Avec Forza Horizon 6, le studio britannique Playground Games promet aux joueurs le voyage qu’ils réclamaient depuis des années : le Japon, ses sportives et ses routes de montagne, où est né le drift, l’art de négocier les virages en glissade. Mais sur un terrain aussi attendu, ce sixième épisode peut-il encore surprendre un habitué ?
- Un Japon superbe, en quatre saisons
- Tokyo, la plus grande ville de la série
- Des routes de montagne taillées pour le drift
- Une conduite immédiate et pourtant riche
- Plus de 550 voitures
- Une fluidité impeccable
- Des outils de création riches
- Pas de doublage français
- Une formule très prudente
- Des voitures trop vite gagnées
- Une préparation esthétique trop sage
- Une image parfois floue sur Xbox Series X
- Des passants figés
J’ai lancé Forza Horizon 6 avec une impatience rare. Pour la première fois, la série s’installe au Japon, le pays de la Toyota Supra et du drift. Une question m’a trotté dans la tête dès les premiers kilomètres : ce décor de rêve allait-il changer ma façon de conduire ? Et surtout, la formule a-t-elle évolué, ou le studio n’a-t-il pris aucun risque ? Une soixantaine d’heures plus tard, je reviens encore sur ses routes. Le voyage est splendide, généreux et souvent grisant, mais Playground Games me laisse pourtant un peu sur ma faim
| Genre | Course arcade, monde ouvert |
|---|---|
| Développeur | Playground Games |
| Éditeur | Xbox Game Studios |
| Plateformes | PC (Steam, Microsoft Store), Xbox Series X|S, PlayStation 5 (annoncée pour fin 2026) |
| Prix au lancement | 69,99 € |
| Mode de jeu | Solo et multijoueur |
|---|---|
| Nombre de joueurs | 1 à 12 |
| Cross-play | Oui |
| Cross-save | Oui |
| Langues audio | Anglais, allemand, italien, espagnol, espagnol (Amérique latine), japonais, coréen, chinois simplifié, chinois traditionnel, portugais brésilien |
|---|---|
| Sous-titres | Français, anglais, allemand, italien, espagnol, espagnol (Amérique latine), portugais, portugais brésilien, néerlandais, danois, finnois, norvégien, suédois, polonais, tchèque, hongrois, grec, russe, turc, japonais, coréen, chinois simplifié, chinois traditionnel |
| Moteur graphique | NC |
|---|---|
| Taille de téléchargement | 167 Go sur PC |
| Version testée | NC |
| Modes FPS | NC |
| Modes de résolution | 4K Ultra HD et HDR10 sur Xbox Series X (donnée éditeur) |
| Support | Physique et dématérialisé |
|---|---|
| DLC / microtransactions | Achats intégrés facultatifs (voitures et objets). Édition Deluxe (99,99 €) avec le Car Pass de 30 voitures ; édition Premium (119,99 €) avec le Car Pass, l'abonnement VIP, le pack de bienvenue, deux extensions à venir et quatre jours d'accès anticipé. Chaque contenu se vend aussi séparément sur Steam : Car Pass 29,99 €, VIP 19,99 €, pack de bienvenue 4,99 €, lot des deux extensions 49,99 €, packs et voitures à l'unité de 2,99 € à 9,99 €. |
| PEGI | 3 |
|---|---|
| Disponibilité | 19 mai 2026 |
Comment sont testés les jeux vidéo sur NomadeUrbain.fr ?
Nous jouons sur une version fournie par l’éditeur, ou achetée par nos soins, et nous le précisons toujours en tête d’article. Sur PC, nous testons sur une machine haut de gamme, puis nous vérifions le comportement sur la configuration recommandée par l’éditeur. Côté salon, nous jouons sur PlayStation 5 en modes Performance et Fidélité, sur Xbox Series X dans les mêmes conditions, puis sur Nintendo Switch et Switch 2. Le son passe par un kit 2.1, un kit 5.1 et un casque 5.1.
Nous jugeons d’abord l’écriture, la profondeur des personnages et le rythme du récit. Vient ensuite la jouabilité, avec ses mécaniques, sa courbe de progression et l’ergonomie de ses menus. Nous séparons volontairement la direction artistique des graphismes : un jeu peut être techniquement modeste et visuellement superbe. La bande-son, le doublage et le sound design ont leur propre note. La partie technique juge enfin le rendu, l’animation, la fluidité, les temps de chargement et les bugs rencontrés.
Neuf critères reçoivent chacun leur note, et la note globale en est la moyenne simple, sans pondération. Vous y trouverez un critère que peu de sites osent isoler : le fun. Une jouabilité irréprochable peut profondément ennuyer, quand un système bancal enthousiasme cinquante heures durant. Nous notons donc séparément ce qui fonctionne et ce qui donne envie de relancer une partie.
Découvrir notre protocole de test des jeux vidéo
Ce test a été réalisé sur PC et sur Xbox Series X, avec une version fournie par Xbox.
Sommaire
Scénario et écriture de Forza Horizon 6 : le spectacle prend le pas sur le récit
Comme ses prédécesseurs, Forza Horizon 6 a pour cadre le Festival Horizon, une grande fête automobile, et sa carte se couvre d’épreuves, de voitures à gagner et d’activités qui surgissent au bord de la route. Un nouveau défi m’attend toujours à moins de deux kilomètres. Je quitte une course sur route pour une zone de drift, qui note mes glissades, avant de franchir à pleine vitesse un radar, qui relève ma vitesse de pointe. Il m’arrive aussi de rester vingt minutes à photographier ma voiture devant un temple.

