Marvel Tōkon: Fighting Souls vous met aux commandes d’un crossover Marvel : quatre héros ou vilains dans votre équipe, des partenaires qui surgissent en renfort et des attaques collectives qui font exploser l’écran. Mais avec autant de variété, est-il vraiment possible de maîtriser tout le jeu, et le style de chacun de ses combattants ?
Marvel et Arc System Works sur une même affiche : l’annonce parle à deux publics à la fois. Les lecteurs de comics voient enfin leurs héros s’affronter dans un vrai jeu de combat. Les connaisseurs du genre, eux, reconnaissent le studio japonais de Guilty Gear et de Dragon Ball FighterZ. Ils songent déjà aux heures à passer en mode entraînement. Avec Marvel Tōkon: Fighting Souls, le plaisir ne m’a pas fait attendre. Il m’a suffi de composer mon équipe, d’appeler un partenaire en renfort et d’embraser l’écran d’une attaque démesurée pour être conquis.
- Le style comics et animation japonaise
- La barre de vie commune
- Des commandes accessibles
- Un plaisir immédiat
- Des synergies d'équipe riches
- Des animations spectaculaires
- Un doublage français intégral
- Un casting aux choix inattendus
- Le jeu croisé PS5 et PC
- Un mode histoire léger
- Trop peu de combattants
- Trop peu de seconds couteaux
- Une défense plus rude que l'attaque
- Un écran chargé pour les débutants
- Un tutoriel loin du match
- Une communauté en ligne à surveiller
- Pas les voix des films
La façade du jeu se montre très accueillante. La direction artistique marie comics et animation japonaise, les attaques envahissent l’écran, et le casting fait se croiser Avengers, X-Men, Gardiens et grands méchants. Derrière cette vitrine, le jeu réclame pourtant plus de travail qu’il n’y paraît. Ses mécaniques s’apprivoisent vite ; les appliquer en plein match demande du temps.
| Genre | Combat |
|---|---|
| Développeur | Arc System Works |
| Éditeur | Sony Interactive Entertainment |
| Plateformes | PlayStation 5, PC (Steam, Epic Games Store) |
| Prix au lancement | 69,99 € |
| Mode de jeu | Solo et multijoueur |
|---|---|
| Nombre de joueurs | 1 à 2 |
| Cross-play | Oui |
| Cross-save | NC |
| Langues audio | Français, anglais, allemand, espagnol, espagnol (Mexique), italien, japonais, coréen, chinois, portugais (Brésil) |
|---|---|
| Sous-titres | Français, anglais, allemand, arabe, chinois simplifié, chinois traditionnel, coréen, espagnol, espagnol (Mexique), italien, japonais, polonais, portugais (Brésil), portugais (Portugal), russe, thaï |
| Moteur graphique | NC |
|---|---|
| Taille de téléchargement | 27 Go sur PC |
| Version testée | PlayStation 5 |
| Modes FPS | NC |
| Modes de résolution | 4K, optimisé PS5 Pro (données éditeur) |
| Support | Physique et dématérialisé |
|---|---|
| DLC / microtransactions | Pass de personnages et de niveaux (année 1) à 34,99 €, éditions Deluxe numérique et Ultimate, mise à niveau vers l'édition Ultimate à 40 €. Achats intra-jeu facultatifs. |
| Site officiel | Consulter le site |
| PEGI | 12 |
|---|---|
| Date d’annonce | 4 juin 2025 |
| Disponibilité | 6 août 2026 |
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Nous jouons sur une version fournie par l’éditeur, ou achetée par nos soins, et nous le précisons toujours en tête d’article. Sur PC, nous testons sur une machine haut de gamme, puis nous vérifions le comportement sur la configuration recommandée par l’éditeur. Côté salon, nous jouons sur PlayStation 5 en modes Performance et Fidélité, sur Xbox Series X dans les mêmes conditions, puis sur Nintendo Switch et Switch 2. Le son passe par un kit 2.1, un kit 5.1 et un casque 5.1.
Nous jugeons d’abord l’écriture, la profondeur des personnages et le rythme du récit. Vient ensuite la jouabilité, avec ses mécaniques, sa courbe de progression et l’ergonomie de ses menus. Nous séparons volontairement la direction artistique des graphismes : un jeu peut être techniquement modeste et visuellement superbe. La bande-son, le doublage et le sound design ont leur propre note. La partie technique juge enfin le rendu, l’animation, la fluidité, les temps de chargement et les bugs rencontrés.
