Avec le Phone 3, Nothing monte en gamme, mais refuse toujours de rentrer dans le rang

par Yaz
14 minutes Lire

Le Nothing Phone (3) garde ce charme rare des smartphones qui refusent de rentrer dans le rang. Mais à presque 1 000 euros, cette différence devient un pari : elle doit séduire face à des géants qui ne pardonnent pas grand-chose.

Résumé du test
Note : 8,1/10
Pour
  • Le design atypique
  • Le nouveau système Glyph
  • Qualité de la photographie en hausse
  • Écran bien calibré
  • Bonne politique de mises à jour
  • Performances maîtrisées et suffisantes
Contre
  • Un smartphone qui chauffe
  • Autonomie honnête, sans plus
  • Protection Gorilla qui aurait pu être meilleure
  • Ultra grand-angle et zoom en basse lumière

Avec le Nothing Phone (3), le constructeur né 2021 franchit une nouvelle étape en mettant un premier pied dans l’univers des terminaux haut de gamme. En effet, ce modèle dépasse les 800 euros et flirte même avec la barre des 1000 euros dans sa déclinaison la plus coûteuse.

Pour prétendre à un tel niveau de tarif, le constructeur me promet une mise à jour majeure de la partie photographique ainsi qu’une fiche technique cohérente et performante. Je retrouve bien entendu ce qui fait tout le charme de Nothing : un design atypique sur le marché actuel et une offre logicielle travaillée dans la même philosophie. Reste à savoir si l’écosystème Nothing possède réellement sa place au milieu des géants du secteur. Ce que je vous propose de le découvrir à travers mon test.

Fiche technique
Phone (3)
Nothing
Écran
6,67 pouces
Processeur
Snapdragon 8s Gen 4
Batterie
5150 mAh
Photo
50 Mpx
Charge
65 W
Écran
6,67 pouces
Processeur
Snapdragon 8s Gen 4
Batterie
5150 mAh
Comment sont testés les smartphones chez NomadeUrbain.fr ?

Chaque test smartphone repose sur une méthode rigoureuse mêlant mesures de laboratoire et usage intensif en conditions réelles. Nous analysons d’abord le design et la qualité de fabrication (matériaux, résistance, ergonomie), puis l’écran via sonde (luminosité, couleurs, HDR). Les performances sont testées avec Geekbench, 3DMark, PCMark et des jeux comme Genshin Impact, pour juger fluidité et chauffe. L’interface, les fonctions IA et la qualité photo/vidéo sont évaluées en situation réelle. L’autonomie est mesurée par scénarios répétés (vidéo, jeu, usage mixte) et la recharge chronométrée avec le chargeur d’origine. Enfin, plusieurs profils d’utilisateurs — un professionnel mobile, un amateur de jeux, une personne senior et un utilisateur lambda — testent le smartphone au quotidien pour évaluer le confort, la réactivité, l’ergonomie, et détecter d’éventuelles limites non visibles dans les tests bruts.

Voir le protocole complet

Ce test a été réalisé avec un produit prêté par Nothing.

Sommaire

Design du Nothing Phone 3 : une identité visuelle qui refuse l’ennui

Lorsqu’un constructeur parvient à se créer une véritable signature visuelle, souvent le risque est de finir par tourner en rond. Pour ce Phone (3) positionné sur le haut de gamme, Nothing devait donc marquer le coup tout en respectant son ADN. Je dois admettre qu’ici Nothing sait encore me charmer, mais je suis aussi très réceptif à leur esthétique.

La face avant reste très classique avec un bel écran de 6,67 pouces et son poinçon central en haut. Les bordures sont assez fines et la surface d’affichage représente 90 % de la face totale. Comme presque tous les mobiles de 2024 et 2025, je retrouve des tranches plates en métal, joliment réalisées, mais sans originalité particulière.

