Le mélange parfait entre l’angoisse de RE7 et l’action de RE4 : pari réussi pour Capcom ?

par Yaz
7 minutes Lire
Le mélange parfait entre l'angoisse de RE7 et l'action de RE4 : pari réussi pour Capcom ?

La terreur ne vient pas seulement des monstres, mais du corps qui les affronte. Entre Grace, fragile et traquée, et Leon, vétéran armé jusqu’aux dents, Capcom transforme la vieille fracture de Resident Evil en moteur de rythme, de contraste et de tension, sans réduire l’un à l’ombre de l’autre.

Résumé du test
Note : 8,7/10
Pour
  • La fracture ludique justifiée par la psychologie des héros.
  • Le retour stressant de la mutation des cadavres
  • La traque terrifiante de The Girl
  • L'éclairage sublime qui renforce l'atmosphère poisseuse.
  • Le sound design en audio spatial/5.1 et le jeu d'acteur remarquable (VO comme VF).
  • La filiation avec RE Outbreak (Alyssa Ashcroft) qui enrichit le lore.
Contre
  • Des énigmes parfois un peu trop simples
  • Une bande-son musicale qui, à force de s'effacer, manque de thèmes mémorables.
  • Un fan service et un scénario qui partent parfois très loin

La saga Resident Evil a toujours été traversée par une fascinante schizophrénie. Faut-il faire trembler le joueur d’effroi au fond d’un couloir poisseux, le privant de la moindre munition ? Ou lui confier un arsenal de guerre pour qu’il repeigne les murs à coups de fusil à pompe et de chassés circulaires ? Pendant près de trente ans, Capcom a fait osciller le pendule entre la vulnérabilité viscérale et l’action débridée, divisant parfois sa propre communauté. Avec Resident Evil Requiem, le studio japonais ne cherche plus à choisir son camp, il embrasse enfin sa propre fracture.

Cette nouvelle incursion dans les ténèbres se présente comme un vertigineux exercice de style. L’enjeu n’est plus seulement d’exhumer les vieux démons de Raccoon City. Mais de réussir le pari fou de faire cohabiter deux philosophies de game design diamétralement opposées au sein d’un seul et même cauchemar. Reste à voir si ce grand écart ludique et horrifique parvient à réunir les deux écoles sans s’effondrer sous le poids de ses propres ambitions.

Fiche technique
Resident Evil Requiem
Capcom
79,99 €
Plateformes
PS5 / Xbox / Switch 2
Genre
Survival/horror
PEGI
18
Mode de jeu
Solo
Prix au lancement
79,99 €
Plateformes
PS5 / Xbox / Switch 2
Genre
Survival/horror
PEGI
18
Comment sont testés les jeux vidéo chez NomadeUrbain.fr ?

Chaque jeu est évalué avec une grille de test précise mêlant rigueur technique et plaisir de jeu. Nous analysons la configuration, la direction artistique, les graphismes, les performances (résolution, fluidité), le gameplay, la richesse de l’univers, et la qualité de l’écriture. Les tests sont réalisés sur PC et toutes les consoles next-gen en conditions réalistes, avec un affichage calibré et plusieurs types de son (casque, home cinéma).

Voir le protocole complet

Ce test a été réalisé à partir d’un produit prêté par Capcom.

Sommaire

Scénario et qualité d’écriture de Resident Evil Requiem : quand l’ombre du passé devient oppressante et surtout mortelle

Scénario et qualité d’écriture de Resident Evil Requiem : quand l'ombre du passé devient oppressante et surtout mortelle

Le récit s’ouvre avec la jeune Grace Ashcroft, une analyste du FBI envoyée enquêter dans l’hôtel abandonné Wrenwood suite à la macabre découverte d’un cadavre. Ce lieu sordide n’a rien d’anodin pour elle. Sa mère, Alyssa Ashcroft, y a été tragiquement assassinée huit ans plus tôt.

Scénario et qualité d’écriture de Resident Evil Requiem : quand l'ombre du passé devient oppressante et surtout mortelle

Alyssa n’est d’ailleurs pas une simple figurante dans l’univers étendu de la franchise. Mais bien la courageuse journaliste d’investigation de Resident Evil Outbreak, figure liée à la mémoire de la catastrophe d’origine. Cette filiation particulière donne une épaisseur bienvenue à Grace. Qui marche sur les traces traumatisantes d’une figure maternelle intimement liée aux drames précédents.