Deux volets se partagent ce festival. Le premier, le Festival Horizon Japan, enchaîne courses et championnats jusqu’aux Showcases, des épreuves-spectacle où ma voiture se mesure à des avions de voltige ou à Chaser Zero, un robot géant. C’est absurde, bruyant, calibré pour faire sourire, et le charme opère toujours. Le second, Discover Japan, pousse à explorer le pays. J’y photographie des fresques et des sites célèbres, je renverse des mascottes cachées sur la carte et je pars en virées touristiques consacrées à la culture automobile locale. Chaque découverte remplit un carnet de collection qui débloque des récompenses, comme des maisons à acheter.


Ces virées ont le mérite de raconter le Japon, ses lieux, ses routes et parfois ses voitures. Le récit, lui, me déçoit : les Histoires, de petites campagnes scénarisées distinctes de ces virées, laissent moins de souvenirs que dans Forza Horizon 4 ou 5, et certaines missions de livraison, qui consistent à acheminer des commandes d’un point à l’autre de la carte, s’essoufflent vite.
Des sous-titres à lire à 250 km/h
Pour moi, le vrai point noir tient à l’absence de doublage français. Xbox France l’a confirmé : la version française se limite aux menus et aux sous-titres. Pour l’une des plus importantes productions de Microsoft, ce manque pèse lourd. Quand un personnage me raconte une anecdote alors que je file à 250 km/h, je dois quitter la route des yeux pour lire les sous-titres en plein virage.
Jouabilité de Forza Horizon 6 : une conduite qui a du poids, un garage qui déborde
La conduite reste le cœur de mon plaisir. Forza Horizon 6 est un jeu de course arcade, c’est-à-dire accessible et prêt à pardonner bien des erreurs, sans jamais paraître simpliste. Les voitures ont du poids, les distances de freinage varient selon l’adhérence et les transferts de masse se ressentent à chaque virage. Les propulsions, dont seules les roues arrière entraînent la voiture, exigent du doigté en sortie de courbe, tandis que les quatre roues motrices avalent les changements de revêtement sans broncher. Je m’amuse dès la première minute, puis je découvre de vraies nuances en attaquant plus fort.

À la manette, je dose finement le frein et l’accélérateur aux gâchettes, et je braque au stick avec souplesse. Le frein à main sert autant à lancer une glissade qu’à rattraper un virage mal engagé, et le rembobinage, qui ramène la course quelques secondes en arrière, efface les erreurs d’inattention. Surtout, chaque aide à la conduite s’active ou se coupe séparément. La trajectoire tracée au sol signale les zones de freinage, l’antipatinage empêche les roues motrices de s’emballer à l’accélération, et l’ABS évite qu’elles se bloquent quand j’écrase la pédale. Je commence détendu, puis je retire les filets un à un, et la conduite devient plus nerveuse. Les dégâts et le niveau des Drivatars, ces adversaires pilotés par l’ordinateur qui imitent le style de vrais joueurs, se règlent à part. Ceux qui cherchent la simulation pure se tourneront vers Forza Motorsport, Assetto Corsa Competizione ou, à moto, MotoGP 26.
Tokyo et les routes de montagne changent la nature du plaisir
Le Japon modifie ma façon de conduire, pas seulement le paysage. Tokyo, la plus grande ville jamais bâtie pour la série, impose une conduite urbaine : entre les grandes artères, les tunnels et les ruelles de quartiers comme Shibuya ou Akihabara, chaque carrefour se négocie au frein. Les routes de montagne ouvrent un autre registre, celui du tōge, la course sur routes de col, en duel ou contre la montre. En montée comme en descente, chaque épingle, ce virage serré en forme de U, exige de placer la voiture tôt, de soigner la relance et de garder assez de marge pour ne pas finir dans le décor.