C’est avec son dos que ce smartphone sort des sentiers battus. La surface n’est pas homogène et je découvre une réussite esthétique faite d’inserts rectangulaires en plastique lisse, de vis apparentes et de circuits imprimés stylisés. L’assemblage de ces formes géométriques apporte un réel charme.

Le bloc optique est tout aussi original. Il n’est pas encapsulé dans un module et les optiques ne sont pas alignées. En haut à droite, le téléobjectif est décalé par rapport au grand-angle et à l’ultra grand-angle qui, eux, sont bien alignés. L’optique la plus à droite affiche une petite LED rouge qui s’illumine lors d’un enregistrement vidéo. Juste au-dessus se trouvent le flash et le nouveau Glyph.

Si Nothing garde la philosophie de son système Glyph, la forme change radicalement. Il passe ici de bandes LED à un écran de 489 microLEDs. L’affichage délaisse le style néo-futuriste pour un look rétro-techno pixélisé dont je traiterai les usages plus bas.

Côté boutons, le volume se situe sur la tranche droite et la mise en marche sur celle de gauche. Sous ce dernier, je découvre un second bouton dédié à l’Essential Space, la zone IA de Nothing. S’il n’y a pas de bouton photo dédié, un double appui sur le bouton de sortie de veille lance l’appareil.

La qualité de fabrication est excellente. Le dos est protégé par du verre Gorilla Glass Victus et l’écran par du Gorilla Glass 7i. Je regrette que le Victus ne soit pas présent sur les deux faces. Ce verre est d’ailleurs glissant, ce qui m’oblige à affermir ma poigne par forte chaleur. Enfin, la certification IP68 garantit une résistance à l’immersion. Nothing me livre ici un produit soigné et atypique. Donc vous sucomberez ou vous le détesterez mais au moins ce constructeur ose se démarquer et assumer sa personnalité et les répercussions.

Prise en main du Nothing Phone 3 : confort et style

Avec des dimensions de 160,6 x 75,59 x 8,99 mm pour 218 g, ce n’est ni le smartphone le plus compact, ni le plus léger. Je ressens un léger déséquilibre dans la répartition du poids, plus dense sur le quart haut de l’appareil. Au quotidien, cela n’est pas trop gênant et la prise en main reste confortable.

Les boutons tombent parfaitement sous les doigts, mais celui d’action est un peu trop bas pour mes mains. J’apprécies en revanche le design des boutons, dont les volumes permettent une interaction efficace sans casser l’harmonie des lignes.

Posé à plat, c’est la fête du déséquilibre. Si le tiers bas de l’écran est assez stable pour taper un message, l’appareil devient trop bancal dès que j’interagis plus haut. La faute en revient au téléobjectif qui ressort beaucoup moins que les deux autres optiques, et donc accentue le déséquilibre inhérent à la structure du bloc optique.

Le système Glyph subit lui aussi une mutation profonde. Je quitte les anciennes bandes de LED pour un écran de 489 micro-LED. Ce panneau matriciel ne se contente plus d’éclairer le dos de mon smartphone ; il affiche désormais des notifications riches, suit mes chronos, donne l’heure ou indique la météo d’un coup d’œil. Pour interagir, j’utilise le bouton haptique : un appui court fait défiler les fonctions (Glyph Toys) et un appui long les active.

Parmi les gadgets proposés, je m’amuse avec le jeu de la bouteille, le shifumi ou la boule magique. Plus utile, la fonction « Glyph Mirror » me permet de prendre un selfie avec le capteur principal de 50 MP en affichant un aperçu miroir pixélisé au dos. Si la précision reste relative, ce mode de prise de vue s’adopte très vite pour gagner en qualité d’image.

Écran du Nothing Phone 3 : une dalle AMOLED précise et dynamique

Pour l’affichage de son Phone (3), Nothing dégaine une belle dalle AMOLED de 6,67 pouces affichant une définition de 2800 x 1200 pixels. Avec une densité de 460 ppp, je profite donc d’une finesse d’image irréprochable au quotidien. La technologie LTPO est bien présente, ce qui me permet de bénéficier d’un taux de rafraîchissement dynamique variant de 0 à 120 Hz selon mes activités.