Scénario et qualité d’écriture de Resident Evil Requiem : quand l'ombre du passé devient oppressante et surtout mortelle

Le scénario avance par une alternance parfaitement maîtrisée entre Grace et l’incontournable vétéran Leon S. Kennedy. Son grand retour relie l’enquête à un passé vieux de vingt-huit ans (la destruction de Raccoon City en 1998). Grace enquête, fuit et comprend ce qui lie l’hôtel à son traumatisme. Tandis que Leon mène une piste beaucoup plus offensive avant que leurs trajectoires ne se rejoignent.

Une écriture qui fonctionne :

La narration s’appuie sur de nombreux documents pour éclairer l’intrigue, évitant la simple campagne séparée grâce à de fréquents cliffhangers. L’écriture reste purement dans l’ADN de la série, sérieuse dans ses thèmes sur la transmission du trauma. Toutefois, elle assume un ton parfois grand-guignolesque et un fan service très, voire trop, appuyé.

Scénario et qualité d’écriture de Resident Evil Requiem : quand l'ombre du passé devient oppressante et surtout mortelle

Du côté des antagonistes, le jeu évite la facilité. Le principal vilain est Victor Gideon, un ancien scientifique d’Umbrella obsédé par l’héritage de son mentor, Oswell E. Spencer. Victor cherche à s’emparer d' »Elpis », une arme biologique secrète.

Scénario et qualité d’écriture de Resident Evil Requiem : quand l'ombre du passé devient oppressante et surtout mortelle

Il a comme acolytes Zeno, un agent du syndicat du crime et « The Girl », une créature mutante gigantesque et invincible qui traque Grace.

La jouabilité de Resident Evil Requiem : la vulnérabilité face à l’expérience

La trouvaille la plus brillante du jeu tient à sa fracture ludique, intimement liée à la psychologie très soignée de son duo. Le choix de la caméra (FPS ou TPS) s’adapte à leur profil.

La jouabilité de Resident Evil Requiem : la vulnérabilité face à l'expérience

Le cauchemar de Grace Ashcroft !

Loin de l’héroïne d’action classique, Grace est décrite comme une analyste introvertie, un « rat de bibliothèque » peu habituée au combat. Elle incarne le stéréotype de l’heroïne de film d’horreur. Qui cherche ici à percer les secrets laissés sur la disquette de sa mère. Son manque d’expérience se ressent dans chaque mouvement.

La jouabilité de Resident Evil Requiem : la vulnérabilité face à l'expérience

Cette vulnérabilité se traduit par une vue subjective (FPS) oppressante. La caméra restreint le champ de vision et elle subit la pression d’un inventaire minuscule avec le retour des coffres de stockage. Capcom introduit ici le craft lié à la récupération de sang, l’utilisation de bouteilles en verre pour distraire les monstres, et l’usage de pièces antiques. Enfin, allumer sa lampe torche est un cruel dilemme : elle éclaire le chemin, mais attire The Girl.

La jouabilité de Resident Evil Requiem : la vulnérabilité face à l'expérience

Le défouloir de Leon S. Kennedy !

Désormais plus âgé, Leon n’est plus le bleu d’autrefois. Ironiquement, il souffre lui-même du Syndrome de Raccoon City, une séquelle des mutations du Virus-T. Son assurance face à l’horreur contraste violemment avec la détresse de Grace.

La jouabilité de Resident Evil Requiem : la vulnérabilité face à l'expérience

Pour lui, la survie est un métier. Son approche bascule le jeu en vue à l’épaule (TPS). Plus agile, il peut parer les assauts à l’aide d’une hachette, donner des coups de pied dévastateurs et utiliser un arsenal lourd. Il peut même ramasser les armes des ennemis pour les retourner contre eux.

La jouabilité de Resident Evil Requiem : la vulnérabilité face à l'expérience

Sa gestion d’inventaire abandonne les coffres fixes pour reprendre le fameux système de mallette de RE4. Sa jouabilité est nerveuse, transformant ses chapitres en un véritable exutoire viscéral.

