Halloween: The Game vous propose de traquer vos proies en silence : couper le téléphone, isoler un habitant, puis surgir de l’ombre au moment où le groupe d’ami se disperse pour mieux les trucider. Mais quand quatre survivants décident de vous tenir tête, votre aura de tueur résistera-t-elle ?
| Genre | Horreur asymétrique |
|---|---|
| Développeur | IllFonic |
| Éditeur | IllFonic Publishing, Gun Interactive |
| Plateformes | PlayStation 5, Xbox Series X|S, PC (Steam, Epic Games Store) |
| Prix au lancement | 40,99 € |
| Mode de jeu | Solo et multijoueur |
|---|---|
| Nombre de joueurs | 1 à 5 |
| Cross-play | Oui |
| Cross-save | NC |
| Langues audio | Anglais |
|---|---|
| Sous-titres | Français, anglais, allemand, espagnol, italien, japonais, chinois simplifié, russe, coréen, portugais (Brésil) |
| Moteur graphique | NC |
|---|---|
| Taille de téléchargement | 45 Go |
| Version testée | PC |
| Modes FPS | 30 fps (configurations minimale et recommandée, données éditeur) |
| Modes de résolution | 1080p (configuration minimale), 4K (configuration recommandée), données éditeur |
| Support | Physique et dématérialisé |
|---|---|
| DLC / microtransactions | Édition Digital Deluxe (apparences exclusives, deux civils, accès anticipé), mise à niveau vendue séparément. Achats intra-jeu facultatifs. |
| Site officiel | Consulter le site |
| PEGI | 18 |
|---|---|
| Date d’annonce | 20 août 2025 |
| Disponibilité | 8 septembre 2026 |
Halloween: The Game partait avec une idée en or : transformer Haddonfield, Michael Myers et l’atmosphère du film de 1978 en un jeu d’horreur où un tueur traque quatre proies. Sur le papier, la licence semblait taillée pour l’exercice. Manette en main, ou plutôt souris en main, le résultat m’a autant accroché qu’agacé. J’ai surtout aimé jouer Michael. Sa lenteur, les ombres, la traque et les mises à mort donnent vite ce petit frisson de film d’horreur qu’il me tardait de vivre, mais cette fois du côté du tueur.
Comment sont testés les jeux vidéo sur NomadeUrbain.fr ?
Nous jouons sur une version fournie par l’éditeur, ou achetée par nos soins, et nous le précisons toujours en tête d’article. Sur PC, nous testons sur une machine haut de gamme, puis nous vérifions le comportement sur la configuration recommandée par l’éditeur. Côté salon, nous jouons sur PlayStation 5 en modes Performance et Fidélité, sur Xbox Series X dans les mêmes conditions, puis sur Nintendo Switch et Switch 2. Le son passe par un kit 2.1, un kit 5.1 et un casque 5.1.
Nous jugeons d’abord l’écriture, la profondeur des personnages et le rythme du récit. Vient ensuite la jouabilité, avec ses mécaniques, sa courbe de progression et l’ergonomie de ses menus. Nous séparons volontairement la direction artistique des graphismes : un jeu peut être techniquement modeste et visuellement superbe. La bande-son, le doublage et le sound design ont leur propre note. La partie technique juge enfin le rendu, l’animation, la fluidité, les temps de chargement et les bugs rencontrés.
Neuf critères reçoivent chacun leur note, et la note globale en est la moyenne simple, sans pondération. Vous y trouverez un critère que peu de sites osent isoler : le fun. Une jouabilité irréprochable peut profondément ennuyer, quand un système bancal enthousiasme cinquante heures durant. Nous notons donc séparément ce qui fonctionne et ce qui donne envie de relancer une partie.
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Ce test a été réalisé sur une version PC envoyée par IllFonic.
Sommaire
Scénario et écriture de Halloween: The Game : Haddonfield respecte le film, mais le solo reste un tutoriel
Halloween: The Game reprend l’univers d’Halloween : La Nuit des masques, le film de John Carpenter sorti en 1978. Je retrouve Haddonfield, ses maisons de banlieue, ses rues calmes et surtout Michael Myers. Le tueur porte aussi le nom de The Shape, La Silhouette. Le film le montre en effet moins comme un homme que comme une présence muette, lente et impossible à raisonner.