Le drift profite évidemment de ce cadre, et les propulsions japonaises les plus célèbres figurent toutes au garage, qu’il s’agisse de la Toyota AE86, la voiture du héros d’Initial D, le manga culte des courses de montagne, de la Supra MK4 ou de la Nissan Skyline R34 GT-R. Le jeu ne délaisse pas pour autant les sportives européennes et américaines.


Le dosage des épreuves me paraît parfois irrégulier. Certaines courses de rue se corsent à cause des chaussées mouillées et des murs tout proches, quand d’autres se gagnent trop facilement avec une voiture bien préparée. Les Drivatars résistent fort à un niveau donné, puis paraissent trop dociles au niveau supérieur. L’équilibre manque de finesse, sans jamais gâcher mon plaisir.
Une progression mieux rangée, des voitures trop vite gagnées
La progression suit désormais une échelle claire. Le festival se gravit en sept paliers, chacun marqué par un bracelet de couleur. Pour décrocher le suivant, je cumule des points de festival en remportant des épreuves, puis je réussis une épreuve décisive, et chaque bracelet ouvre des courses réservées à des voitures plus puissantes. Le septième, en or, donne accès à l’île Légende, qui concentre les défis les plus longs du jeu, dont The Colossus, une course géante qui fait le tour de la carte par l’autoroute. Contrairement à Forza Horizon 5, où presque tout s’ouvrait dès les premières minutes, ici chaque palier se mérite.

La distribution des voitures, elle, se montre presque trop généreuse. La roue des récompenses, une loterie qui offre au hasard une voiture, des crédits, un klaxon ou une tenue pour mon personnage, est plus avare que dans Forza Horizon 5, mais les voitures arrivent par bien d’autres voies : courses, livraisons, exploration. Je ne sue pas assez pour mériter certaines d’entre elles. Or la série brille quand elle me donne une raison de choisir une voiture, de la préparer, de la garder et d’apprendre à la connaître. Ici, une voiture d’exception chasse l’autre avant que j’aie le temps de m’y attacher.

Playground Games annonce plus de 550 voitures. Le garage réunit des supercars, des sportives japonaises et des voitures de collection, mais aussi des kei cars, ces citadines minuscules dont la loi japonaise fixe les dimensions, des taxis et des monstres de Time Attack, taillés pour signer le meilleur temps sur circuit, de quoi changer radicalement de conduite d’une épreuve à l’autre.
Immense pour créer et partager, trop sage sous la carrosserie
La personnalisation se juge en deux temps. Pour habiller la voiture et l’exposer, Forza Horizon 6 offre une richesse rare. Je compose des livrées, ces décorations peintes sur la carrosserie à partir de formes et de motifs superposés, et je peux, pour la première fois dans la série, peindre aussi les vitres. Je télécharge les livrées des autres joueurs, et j’achète même, en crédits du jeu, la copie d’une voiture qu’ils ont préparée. Huit garages, ces bases où je range mes voitures et qui servent de points de voyage rapide, s’aménagent jusqu’au mobilier et à l’éclairage. The Estate, une vallée de montagne, s’aménage librement : j’y construis de quoi organiser des rassemblements ou tracer mes propres circuits. J’ai essayé plusieurs de ces outils, et je pourrais passer plus de temps à créer qu’à courir.

Pour la préparation esthétique, en revanche, j’attendais davantage d’un épisode japonais. Les kits de carrosserie de préparateurs comme Liberty Walk ou Rocket Bunny, dont les ailes élargies sont devenues la signature, transforment la silhouette de certains modèles, et les jantes peuvent différer entre l’avant et l’arrière. Beaucoup de voitures se contentent pourtant de pièces communes à tous les modèles. J’aurais aimé plus de pare-chocs, d’échappements, de sièges et de volants propres à chacune. Le jeu soigne tout ce qui entoure la voiture, bien plus que sa carrosserie et son habitacle.
Braquer en ligne
Le jeu en ligne prolonge largement l’aventure. Horizon Play réunit des modes compétitifs, comme The Eliminator, une course à l’élimination qui accueille jusqu’à 72 joueurs, ou des duels de tōge. Horizon Stunt Party, enfin, surgit sans prévenir : un grand cercle rose signale la zone sur la carte, et les joueurs connectés à la même session ont une dizaine de minutes pour s’y rendre, avant d’enchaîner ensemble trois manches de sauts, de drift et d’objets à percuter. Ces rendez-vous m’ont plu, mais leur attrait devra tenir sur la durée, car une grande part du plaisir dépend de la vie des serveurs.
Technique de Forza Horizon 6 : un Japon superbe en toutes saisons,
Forza Horizon 6 m’éblouit souvent. La carte compose un Japon en réduction d’une grande variété : aux quartiers illuminés de Tokyo répondent le mont Fuji, les routes de montagne au petit matin et des villages comme Ine, où les maisons des pêcheurs abritent les bateaux au ras de l’eau. J’ai rarement eu autant envie de rouler sans but, et j’ai souvent coupé le GPS pour me laisser guider par une route qui me plaisait.


