé dans un combat de Final Fantasy Resonance
Une fois sa jauge de choc vidée, l’ennemi est déstabilisé.

Les Visions, des héros de la saga dans le groupe

Les Visions enrichissent cette base facile à comprendre. Ces échos de personnages de Final Fantasy, j’en dote les membres du groupe. Elles leur apportent capacités et bonus, de quoi renforcer une spécialisation ou élargir les talents d’un compagnon. Avec la Vision de Y’shtola, Fina, ma soigneuse attitrée, gagne ainsi Premiers soins ou Magie curative +10 %. Celle de Bartz propose par exemple Regain de PV et Vitesse +5 %. Chaque combat fait progresser la maîtrise de ces pouvoirs. Certains restent même équipés après un changement de Vision, dans la limite des points d’aptitude disponibles.

Menu d'équipement de Fina avec la Vision de Y'shtola dans Final Fantasy Resonance
Fina, soigneuse, avec la Vision de Y’shtola et ses aptitudes de soin.

J’ai pris plaisir à renforcer mes personnages au fil des heures et à faire évoluer leurs combinaisons de Visions. La richesse tactique reste accessible : les possibilités s’ouvrent peu à peu, sans exiger que je maîtrise tout d’emblée. Cette progression m’a donné envie de débloquer de nouvelles Visions et d’améliorer celles que j’avais déjà.

Un aéronef survole des îles verdoyantes dans Final Fantasy Resonance
Le voyage à travers Lapis, d’île en île.

L’exploration y contribue directement. Les détours et les quêtes annexes me permettent notamment de dénicher des magilithes, les matériaux qui servent à éveiller les Visions. J’ai parfois voulu foncer pour découvrir la suite du scénario. Prendre mon temps m’a pourtant permis de profiter davantage du jeu et de récupérer des éléments utiles.

Une difficulté qui sort brutalement les griffes

Le problème vient de la courbe de difficulté. En mode normal, j’ai longtemps traversé les affrontements sans rencontrer la moindre résistance, puis les exigences ont grimpé d’un coup. Cette rupture m’a paru mal amenée. Les récompenses des quêtes annexes prennent alors une importance particulière, puisque les combats demandent soudain bien davantage de préparation.

Gilgamesh se dresse face au groupe dans Final Fantasy Resonance
Gilgamesh, en chair et en os, face au groupe.

Comptez trente à quarante heures pour la trame principale, selon votre rythme. Pour ma part, il m’a fallu une cinquantaine au total pour terminer le scénario et boucler une partie des quêtes annexes.

Technique de Final Fantasy Resonance : un enchantement qui résiste à l’habitude

Ce charme des premiers combats tient d’abord à la mise en scène. Final Fantasy Resonance ne se contente pas de poser des personnages en pixels devant des décors en trois dimensions. La caméra accompagne les affrontements, change d’angle et donne du mouvement aux attaques. Les Résonances, ces techniques spéciales liées aux Visions, prolongent ce spectacle avec leurs propres animations.

Combat en pixel art entouré d'effets de magie dans un champ de Final Fantasy Resonance
La caméra suit les attaques et donne du mouvement au combat.

J’ai aimé retrouver cette esthétique sans avoir l’impression de contempler une simple copie des anciens épisodes. Des portraits dessinés accompagnent les dialogues, et les sprites, ces personnages en pixel art, évoluent dans des environnements qui donnent de la profondeur aux scènes. En alternant ainsi ces deux styles, le jeu varie sa façon de raconter.

Combat au tour par tour au bord d'une cascade dans Final Fantasy Resonance
Des sprites en pixel art dans un décor en trois dimensions.

La surprise des premiers affrontements s’émousse naturellement avec les heures. Je n’ai pourtant jamais perdu le plaisir de les regarder. Cette réalisation m’a accompagné jusqu’au bout, bien au-delà de l’effet de séduction initial.

Cloud en gros plan dans une cinématique de Final Fantasy Resonance
Cloud, l’une des Visions que le groupe peut rallier.

L’animation des personnages en pixels est très propre, et je n’ai rien à lui reprocher. Ce serait d’ailleurs triste, voire honteux, qu’une machine moderne n’anime pas parfaitement ce type de jeu. Sur PS5, les effets de lumière ne provoquent aucun ralentissement, comme il se doit, et ni bug ni plantage n’a interrompu ma partie.

Une créature ailée surgit des nuages dans un éclat de lumière, dans Final Fantasy Resonance
Des effets de lumière qui ne ralentissent jamais le jeu sur PS5.

Une musique et des voix qui portent le voyage

La musique est l’autre grande force du jeu. Noriyasu Agematsu et l’équipe d’Elements Garden signent une partition que j’ai trouvée belle et enchanteresse, présente sans jamais devenir envahissante. J’y retrouve une qualité qui m’est chère dans Final Fantasy : elle participe pleinement au voyage.

Une cité suspendue dans les nuages explorée par le groupe dans Final Fantasy Resonance
Une partition qui accompagne chaque étape du voyage.

Le jeu propose des doublages anglais et japonais, et j’ai apprécié les deux. J’ai finalement gardé les voix d’origine pour poursuivre ma partie. Leur interprétation, associée à la musique, a renforcé mon attachement à cette aventure.

L’édition collector de Final Fantasy Resonance : le pixel art en coffret

Je n’ai pas eu l’édition collector entre les mains. Elle est vendue en exclusivité sur la boutique officielle de Square Enix, au prix de 219,99 euros, et existe sur PS5, Nintendo Switch et Nintendo Switch 2.

Contenu de l'édition collector de Final Fantasy Resonance
L’édition collector, telle que la présente Square Enix.

D’après l’éditeur, elle réunit une version physique du jeu, le code des bonus de l’édition Digital Deluxe et un coffret. Celui-ci contient un jeu de blocs en acrylique et un artbook consacré au pixel art du jeu. S’y ajoutent la bande originale en CD et une carte promotionnelle du jeu de cartes à collectionner Final Fantasy.

Conclusion, prix et disponibilité de Final Fantasy Resonance

Final Fantasy Resonance est disponible sur PS5, Xbox Series X|S, Nintendo Switch 2, Nintendo Switch et PC, au prix de 59,99 euros, sur le site de l’éditeur et chez les revendeurs partenaires.

Source : boutique officielle française de Square Enix, page de Final Fantasy Resonance

Images : DR

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