La technique de Resident Evil Requiem : une horreur organique

La technique de Resident Evil Requiem : une horreur organique

Requiem est le premier opus développé exclusivement pour les consoles de neuvième génération (PS5, Xbox Series) et le PC. Cela permet au RE Engine de franchir un cap visuel saisissant, massivement axé sur la gestion de la lumière.

La technique de Resident Evil Requiem : une horreur organique

Voir la lueur de la torche de Grace percer le brouillard volumétrique de l’hôtel Wrenwood, ou les néons grésillants se refléter dans les flaques de sang poisseuses du Centre de Soins, offre un photoréalisme macabre exceptionnel.

La technique de Resident Evil Requiem : une horreur organique

Le défi technique s’étend également à l’animation. Le choix de proposer deux caméras (FPS et TPS) a obligé les développeurs à créer un double set d’animations. En vue à la troisième personne, on peut ainsi observer des détails spécifiques au caractère des personnages. Ainsi, Grace trébuche de manière réaliste lorsqu’elle est prise en chasse par The Girl. Nous voyons ses mains trembler ostensiblement en maniant une arme à feu, renforçant sa psychologie terrorisée. Les animations de Leon, plus ancrées et martiales, traduisent à l’inverse sa grande expérience.

Côté modélisation, les aberrations organiques qui vous pourchassent sont d’une précision chirurgicale, appuyées par un système de gore procédural très poussé. Les tirs de fusil à pompe déchiquettent les chairs avec une violence inouïe et le sang macule l’environnement de façon persistante.

La technique de Resident Evil Requiem : une horreur organique

L’ensemble maintient un framerate à 60 FPS irréprochable sur les consoles actuelles, exploitant finement les retours haptiques de la DualSense pour simuler le recul pesant des armes.

Une ambiance sonore chirurgicale et angoissante

Le sound design spatialisé accomplit un travail d’orfèvre, la bande originale se met volontairement en retrait pour laisser place à un silence lourd, où chaque craquement de bois ou râle guttural provenant de la pièce voisine suffit à faire monter le rythme cardiaque.

La technique de Resident Evil Requiem : une horreur organique

L’équipe de compositeurs (Nao Sato, Masahiro Ohki, Shigeyuki Kameda et Joseph Holiday) a fait le choix audacieux d’une bande originale extrêmement minimaliste. La musique s’efface quasi systématiquement au profit d’un silence lourd et étouffant.

La technique de Resident Evil Requiem : une horreur organique

Côté doublage, les acteurs livrent une prestation impeccable qui donne vie à ce cauchemar. Bon point, la version française est de bonne facture.

Conclusion et prix de Resident Evil Requiem

Resident Evil Requiem est disponible sur PC, PS5, Xbox Series et Switch 2, au prix de 69,99 euros sur le site de l’éditeur ou chez les revendeurs partenaires.


Product imageResident Evil Requiemà partir de 64,79 € chez Cdiscount

FAQ – Resident Evil Requiem

Resident Evil Requiem vaut-il le coup pour les fans de survival horror ?

Que raconte l’histoire de Resident Evil Requiem avec Grace Ashcroft et Leon S. Kennedy ?

Faut-il connaître Resident Evil Outbreak pour comprendre Resident Evil Requiem ?

Pourquoi Resident Evil Requiem alterne-t-il deux styles de jeu aussi différents ?

La jouabilité de Grace Ashcroft en vue FPS est-elle vraiment stressante ?

La partie avec Leon dans Resident Evil Requiem est-elle plus orientée action ?

The Girl est-elle une ennemie marquante dans Resident Evil Requiem ?

Le retour de la mutation des cadavres change-t-il vraiment la tension du jeu ?

Les énigmes de Resident Evil Requiem sont-elles trop simples ?

Resident Evil Requiem fait-il peur ou mise-t-il surtout sur l’action ?

Le sound design de Resident Evil Requiem est-il à la hauteur de la série ?

La version française de Resident Evil Requiem est-elle réussie ?

Resident Evil Requiem est-il techniquement impressionnant sur PS5, Xbox Series et Switch 2 ?

Le RE Engine franchit-il un cap visuel avec Resident Evil Requiem ?

Le fan service de Resident Evil Requiem enrichit-il vraiment le scénario ou va-t-il trop loin ?

Photos : DR

Vous aimerez aussi

Laissez un commentaire