Les saisons renouvellent ce décor chaque semaine, et j’ai traversé les quatre. Au printemps, les cerisiers fleurissent. L’été apporte les lucioles et les carpes koï, l’automne étend une mer de nuages sur les plaines, et l’hiver gèle les rizières et enneige les chemins, tandis que la haute montagne reste blanche toute l’année. La météo s’en mêle, entre pluies battantes, orages soudains et nappes de brouillard, et la pluie comme la neige pèsent directement sur l’adhérence : sur route détrempée, certaines supercars deviennent nettement moins dociles. La nuit, les néons de Tokyo se reflètent sur les carrosseries mouillées, pour une vision presque onirique.
Sur PC, la débauche d’effets ne coûte rien à la fluidité
Sur mon PC de test, équipé d’une GeForce RTX 4080, Forza Horizon 6 m’impressionne surtout par sa fluidité. L’écran déborde de textures, d’effets et de lumières, et l’affichage ne faiblit pourtant pas. L’éclairage profite du ray tracing, une technique qui simule le trajet réel de la lumière, et la netteté offre une version très flatteuse de ce Japon.

Sur Xbox Series X, j’ai choisi le mode Performance, à 60 images par seconde. Pour un jeu de course, ce choix me paraît presque obligatoire : face aux 30 images par seconde du mode Qualité, la conduite respire mieux, la voiture répond plus naturellement à mes gestes et les enchaînements de virages gagnent en confort.


Ce mode a toutefois un prix. Sa définition s’adapte en permanence pour tenir la cadence, si bien que le rendu perd en piqué face à un PC puissant, avec des passages nettement flous pour un jeu phare de Xbox. Le mode Qualité, en 4K native, affine l’affichage et ajoute des reflets calculés en ray tracing sur les carrosseries, mais sa fluidité réduite de moitié s’accorde un peu moins bien avec le rythme de la série.
Des voitures vivantes, des passants figés
Le diable se cache toujours dans les détails. Ici, les passants restent sommaires et réagissent rarement de façon convaincante, certains reflets d’eau manquent de naturel, et la foule anionyme rompt parfois le charme. Ces accrocs sont mineurs, mais dans un jeu aussi beau, le moindre d’entre eux me saute aux yeux.

L’animation des voitures me convainc pleinement. Les suspensions travaillent, les carrosseries plongent au freinage, et chaque perte d’adhérence se lit dans la posture de la voiture. La circulation, en revanche, me paraît aussi peu crédible que dans les épisodes précédents : elle anime le monde sans jamais évoquer un vrai Japon du quotidien.
Une bande-son riche, sans Eurobeat ni voix françaises
La partie son me plonge dans ce Japon autant que l’image. Dans les tunnels, les parois amplifient le sifflement des turbos et le cri aigu des moteurs, et la ville sait aussi se faire entendre aussi, entre le brouhaha des quartiers, les carillons et les clochettes à vent de l’été. Neuf stations de radio accompagnent la route, chacune dans son genre. La station japonaise, Gacha City Radio, mêle J-pop, city pop, la pop urbaine japonaise des années 1980, et musiques d’anime. Technopolis, le morceau que Yellow Magic Orchestra, pionnier japonais de la musique électronique, consacrait à Tokyo en 1979, y trouve naturellement sa place.

Faute de voix françaises, enfin, les animateurs des radios parlent en anglais, et tous leurs propos ne sont pas sous-titrés : une partie de leurs anecdotes m’échappe en conduisant. Pour une licence Microsoft de cette ampleur, je l’accepte mal.
Conclusion, prix et disponibilité de Forza Horizon 6
Forza Horizon 6 est disponible sur Xbox Series X|S et PC, au prix de 69,99 euros, sur le site de l’éditeur et chez les revendeurs partenaires. Il est aussi inclus dans les abonnements Game Pass Ultimate et PC Game Pass. La version PlayStation 5 est attendue le 26 janvier 2027.
Images : DR
Liens affiliés : Nomade Urbain peut percevoir une commission après certains achats, sans coût supplémentaire pour vous. Notre sélection, nos tests et nos notes restent indépendants. En savoir plus.