Dans Battlestar Galactica: Scattered Hopes, j’ai enfin compris ce que subissait l’amiral Adama dans la série, qu’il s’agisse de diriger une bataille ou de survivre aux traîtrises internes.

par Yaz
Publié : Dernière mise à jour le 5 minutes Lire
Le logo de Battlestar Galactica: Scattered Hopes au-dessus d'un Gunstar en pleine bataille spatiale

Dans Battlestar Galactica: Scattered Hopes, je mène deux guerres à la fois. Dehors, les Cylons pourchassent ma flotte. À bord, une faction menace de se révolter et un Cylon infiltré attend son heure : autant de crises à résoudre avant qu’elles ne déchirent les survivants. Saurai-je tenir sur les deux fronts ?

L’avis de Yaz
Note : 8,4/10
En bref

Nous sommes en présence d'un excellent roguelite tactique qui respecte l'esprit de la série Battlestar Galactica, avec un scénario prenant et des batailles très réussies. Dommage qu'au bout d'un moment les crises et les dialogues se répètent, ce qui ne m'empêche pas de le relancer régulièrement.

Pour
  • Fidèle à l'esprit de la série
  • Une gestion de flotte tendue
  • Des crises vraiment prenantes
  • La traque du Cylon infiltré
  • Des combats courts et intenses
  • Une très bonne ambiance sonore
  • L'envie de relancer une partie
Contre
  • Les mêmes crises après plusieurs parties
  • Des enchaînements de crises parfois punitifs
  • Des dialogues trop répétitif
  • Un Fast Mode pas assez rapide
  • L'immersion qui s'use à force de répétitions

Battlestar Galactica: Scattered Hopes part d’une idée simple et parfaite pour la licence : survivre, pas gagner. Développé par le studio français Alt Shift et édité par Dotemu, le jeu transforme la fuite de l’humanité en roguelite tactique de gestion de flotte. Je l’ai testé sur PC et sur la console portable ROG Ally, qui fait tourner la version PC, avec le Fast Mode activé. Il m’a souvent happé par sa tension permanente. Chaque saut compte, chaque ressource manque, et chaque crise peut faire dérailler une partie entière. Fan absolu de toutes les séries Battlestar Galactica, j’y ai retrouvé ce mélange de paranoïa, de fatigue morale et de commandement sous pression.

Fiche technique
Battlestar Galactica: Scattered Hopes
Dotemu
24,99 €
Plateformes
PC
Genre
Roguelite tactique
Joueurs
1
PEGI
NC
Mode de jeu
Solo
Plateformes
PC
Genre
Roguelite tactique
Joueurs
1
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Nous jouons sur une version fournie par l’éditeur, ou achetée par nos soins, et nous le précisons toujours en tête d’article. Sur PC, nous testons sur une machine haut de gamme, puis nous vérifions le comportement sur la configuration recommandée par l’éditeur. Côté salon, nous jouons sur PlayStation 5 en modes Performance et Fidélité, sur Xbox Series X dans les mêmes conditions, puis sur Nintendo Switch et Switch 2. Le son passe par un kit 2.1, un kit 5.1 et un casque 5.1.

Nous jugeons d’abord l’écriture, la profondeur des personnages et le rythme du récit. Vient ensuite la jouabilité, avec ses mécaniques, sa courbe de progression et l’ergonomie de ses menus. Nous séparons volontairement la direction artistique des graphismes : un jeu peut être techniquement modeste et visuellement superbe. La bande-son, le doublage et le sound design ont leur propre note. La partie technique juge enfin le rendu, l’animation, la fluidité, les temps de chargement et les bugs rencontrés.

Neuf critères reçoivent chacun leur note, et la note globale en est la moyenne simple, sans pondération. Vous y trouverez un critère que peu de sites osent isoler : le fun. Une jouabilité irréprochable peut profondément ennuyer, quand un système bancal enthousiasme cinquante heures durant. Nous notons donc séparément ce qui fonctionne et ce qui donne envie de relancer une partie.