Le mode histoire, à jouer seul, commence à Smith’s Grove, l’asile psychiatrique d’où Michael s’échappe, puis accompagne son retour vers Haddonfield. Le Dr Samuel Loomis, le psychiatre obsédé par le danger que représente son ancien patient, sert de voix pour guider le récit.


Ce mode solo fonctionne surtout comme une initiation au rôle de Michael. Il m’apprend à traquer, à couper les lignes téléphoniques, à isoler les habitants, à me fondre dans l’ombre et à cacher les corps. Le Shape Jump, du nom anglais du tueur, permet à Michael de passer très vite d’une zone d’ombre à une autre. Le jeu reproduit ainsi habilement ses apparitions presque surnaturelles.
Un solo qui forme le tueur, jamais les survivants
Ce mode ne prépare pourtant pas assez au vrai jeu. J’en suis venu à bout en deux heures environ, entre un prologue et cinq chapitres, et il n’enseigne vraiment que le rôle de Michael. Tout le reste se découvre en ligne, au milieu du chaos. C’est dommage, car le principe exige des règles claires. Un joueur incarne Michael, quatre autres jouent les survivants, et des habitants dirigés par l’ordinateur sont à sauver ou à sacrifier selon la situation.

L’écriture, elle, ne réinvente pas Halloween et préfère en respecter l’atmosphère. Les dialogues sont rares et l’attente règne. Seules les radios et les télévisions troublent le silence des intérieurs, jusqu’à ce qu’une silhouette se découpe au loin. Ce jeu comprend Michael comme il comprend Haddonfield. Il échoue en revanche à expliquer comment profiter pleinement de ses propres règles.
Jouabilité de Halloween: The Game : Michael amuse, les survivants apprennent dans la douleur
Dans la peau de Michael, Halloween: The Game tient son meilleur rôle. J’avance lentement, j’observe, je bloque les issues et je repère mes proies, puis je surgis au bon moment pour déclencher une mise à mort. Ces exécutions tirent parti des lieux, qu’il s’agisse du mobilier, du garage, de la cuisine ou de l’atelier. Elles varient beaucoup et collent parfaitement aux codes du film d’horreur.

Jouer Michael procure donc vite du plaisir. Il ne s’agit pas de courir comme un tueur nerveux, mais de construire la peur. Je coupe le téléphone fixe, je rôde derrière une fenêtre, j’isole un habitant et je pousse les survivants à paniquer, puis je frappe quand le groupe se disperse. Quand la partie se déroule bien, le jeu tient exactement la promesse de la licence : incarner une menace lente, méthodique, presque absurde dans son obstination.
Quand La Silhouette perd son aura
Cette sensation peut pourtant s’effondrer, car Michael devient parfois trop facile à contrer. Des survivants bien équipés peuvent l’aveugler, l’esquiver, le frapper, filer à vélo ou le ralentir assez longtemps pour briser son aura. La scène reste drôle, surtout entre amateurs du genre, mais l’horreur s’évapore vite quand La Silhouette se fait malmener comme un videur fatigué.

Côté survivants, les idées ne manquent pas. Il faut fouiller les maisons pour trouver des armes, des soins, des boissons énergisantes et des outils. Il faut aussi verrouiller les portes, aider des habitants, réparer une voiture ou chercher une issue. Avant la partie, des cartes d’avantages s’équipent comme des bonus. Elles modifient les capacités de chaque civil et s’ajoutent à ses statistiques et à ses objets de départ.