Les mesures effectuées à la sonde révèlent des performances solides. Entre les deux profils disponibles (Actif et Normale), je privilégie le second pour obtenir la colorimétrie la plus fidèle. La couverture colorimétrique s’avère généreuse, même si je note une très légère dérive vers les bleus sur les fonds blancs.

Concernant la luminosité, le Phone (3) tient son rang avec un rendu qui assure un bon confort de visionnage dans la plupart des environnements. Je dois toutefois admettre qu’en plein soleil ou face à une forte lumière artificielle, je suis parfois obligé de plisser les yeux pour bien distinguer les détails.Le rendu HDR est de bonne facture. Si je peux en profiter en plein jour, c’est réellement dans la pénombre que j’apprécie toute la richesse des contrastes et la précision du traitement d’image. L’expérience globale reste donc de haut niveau même dans cette gamme de prix.

Logiciel du Nothing Phone 3 : une expérience IA incarnée

Nothing OS 3.5, basé sur Android 15, prend les commandes de l’appareil avec une interface graphique qui cultive sa différence. Je retrouve les thèmes emblématiques où dominent le noir, le blanc et le rouge. Les icônes sont systématiquement retouchées pour respecter ces codes, et si le résultat esthétique est réussi, je dois admettre que l’identification de certaines applications demande parfois un temps d’adaptation. Nothing propose également de nombreux widgets dédiés, souvent portés sur le style pixel art, qui s’intègrent parfaitement à l’écosystème ChatGPT.

Le tiroir d’applications conserve les icônes dans leur couleur d’origine pour faciliter la navigation. Le mobile organise automatiquement les applications en dossiers par catégorie, et il le fait avec une pertinence rare.

Mais la véritable nouveauté logicielle réside dans l’Essential Space, piloté par son bouton physique dédié sur la tranche gauche (l’Essential Key).

Cet espace numérique fait office de secrétaire personnel boosté à l’IA. En utilisant ce bouton, je peux capturer instantanément des captures d’écran, des notes textuelles ou des mémos vocaux. L’intelligence artificielle traite ensuite ces éléments localement pour générer des résumés, des listes de tâches ou suggérer des actions concrètes. Par exemple, une commande vocale comme « Rappelle-moi d’acheter du lait demain » crée automatiquement un rappel. L’IA de l’Essential Space est capable d’extraire des dates, des lieux et des horaires depuis une simple photo de flyer pour les transformer en événements. C’est un outil prometteur que le bouton physique m’encourage réellement à utiliser au quotidien. Toutefois, je reste encore dubitatif face au classement et la pertinence de certaines suggestions, mais cet outil est intéressant. De plus, au moins toutes mes captures et notes sont regroupés au même endroit.

Dans le menu des Paramètres, je dois prendre le temps de configurer le le Glyphe. Un temps court et comme j’aime ce système cela n’est pas du tout une corvée.

Enfin, je salue l’effort de Nothing sur la durabilité logicielle. La marque garantit désormais 5 ans de mises à jour Android et 7 ans de correctifs de sécurité. C’est une progression notable par rapport aux modèles précédents, qui place le Phone (3) parmi les bons élèves du marché premium.

Réseau et communication du Nothing Phone 3 : [une connectivité tournée vers le futur

Le Nothing Phone (3) assure une compatibilité réseau exhaustive pour accompagner son positionnement haut de gamme. Je peux y loger une nano SIM 5G et l’appareil se révèle également compatible avec l’eSIM. Au quotidien, la réception se montre aussi complète que satisfaisante, sans aucune zone d’ombre à signaler lors de mes tests.

