Une ville tranquille, des rivaux tenus à distance par la mer, un littoral sans danger : quelques marées plus tard, tout peut basculer. J’ai découvert qu’Endless Legend 2 fait de la carte un adversaire aussi imprévisible que mes ennemis.
- Saiadha a une vraie identité
- Les Tidefalls relancent l'intérêt de l’exploration
- Quêtes de faction bien intégrées à la progression
- Direction artistique et bande-son très solides
- Équilibrage des factions à surveiller
- Proximité forte avec le premier Endless Legend
- Courbe d’apprentissage raide pour les débutants
Amplitude Studios, le studio français derrière Endless Space, Dungeon of the Endless et Humankind, nous délivre un nouveau jeu de stratégie en tour par tour, Endless Legend 2. Le jeu reprend la substantifique moelle du premier épisode : des factions étranges, des quêtes bien écrites, et une stratégie poussée en plus de choix politiques. Cette suite garde la recette initiale, et y ajoute quelques épices pour corser la saveur. La plus importante tient à Saiadha, une planète océanique, dont le terrain est mouvant sous l’influence des marées. Un détail qui n’a l’air de rien et pourtant ici va changer ma façon d’appréhender ce titre.
| Prix au lancement | 39,99 € |
|---|---|
| Éditeur | AMPLITUDE Studios |
| Développeur | AMPLITUDE Studios |
| Genre | Stratégie |
| Plateformes | PC (Windows), macOS |
| Mode de jeu | Solo, JcJ en ligne, multijoueur multiplateforme |
| Nombre de joueurs | 1 joueur en solo, jusqu'à 8 joueurs en ligne |
| PEGI | 7 |
| Support | Dématérialisé |
| Cross-play | Oui |
| DLC / microtransactions | Oui |
| Taille du téléchargement | 8 Go |
| Langues audio | Anglais |
| Sous-titres | Français, Anglais, Allemand, Espagnol - Espagne, Coréen, Polonais, Portugais du Brésil, Russe, Chinois simplifié, Chinois traditionnel |
| Disponibilité | 18 mai 2017 |
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Chaque jeu est évalué avec une grille de test précise mêlant rigueur technique et plaisir de jeu. Nous analysons la configuration, la direction artistique, les graphismes, les performances (résolution, fluidité), le gameplay, la richesse de l’univers, et la qualité de l’écriture. Les tests sont réalisés sur PC et toutes les consoles next-gen en conditions réalistes, avec un affichage calibré et plusieurs types de son (casque, home cinéma).
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Ce test a été réalisé à partir d’un produit prêté par Amplitude Studios.
Sommaire
Scénario et écriture de Endless Legend 2 : L’imaginaire d’Amplitude ne déçoit toujours pas
Le jeu est encore en accès anticipé depuis septembre 2025 et continue de se peaufiner. Dès le départ, je prends les rênes d’une des cinq factions majeures disponibles : Aspects, Kin of Sheredyn, Last Lords, Tahuks ou Necrophage.

Les premiers reposent sur le Chorus, une conscience collective liée au corail. Leur progression pousse vers l’influence, la symbiose et la préservation de Saiadha. Les Kin of Sheredyn héritent de l’United Empire, un ancien pouvoir humain autoritaire de l’univers Endless. Leur logique paraît plus militaire, plus ordonnée, avec une priorité donnée à la survie et à la tenue du territoire. Les Last Lords jouent davantage sur l’économie. Les Tahuks eux privilégient la science et l’étude des mystères de la planète. Les Necrophage, quant à eux, sont militaristes et expansionnistes.

Certaines factions semblent plus simples à rentabiliser selon la carte, le rythme des marées et le type de victoire recherché. Mais je n’ai pas eu l’impression de peuples copiés-collés. Changer de faction oblige à revoir mes priorités, mes premières constructions et ma manière d’aborder les autres empires.
Une écriture aussi importante que les marées
Saiadha donne ensuite son identité au récit. Cette planète est largement recouverte par des océans aux marées surpuissantes, les Tidefalls. Quand la mer se retire, de nouvelles terres apparaissent avec des ressources, des ruines, des passages et parfois de nouvelles menaces. L’effet n’est pas seulement esthétique. Une frontière protégée par l’océan peut devenir vulnérable. Une ville posée près d’un littoral peut soudain accéder à une zone riche en trésors. Une chemin peut s’ouvrir vers un rival jusque-là éloigné et ainsi favoriser son attaque.

Les quêtes accompagnent l’exploration d’une zone révélée par la mer, la rencontre avec un peuple mineur, le développement d’une recherche ou la progression propre à chaque faction. La politique est assez simple mais permet de nombreuses actions comme assimiler une faction mineure, négocier avec un voisin le temps de se renforcer, écraser une menace avant qu’elle bloque une expansion, ou poursuivre une victoire narrative plutôt que la simple domination militaire.