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Ce test a été réalisé à partir d’une version PC envoyée par Dotemu.

Scénario et écriture de Battlestar Galactica: Scattered Hopes : la survie avant l’héroïsme

Battlestar Galactica: Scattered Hopes ne place le joueur ni aux commandes du Battlestar Galactica, ni dans la peau de l’amiral William Adama, ni d’un pilote. Le jeu suit une flotte isolée après l’anéantissement des Douze Colonies. Je dirige un Gunstar, un vaisseau militaire plus modeste qu’un Battlestar, chargé de protéger des civils et de répondre à l’appel d’Adama.

Le Gunstar Scimitar escorte des vaisseaux civils à travers une nébuleuse verte
Je dirige un Gunstar, plus modeste qu’un Battlestar, chargé de protéger les civils de la flotte.

Cette idée change tout. L’objectif n’est pas de mener une guerre glorieuse contre les Cylons, dont certaines peuvent prendre une apparence humaine. Il s’agit de survivre assez longtemps pour rejoindre le Galactica. Chaque saut PRL, un déplacement plus rapide que la lumière vers un nouveau secteur, nous transfert vers une zone à la sécurité très temporaire.

Une officière de la flotte face à la silhouette d'un inconnu lors d'une transmission ennemie
Les Cylons, ces machines créées par les humains, traquent la flotte jusqu’au dernier saut.

En les batailles, le récit fonctionne par crises successives. Un vaisseau civil manque de nourriture, une faction menace de se révolter, un héros tombe malade, des travailleurs réclament plus de moyens. La pègre propose un service louche, tandis que les militaires veulent une décision brutale. Cette méthode raconte surtout l’état moral et politique de la flotte. Le jeu ne vise pas le spectaculaire à chaque minute : il fait sentir que commander signifie choisir qui va souffrir le moins.

Le Cylon infiltré, les factions et la répétition

L’élément narratif central reste la présence possible d’un Cylon infiltré, une menace qui transforme la paranoïa en mécanique. Il faut accumuler des indices, interroger, surveiller, puis décider quoi faire d’un suspect. Ce système colle très bien à Battlestar Galactica, parce que la série a toujours parlé de confiance brisée, d’identité trouble et de survie collective sous soupçon.

Tableau d'enquête sur les membres d'équipage soupçonnés d'être un Cylon infiltré
Indices, interrogatoires, surveillance : la traque du Cylon infiltré devient une mécanique.

Les factions donnent aussi du relief à la fuite. Militaires, travailleurs et pègre ne veulent pas la même chose, si bien que satisfaire une partie de la flotte peut en braquer une autre. Une décision efficace à court terme peut même devenir un poison deux secteurs plus loin. J’ai beaucoup aimé cette tension, qui donne de la chair à des menus qui auraient pu rester purement comptables.

Une cheffe mécanicienne et un officier défendent deux choix opposés pour la flotte
Satisfaire les travailleurs peut braquer les militaires, et inversement.

La limite vient de la répétition. Après plusieurs parties, les mêmes dialogues, les mêmes crises et les mêmes situations reviennent. L’ordre change et quelques surprises subsistent, mais l’effet de découverte baisse. À force, je ne lis plus toujours une situation dramatique : je vois surtout un obstacle de plus entre deux batailles. C’est dommage, car le jeu perd alors une partie de ce qu’il réussit le mieux, l’impression d’être dans une flotte vivante, au bord de la rupture.

Jouabilité de Battlestar Galactica: Scattered Hopes : une crise de plus, un saut de plus

Battlestar Galactica: Scattered Hopes est un roguelite tactique de survie et de gestion de flotte. Ici, chaque partie demande de traverser des secteurs, de protéger des civils, de produire et surtout trouver des ressources, tout en cherchant à survivre aux attaques cylones.