Côté sans-fil, Nothing ne fait aucune concession. Je profite du Wi-Fi 7 pour des débits domestiques ultra-rapides, ainsi que du NFC pour mes paiements sans contact. A cela s’ajoute le Bluetooth 6.0 qui doit permettre une précision de localisation au centimètre près et réduire également la latence audio. Le GPS, précis et réactif, complète une partition connectée sans faille.

Audio et qualité d’appel du Nothing Phone 3 : une clarté surprenante pour les voix et les aigus

Le système audio stéréo du Phone (3) me réserve une excellente surprise. Je constate que les aigus sont restitués avec une finesse remarquable, presque cristalline, et ce même lorsque je pousse le volume à un niveau élevé. En écoutant la bande originale de Clair Obscur: Expedition 33, je profite d’un rendu spatial et d’une précision dans les hautes fréquences qui font honneur à la partition.

Les médiums bénéficient du même soin. Cette clarté me permet de profiter de voix très joliment définies, ce qui rend l’écoute de podcasts ou de morceaux portés par le chant particulièrement agréable. Sans grande surprise le bas du spectre reste en retrait. Si je perçois bien les bas médiums, je ne peux pas espérer descendre plus bas dans les fréquences.

Performances du Nothing Phone 3 : une fluidité exemplaire portée par l’optimisation

Pour animer son Phone (3), Nothing fait l’impasse sur le Snapdragon 8 Elite et mise sur le successeur du 8s Gen 3, le Snapdragon 8s Gen 4. Ce processeur se destine aux terminaux haut de gamme sous la barre des 1000 euros.

Benchmarks

À l’usage, je constate qu’Android comme mes applications se comportent à merveille. Même en abusant du multitâche, je ne note jamais le moindre ralentissement. La fluidité reste le maître-mot et, à moins d’encoder des vidéos 4K à longueur de journée, je ne remarque aucune différence notable avec un 8 Elite au quotidien.

Performances gaming :

Côté jeu vidéo, le GPU Adreno 825 m’a bluffé. Sur Fortnite, je surfe sur les 60 fps en qualité Épique sans difficulté.

Benchmarks Gaming

Il en va de même pour Genshin Impact : les 60 fps constituent une formalité, sauf si mon écran se retrouve surchargé d’ennemis.

Pour les amateurs de titres compétitifs comme Call of Duty, le mode 120 Hz en qualité graphique moyenne ne faiblit jamais. Le mode 60 Hz en Ultra est tout aussi stable.

Bridage et chauffe

Je dois toutefois souligner que le Nothing Phone (3) chauffe pas mal. Cette sensation de chaleur ne devient réellement désagréable qu’au bout de 30 à 45 minutes de jeu intense. Pour autant, le processeur s’avère plus stable que chez la concurrence.

La perte de performances sur la durée reste très maîtrisée avec un bridage moyen de 15 %, ce qui n’a quasiment aucune influence sur mon expérience de jeu.

Photo du Oppo Nothing Phone 3 : une montée en gamme homogène à 50 Mpx

Le bloc optique de ce nouveau modèle prend du galon et aligne désormais trois capteurs de 50 Mpx. Je constate que Nothing a sérieusement boosté les capteurs secondaires par rapport au Phone (3a) Pro, offrant ainsi une configuration bien plus équilibrée. Voici le détail de la fiche technique photo :

  • Capteur principal : un grand-angle de 50 Mpx ouvrant à f/1,68.
  • Téléobjectif : un capteur de 50 Mpx proposant un zoom optique 3x.
  • Ultra-grand-angle : un capteur de 50 Mpx (f/2,2) avec un champ de vision de 114°.

La configuration est donc solide et dans la valse des capteurs de 50 Mpx, cela est également le cas pour le capteur selfie qui ouvre à f/2,2 .

Photos de jour :

Capteur principal :

Je sors très satisfait des prestations offertes par le capteur principal. L’appareil gère la lumière avec une belle assurance et sait parfaitement éviter la surexposition, même dans des conditions piégeuses. Je note en plus une gestion des contrastes très fine. Toutefois, plus la zone capturée est claire, plus je commence à percevoir les limites du traitement numérique de Nothing.