L’écriture reste dense, parfois bavarde, mais elle sert le jeu. Elle explique pourquoi ma faction veut survivre, comprendre, exploiter ou dominer Saiadha. Toutes les quêtes secondaires ne sont pas marquantes. Les meilleures, en revanche, donnent envie d’en savoir plus sur mon peuple et son avenir sous mes ordres. Il y’a un lien qui se crée entre moi et mes sujets, tous cela écrit avec une poésie abrupte.
Jouabilité de Endless Legend 2 : classique et efficace
Endless Legend 2 reste un 4X (exploration, expansion, exploitation et extermination) au tour par tour. Je développe mes villes, je choisis mon évolution scientifique, je déplace mes armées, je négocie avec mes voisins et je décide quels peuples mineurs méritent d’être ralliés ou écrasés. La carte est découpée en hexagones, et me fait tellement penser à Humankind, ce qui veut dire classique et efficace.

La gestion repose sur plusieurs ressources. La Dust sert de monnaie, elle finance l’économie, certains achats et une partie du développement. L’Influence sert à étendre mon empire, à peser en diplomatie et à assimiler des factions mineures. Ces peuples secondaires ne sont pas de simples figurants. Les intégrer peut donner des bonus utiles, ouvrir une option stratégique et surtout, il faut empêcher un rival de les récupérer avant moi.

La construction des villes demande plus d’attention qu’un simple empilement de bâtiments. Je dois choisir quelles cases autour de ma cité deviennent des fondations, puis décider si elles doivent évoluer en quartiers. Une extension mal pensée peut me priver d’une ressource proche ou ralentir ma production. Une bonne anticipation, surtout près du littoral, peut préparer l’arrivée d’un Tidefall. Quand la mer se retire, une ville jusque-là moyenne peut soudain accéder à une nouvelle route, une ressource rare ou un axe militaire.

C’est la meilleure idée de cette suite. Le Tidefall ne détruit pas mon territoire : il agrandit la carte en dévoilant des terres jusque-là englouties. Cette mécanique évite le ventre mou classique du 4X, quand l’exploration perd son intérêt après les premiers tours. Ici, je garde toujours un œil sur les côtes. Une frontière protégée par l’eau peut devenir dangereuse. Une zone oubliée peut devenir prioritaire. Un rival trop lointain peut soudain se retrouver à portée de marche.
Des batailles simples, des menus verbeux
Les héros sont des personnages recrutables capables de diriger une armée, explorer Saiadha, recevoir de l’équipement et débloquer des compétences. Ils rendent la progression moins abstraite. Un bon héros peut changer le court d’une bataille, voir de la partie.

Les combats se jouent au tour par tour. En général, je laisse la résolution automatique trancher les affrontements mineurs, surtout quand mon armée domine clairement. Mais dès qu’une bataille a plus d’importance, je préfère reprendre la main. Nous restons encore une fois assez proches de Humankind, ce qui permet une maîtrise tactique assez riche, sans oublier les caractéristiques des différentes factions.
L’interface affiche beaucoup d’informations à la fois. Il faut lire les infobulles, comparer les effets, surveiller les alertes et accepter de passer du temps dans les menus. Endless Legend 2 n’est pas inaccessible, mais il demande de la patience. Les débutants complets risquent de subir comme une punition les premières heures. Les habitués du premier épisode retrouveront vite leurs marques.

L’accès anticipé se sent encore dans l’équilibrage. Toutes les factions ne donnent pas la même impression de confort selon la carte, le rythme des marées et le type de victoire visé. Rien ne m’a paru cassé, mais certains pouvoirs semblent plus faciles à rentabiliser que d’autres. Au moment où nous écrivons ces lignes, nous avons noté un excellent travail des développeurs. Les races sont de plus en plus équilibrées et offrent une vraie variété de gameplay. Je ne vais pas enchaîner les parties, mais je retourne régulièrement me replonger dans cet univers.
Technique de Endless Legend 2 : Saiadha a de la gueule
Endless Legend 2 tient d’abord par sa direction artistique. Saiadha ne ressemble pas à une carte fantasy générique avec trois forêts, deux montagnes et des ruines posées pour faire joli. La planète a une vraie identité aquatique avec des océans profonds, des coraux lumineux, des terres humides, et des reliefs étranges. J’ai souvent eu envie de zoomer pour admirer un territoire avant même de savoir s’il allait me rapporter de la Dust, de l’Influence ou une ressource rare.

Les factions profitent aussi de cette identité visuelle. Les Aspects, avec leur lien au corail et au Chorus, semblent appartenir naturellement à ce monde. Les Necrophage, plus agressifs, jurent davantage avec l’environnement, et ce contraste fonctionne. Les Kin of Sheredyn apportent une présence plus militaire et plus ordonnée. Ce n’est pas seulement une question de design d’unités : chaque peuple donne une autre couleur à la carte quand il commence à s’étendre.

Graphiquement, le jeu ne cherche pas la claque brute. Ce n’est pas son rôle. Un 4X doit d’abord permettre de comprendre vite ce qui se passe : où se trouvent les armées, quelles cases sont stratégiques, quelles frontières bougent, quelles alertes méritent mon attention. Sur ce point, Endless Legend 2 fait souvent le travail. Côté performances, la version actuelle est solide. Les grandes cartes, les fins de partie chargées et certains combats plus fournis peuvent provoquer des baisses de fluidité, mais cela est de plus en plus rares.

La bande-son accompagne très bien cette fantasy océanique. Les chœurs et les percussions donnent à Saiadha une couleur sonore majestueuse et presque religieuse, onirique parfois.
Conclusion, disponibilité et prix :
Endless Legend 2 est disponible sur PC et Mac au prix de 39,99 euros.