La gestion au tour par tour et les crises

La phase de gestion se joue au tour par tour. Après chaque saut, la flotte dispose de peu d’actions. Il faut choisir entre récupérer du tylium, le carburant indispensable aux sauts, trouver de la nourriture, collecter de la ferraille, réparer un vaisseau, soigner un héros, enquêter sur un Cylon ou améliorer le Gunstar. Tout manque dans votre flotte et les choix seront parfois cornéliens.

Une crise de carburant frappe un escadron de la flotte, près d'une planète rouge
Panne de carburant, désertion : après chaque saut, une nouvelle crise attend sa réponse.
Un rapport de crise annonce une désertion au sein de la flotte
Panne de carburant, désertion : après chaque saut, une nouvelle crise attend sa réponse.

Les crises apportent beaucoup. Elles cassent la routine et forcent à improviser. La flotte semble alors résister autant au joueur qu’aux Cylons. J’ai vraiment aimé ce système, qui crée de l’inattendu, de la tension et des dilemmes parfois à la limite de l’éthique, et parfois bien au-delà… Le souci arrive dans les niveaux de difficulté élevés, surtout avec un mauvais enchaînement. Certaines crises s’empilent alors sans vraie marge de réponse. La partie ne devient plus difficile, elle devient punitive : le hasard prend trop de place, et le plaisir se transforme en gestion d’incendies impossibles.

Les combats à pause active

Les combats se déroulent en temps réel, avec une pause active. Celle-ci permet d’arrêter l’action pour donner des ordres, changer de cible, lancer une arme ou rappeler un escadron, et elle est indispensable. Les affrontements demandent de tenir environ deux minutes jusqu’au saut suivant, pas de nettoyer toute la zone. Il faut donc intercepter chasseurs, missiles, mines et vaisseaux ennemis, tout en gardant les civils en vie.

Combat spatial figé par la pause tactique, entre une frégate cylone et les vaisseaux de la flotte
La pause active arrête l’action le temps de donner ses ordres.

La tension est excellente. Envoyer un escadron trop loin peut coûter cher, et oublier de le rappeler avant le saut le condamne. Utiliser une arme trop tôt peut aussi laisser la flotte sans réponse face à une menace plus grave. Le jeu crée souvent ce moment Battlestar parfait : la coque tient à peine, les Cylons arrivent, les civils paniquent, puis le saut sauve tout le monde à une seconde près.

La difficulté, le Fast Mode et le confort de jeu

La difficulté reste modulable, avec assez de niveaux pour s’amuser sans subir une lourdeur permanente. Les débutants peuvent entrer plus doucement, et les joueurs qui maîtrisent les systèmes peuvent augmenter la pression. Plus la difficulté grimpe, pourtant, plus les batailles exigent des réactions rapides, une lecture constante et une vraie résistance mentale. La fatigue vient moins de la complexité pure que de l’intensité répétée.

Explosions et tirs croisés au cœur d'une bataille spatiale contre les Cylons
Plus la difficulté grimpe, plus les batailles exigent des réactions rapides.

Le Fast Mode aide un peu, sans aller assez loin. Il accélère certaines séquences et rend les parties plus confortables, mais je n’ai jamais eu l’impression d’un mode vraiment rapide. Les discussions répétées, les transitions et certains temps morts restent visibles : le jeu gagne en confort, pas en nervosité. Sur PC, la souris aide beaucoup pour gérer l’interface, cibler et réagir vite. Sur ROG Ally, le format portable fonctionne, mais les menus chargés et les nombreux éléments à surveiller rendent l’expérience moins confortable. Ce n’est pas injouable, c’est simplement un jeu qui respire mieux devant un écran, avec un contrôle plus précis.

La rejouabilité

La rejouabilité tient bien. Chaque flotte, chaque enchaînement de crises, chaque suspect, chaque perte et chaque combat modifie la partie, et je relance avec plaisir. Après plusieurs essais, la répétition des dialogues et des événements finit toutefois par détacher du récit. Le jeu devient alors plus mécanique, bataille, crise, saut, réparation, bataille : toujours efficace, mais moins immersif.