En y regardant de plus près, je constate un lissage parfois trop marqué, mais cela concerne essentiellement les détails situés au second ou au troisième plan. Les éléments au premier plan conservent un excellent piqué et me permettent de profiter de clichés de très belle facture. Cette qualité est renforcée par une colorimétrie globalement équilibrée. Je remarque tout de même que lorsque la luminosité ambiante devient forte, les couleurs ont tendance à saturer légèrement, sans pour autant tomber dans l’excès artificiel.

Ultra grand-angle :

Ce capteur ultra grand-angle de 50 Mpx me laisse un sentiment trouble. Face à une concurrence qui se contente souvent de 8 ou 16 Mpx, je dispose ici d’une définition bien supérieure à la moyenne du marché. Le niveau de détail est logiquement au rendez-vous, offrant une richesse d’image que peu de mobiles de ce segment peuvent revendiquer.

Ultra grand-angle Vs Grand-angle

Toutefois, je note une certaine frustration face au traitement numérique, que je trouve un peu agressif.

Le logiciel a tendance à lisser les détails de manière excessive, un défaut qui saute aux yeux dès que je zoome dans l’image ou que je regarde les zones situées en périphérie du cliché. J’aimerais que Nothing allège cette couche logicielle pour laisser respirer le piqué naturel du capteur.

Les différents niveaux de zoom :

Le Phone (3) autorise une plage de zoom allant de x2 à x60. Dans la pratique,le premier niveau (x2) est géré par un recadrage dans le capteur principal. Dès que je bascule sur le téléobjectif x3, le changement est visible à l’œil nu : le rendu global devient un peu plus sombre et la colorimétrie, bien que toujours juste, perd le côté éclatant du capteur principal.

Grand-angle Vs Zoom x3

Si j’excepte ce léger décalage de rendu, la qualité d’image reste de très bonne tenue. L’appareil gère bien la lumière et sait éviter la surexposition.

Zoom x3 Vs x6

Sur mes centaines de clichés, la perte de détails est quasi négligeable en x3 comme en x6.

Zoom x6 Vs x10

En poussant jusqu’au zoom x10, je commence à noter une perte de piqué perceptible, mais le résultat demeure satisfaisant tant que je reste dans de bonnes conditions de luminosité.

Zoom X30 et Zoom x60

Le zoom x30 commence quant à lui à montrer ses limites : les volumes perdent en relief et les textures s’estompent sous l’effet du lissage. Quant au zoom x60, je le réserve à des zones avec peu de relief.

Zoom x1, x3, x6, x10, x30 et x60

Le traitement numérique a en effet tendance à aplanir l’ensemble du rendu dès que la densité de détails devient trop importante.

Photo de nuit : spectaculaire mais artificielle

Capteur grand-angle :

Les progrès réalisés sur le mode nuit depuis le Phone (3a) Pro sont flagrants. Même dans des lieux dépourvus de renfort lumineux important, je parviens à obtenir des clichés très exploitables. Pour maximiser la lumière entrante, le capteur force un peu sur la vivacité des couleurs, ce qui donne un rendu plus éclatant que la réalité. Le niveau de détail reste très honnête ; si je ne suis pas encore au niveau d’un Pixel 10, je sens que l’écart avec un Galaxy S25 se réduit considérablement.

Grand-angle de jour Vs Grand-angle de nuit

En environnement urbain, là où les sources de lumière artificielle sont plus nombreuses, les couleurs deviennent carrément chatoyantes, frôlant parfois le surplus de zèle à certains endroits du cadre.

La gestion des contrastes reste bonne, bien qu’un cran en dessous de ce que j’obtiens en plein jour. Le niveau de détail progresse par rapport aux scènes sombres, même si les ténors du secteur comme le Magic 7 Pro conservent une longueur d’avance sur la finesse des textures nocturnes.