L’apprentissage, lui, pose problème. Beaucoup trop de règles restent mal expliquées, et en partie publique, cela se voit tout de suite. Certains joueurs courent partout, d’autres ne savent pas quoi faire en priorité, et les objectifs avancent sans la moindre coordination, ce dont Michael profite. À l’inverse, dès que les survivants savent jouer, la partie peut basculer brutalement contre lui. L’équilibrage manque donc encore beaucoup de finesse.
Une seconde vie après la mort, un mur pour les novices
La mort ne met pas toujours fin à la partie. Des mini-jeux et des actions de soutien permettent d’aider les survivants encore en vie. Certains rôles, comme celui du policier ou du médecin, offrent aussi des moments amusants. Cette bonne idée limite l’ennui après une élimination précoce, même si ces activités restent trop légères pour vraiment passionner.

Le jeu souffre surtout d’un vrai problème d’accès. Un fan de films d’horreur, de jeux asymétriques ou de soirées chaotiques acceptera de prendre sur lui. Il apprendra, pestera, relancera, saisira les bons moments pour agir, exploitera Michael ou trouvera des astuces de survie. Le grand public, venu chercher un frisson simple pour Halloween, risque en revanche de lâcher trop vite. Un principe aussi immédiat sur le papier ne devrait pas demander autant d’efforts avant d’être maîtrisé. Surtout qu’à la manette, les commandes ne répondent pas toujours au doigt et à l’œil. En partie publique, le plaisir dépend beaucoup trop des partenaires, des bugs et du niveau général. Halloween: The Game donne envie de l’aimer, mais il demande trop au joueur de compenser ses angles morts.
Technique de Halloween: The Game : l’ambiance gagne, la finition fait peur pour de mauvaises raisons
Le jeu d’IllFonic doit l’essentiel de ses réussites à sa direction artistique. Haddonfield a la bonne lumière, les bonnes couleurs, les bonnes maisons et cette ambiance de banlieue trop calme pour être rassurante. Les vêtements, les voitures, les intérieurs et une foule de petits détails d’époque renvoient tous à 1978. Le jeu n’a d’ailleurs pas besoin d’en faire trop : une rue vide, une lampe jaunit, une fenêtre et un masque blanc suffisent.


Michael bénéficie aussi d’une belle présence. Son pas lourd, sa posture, son silence et ses apparitions dans l’ombre rappellent pourquoi ce personnage fonctionne encore. Ses exécutions, gores sans être gratuites, servent l’identité du film d’horreur tout en offrant aux joueurs des moments mémorables.
Quand les bugs font plus peur que Michael
Graphiquement, la version PC reste correcte, sans m’impressionner. Les décors et les jeux de lumières assurent l’ambiance, mais les textures, les animations et les interactions montrent vite leurs limites. Les personnages manquent parfois de naturel, leurs déplacements sont un peu trop raides, et des collisions étranges me surprennent trop souvent. Certains objets accrochent, certains mouvements partent de travers, et la scène vire alors au gag involontaire.

Les bugs pèsent lourd. Des personnages traversent les décors, les habitants réagissent de façon erratique, les policiers peinent à convaincre, et les interactions se montrent capricieuses. Aucun de ces défauts n’est grave pris isolément, mais leur accumulation gâche le plaisir. Dans un jeu où un tueur affronte quatre survivants, chaque bug peut ruiner une fuite ou transformer une mise à mort en séquence ridicule.
Le silence comme arme, la VF aux abonnés absents
La bande-son se hisse au niveau de la direction artistique. Si la musique culte du film fait son petit effet, ce sont les bruitages qui installent la tension. Comme il se doit, des bruits de pas ou une respiration derrière soi suffisent à déclencher la panique. Le jeu a compris qu’Halloween vit autant par le silence que par ses mélodies et encore plus ses silences. L’absence de doublage français n’est pas bloquante, mais regrettable. De plus, l’interface et les explications auraient gagné à être plus soignées.

La technique laisse donc une impression étrange. L’atmosphère est là, la fidélité aussi, et le plaisir de voir Haddonfield adapté avec amour est bien réel. La finition, elle, ne suit pas ce niveau de respect de l’oeuvre originale.
Conclusion, prix et disponibilité de Halloween: The Game
Halloween: The Game est disponible sur PC, PlayStation 5 et Xbox Series X|S, au prix de 40,99 euros, sur le site de l’éditeur et chez les revendeurs partenaires.
Images : DR
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