Technique de Battlestar Galactica: Scattered Hopes : une interface de commandement plus forte que le spectacle

Battlestar Galactica: Scattered Hopes ne mise pas sur une débauche graphique. Sa force vient plutôt de son ambiance de commandement. Écrans sombres, portraits, vaisseaux cabossés, cartes stellaires, alertes, interfaces militaires et silhouettes cylones créent un ton cohérent. La direction artistique a compris la licence : l’espace n’y est pas un terrain d’aventure, mais un couloir de fuite. Juste que les fonds pixélisés comme le bar ou le hangar sont mignons mais je n’ai pas compris ce choix artistique…

Deux membres d'équipage en dialogue sur un écran de commandement
Portraits, écrans sombres et vaisseaux cabossés donnent un ton cohérent à la flotte.
Un membre d'équipage partage un verre au bar du Gunstar
Portraits, écrans sombres et vaisseaux cabossés donnent un ton cohérent à la flotte.

Les combats spatiaux restent efficaces. Le Gunstar, les escadrons, les missiles, les mines et les chasseurs cylons composent une bataille assez dense pour maintenir la pression. Ici, les effets ne visent pas le spectaculaire permanent : ils servent surtout la lecture de la crise, pour savoir ce qui menace, ce qui explose et ce qui doit être intercepté avant le saut.

Escadrons, missiles et chasseurs cylons s'entremêlent autour du Gunstar
Unités, projectiles et alertes s’empilent vite, et l’écran se charge.

Le problème vient de la surcharge. Quand les unités, les projectiles, les alertes et les ordres s’empilent, l’écran devient fatigant. L’interface donne beaucoup d’informations, mais pas toujours au bon endroit ni au bon moment, et dans un jeu qui exige des décisions rapides, cette friction compte. Une barre d’action plus directe, des rappels plus nets ou des raccourcis mieux mis en avant auraient rendu les combats plus confortables.

Les graphismes

Graphiquement, le jeu fait ce qu’il faut. Les artworks et les portraits posent l’ambiance, les vaisseaux ont assez de présence pour donner envie de les protéger, et les cartes de secteur restent claires dans leur intention. Scattered Hopes brille pourtant surtout par ses systèmes et son atmosphère, pas par ses animations, et les séquences visuelles finissent par se répéter après plusieurs tentatives.

Hayato Wilson, pilote de Viper, devant les vaisseaux de la flotte
Les artworks et les portraits posent l’ambiance de commandement.

Sur PC, l’expérience est la plus agréable. Sur ROG Ally, le jeu a pour lui le format nomade, parfait pour relancer une partie. La densité de l’interface rappelle toutefois vite que cette aventure a d’abord été pensée pour le confort d’un poste fixe : la lisibilité des textes et la précision des sélections comptent ici davantage que la puissance brute.

La bande-son et la version française

La partie audio porte énormément l’identité Battlestar. Ainsi, les sonorités sombres, les percussions, les violons, les thèmes de tension et les sons d’alerte installent une atmosphère de survie permanente. Le jeu n’a pas besoin d’imiter chaque note de la série pour retrouver sa couleur. Ajoutez un écran de commandement, un compte à rebours, une alerte cylone et une musique tendue suffisent à recréer cette sensation de flotte traquée.

La flotte en approche d'un secteur cylon, avec l'interface du jeu en français
L’interface et les textes existent en français, sans doublage.

Les textes en français permettent de suivre correctement les crises et les décisions. L’absence de doublage français limite en revanche l’impact de certains échanges. Ce n’est pas bloquant. Dans un jeu aussi bavard, avec autant de dilemmes et de personnages, des voix françaises auraient toutefois renforcé l’attachement.

Conclusion, prix et disponibilité de Battlestar Galactica: Scattered Hopes

Battlestar Galactica: Scattered Hopes est disponible sur PC, au prix de 24,99 euros, sur le site de l’éditeur et chez les revendeurs partenaires.

Images : DR

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