Ultra grand-angle :

De nuit, cet ultra grand-angle me délivre des clichés globalement cohérents et d’assez belle facture. Je remarque cependant un manque de finesse dans les zones très claires, où les dégradés peinent à conserver leur précision.

Ultra grand-angle de nuit Vs Grand-angle de nuit

Un léger bruit numérique s’installe aussi assez vite et, combiné au lissage, me fait perdre pas mal d’informations visuelles. Le résultat reste supérieur à la moyenne du secteur et vient même titiller un Galaxy S25, sans toutefois inquiéter le maître incontesté de l’exercice qu’est le Pixel 10.

Sur le plan technique, les déformations sont parfaitement maîtrisées malgré le champ de vision de 114°. La colorimétrie tient la route, même si je la trouve un brin plus chaude qu’elle ne devrait l’être en réalité. Malgré mes quelques réserves sur le post-traitement, ce mode ultra grand-angle s’impose comme un outil de bon niveau pour mes prises de vue panoramiques.

Les différents niveaux zooms :

De nuit, le téléobjectif réalise un travail surprenant. La colorimétrie reste cohérente avec celle du capteur principal et le niveau de perte est étonnamment faible pour un mode nuit.

Grand-angle de nuit Vs Zoom x3 de nuit

Le zoom x10 constitue toutefois le dernier palier réellement exploitable dans l’obscurité, et cela dépend énormément de la présence d’un éclairage urbain ou d’un renfort lumineux ambiant.

Zoom x3 de nuit Vs Zoom x6 de nuit

Au-delà, le lissage gomme la majorité des informations, ce qui rend les clichés peu utilisables.

Zoom x10, x30 et x60 de nuit

Portraits et selfies

Le mode portrait de ce Phone (3) s’avère très plaisant à l’usage. Je bénéficie d’un détourage impeccable qui isole parfaitement le sujet de son environnement. Seuls les cheveux en bataille de ma fille ont réussi à mettre le logiciel en difficulté, un défi classique pour la majorité des smartphones. L’image profite d’un effet de flou progressif et fluide qui apporte une réelle profondeur artistique à mes clichés.

La colorimétrie reste de bonne qualité et conserve un aspect naturel. Ma carnation en profite directement, même si je remarque qu’elle apparaît parfois un brin plus claire qu’elle ne le devrait dans la réalité. Le niveau de détails est excellent : je distingue nettement les poils de barbe et je profite d’un rendu des textures très organique. Mon seul bémol concerne le traitement des zones très lumineuses en arrière-plan, qui ne sont pas toujours gérées avec la finesse attendue sur un modèle de ce segment.

De nuit, je retrouve ces mêmes qualités de composition. Toutefois, pour obtenir un résultat vraiment qualitatif et éviter l’apparition de bruit numérique, je dois impérativement me trouver dans une zone bénéficiant d’un bon renfort lumineux. Dans ces conditions, le Phone (3) parvient à délivrer des portraits nocturnes tout à fait honorables.

Le capteur de 50 Mpx logé en façade réalise de très beaux clichés, que je l’utilise de jour comme de nuit. En plein soleil, j’apprécie particulièrement la qualité du détourage ainsi que l’application d’un effet de flou d’arrière-plan très cohérent. Les détails du visage ressortent bien, même si je note un lissage logiciel plus agressif que sur le capteur dorsal. Ce traitement réduit inévitablement le niveau de micro-détails et nuit légèrement au rendu naturel des textures de la peau. La colorimétrie tient la route, mais elle manque parfois de fidélité, notamment au niveau de la carnation qui peut paraître légèrement altérée.

De nuit, le flash vient compenser le manque de luminosité ambiante. Je dois toutefois privilégier un environnement un minimum favorable pour profiter de clichés réellement qualitatifs. Je retrouve les mêmes caractéristiques qu’en journée : un léger manque de micro-détails et une colorimétrie pas toujours très juste concernant le teint de la peau. Pour autant, ces petits défauts n’empêchent pas d’obtenir des résultats satisfaisants pour un usage sur les réseaux sociaux.

Macro : une mise au point exigeante

Le mode macro du Nothing Phone (3) repose sur l’utilisation du téléobjectif, ce qui me permet d’obtenir des captures nettes jusqu’à 15 cm de distance du sujet. Je profite ainsi de clichés de grande qualité, avec une définition exemplaire et un rendu très naturel. Si je remarque que les images sont un peu plus sombres qu’avec le capteur grand-angle, cela n’entache en rien la précision globale de la scène.

En pratique, l’exercice demande une certaine rigueur. Je dois veiller à rester parfaitement stable et laisser à l’appareil le temps nécessaire pour effectuer une mise au point propre. Sans cette précaution, de légères zones de flou s’invitent rapidement dans ma composition. Une fois cette contrainte maîtrisée, le résultat valorise superbement les plus petits détails avec une clarté bienvenue.

Autonomie du Nothing Phone 3 : une endurance solide pour le quotidien

Avec une batterie de 5150 mAh, Nothing parvient à faire tenir son Phone (3) une bonne journée de travail. L’autonomie s’étend même jusqu’au bout de la nuit pour les usages modérés. Après 2h30 de visionnage de film avec un volume à 50 % et une luminosité de 250 nits, je constate une perte de seulement 13 points d’autonomie. Ce rythme permet théoriquement de tenir presque 20 heures en lecture vidéo continue. Une session d’une heure sur Fortnite consomme environ 4 points de batterie, ce qui confirme l’efficience du processeur. Des chiffres qui sont confirmés par le test d’autonomie PCMark qui mesure un excellent 14h42 minutes d’autonomie !

Pour les besoins plus pressants, la charge rapide 65 W fait son entrée. Elle me permet de passer de 0 à 50 % en 35 minutes environ. Une recharge totale réclame un peu plus d’une heure. Je note également la présence de la charge sans fil à 15 W ainsi que la charge inversée, pratique pour redonner un peu d’énergie à mes écouteurs lors de mes déplacements.

Conclusion, prix et disponibilité du Nothing Phone 3 :

Le Nothing Phone 3 est commercialisé en deux finitions distinctes : noir et bleu denim, qui se décline en deux configurations :

  • 16 Go + 512 Go au prix public de 949 euros.
  • 12 Go + 256 Go au prix public de 849 euros.


Product imageNothing Phone (3)à partir de 560,00 € chez Rakuten

FAQ – Nothing Phone (3)

Quelles sont les vraies nouveautés du Phone (3) par rapport aux anciens modèles Nothing ?

Le nouveau système Glyph sert-il vraiment au quotidien ?

Le design du Phone (3) est-il réussi ou trop original pour convaincre ?

Le Nothing Phone (3) est-il agréable à prendre en main malgré son format ?

Que vaut l’écran AMOLED LTPO du Phone (3) en luminosité et en fidélité des couleurs ?

Les performances du Snapdragon 8s Gen 4 sont-elles suffisantes pour un smartphone haut de gamme ?

Peut-on jouer confortablement sur le Phone (3) sans baisse de performances ?

Le Nothing Phone (3) chauffe-t-il beaucoup en usage intensif ?

Essential Space est-il un vrai plus ou un gadget IA de plus ?

Que vaut la qualité photo du Nothing Phone (3) en journée ?

Le téléobjectif du Phone (3) est-il vraiment efficace en zoom ?

L’ultra grand-angle du Nothing Phone (3) tient-il la route face à la concurrence ?

Le Nothing Phone (3) est-il bon en photo de nuit et en portrait ?

L’autonomie du Phone (3) est-elle solide avec sa batterie de 5150 mAh ?

Le Nothing Phone (3) vaut-il le coup à partir de 849 euros ?

Photos : Nomade Urbain

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