Neuf critères reçoivent chacun leur note, et la note globale en est la moyenne simple, sans pondération. Vous y trouverez un critère que peu de sites osent isoler : le fun. Une jouabilité irréprochable peut profondément ennuyer, quand un système bancal enthousiasme cinquante heures durant. Nous notons donc séparément ce qui fonctionne et ce qui donne envie de relancer une partie.
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Ce test a été réalisé sur une version PS5 envoyée par PlayStation.
Sommaire
Scénario et écriture de Marvel Tōkon: Fighting Souls : un crossover de comics, pas une saga
Tout commence par une compétition, le Défi du Champion. Le Champion de l’Univers débarque sur Terre à la recherche d’adversaires à sa mesure. Il appartient aux Doyens de l’Univers, ces êtres comptés parmi les plus anciens du cosmos Marvel. Héros et vilains se retrouvent alors entraînés dans une série d’affrontements dont dépend le sort de la planète.
Un comics à feuilleter entre deux combats
Le mode Épisode tient lieu de campagne principale. Il déroule cinq histoires, une par équipe : les Redoutables Avengers, les X-Men, les Incroyables Gardiens, les Samouraïs déchaînés et les Chevaliers de Fatalis. Kieron Gillen, scénariste de plusieurs séries Marvel, les a toutes écrites, et chacune est confiée à un dessinateur différent. Les chapitres s’animent en pages de comics, cases dynamiques et poses héroïques comprises, et les personnages s’y lancent des piques entre deux répliques vives. Le procédé épouse l’esprit Marvel, si bien que les combats s’enchaînent comme dans un crossover acheté en librairie. J’y retrouve le plaisir tout simple du « qui bat qui ? », surtout quand la scène réunit des personnages que tout oppose.

N’attendez pas pour autant une grande aventure en solo. Les épisodes changent de point de vue, mais tous tournent autour de la même affaire. Chaque équipe colore les dialogues à sa manière, sans que le fond gagne en épaisseur. Le récit habille les affrontements, il n’en est jamais le cœur. Mortal Kombat a habitué une partie du public à de grandes campagnes cinématiques. Arc System Works livre plutôt un comics en bonus, à feuilleter avant les matchs qui comptent.
Il m’a fallu une petite dizaine d’heures, sans me forcer, pour boucler les cinq histoires. Le doublage intégral en français rend ces épisodes agréables à suivre, ce qui n’a rien d’acquis dans un jeu de combat.
Du beau monde, mais pas encore assez
Le casting a davantage de caractère que le scénario. Captain America, Iron Man, Black Panther, Hulk, Tornade, Magik, Wolverine, Danger, Spider-Man, Ms. Marvel, Star-Lord, Peni Parker, Ghost Rider, Blade, Deadpool, Loki, le Docteur Fatalis, Magnéto, le Bouffon vert et Carnage forment l’effectif de départ. Terminer l’une des histoires du mode Épisode débloque un vingt et unième combattant, le Champion. Ce choix évite la simple compilation des films Marvel. Avec Magik, Danger ou Peni Parker, le jeu va en effet chercher bien au-delà des têtes d’affiche.


Le regret tient au nombre. Vingt et un personnages suffiraient largement à un jeu de combat en duel. En 4 contre 4, l’effectif paraît plus serré, puisque chaque équipe en mobilise quatre et que les compositions reviennent vite aux mêmes visages. Marvel dispose pourtant d’un vivier de héros et de vilains immense. J’aurais donc aimé plus de folie dès le lancement, avec davantage de mutants, de seconds couteaux, de méchants improbables et de créatures introuvables ailleurs.
Jouabilité de Marvel Tōkon: Fighting Souls : simple à lancer, exigeant à bien jouer
Marvel Tōkon: Fighting Souls appartient à la famille des tag fighters, ces jeux de combat en équipe où plusieurs personnages se relaient au cours d’un même match. Chaque joueur aligne quatre combattants. Un seul occupe l’écran. Les trois autres attendent en réserve, prêts à prendre le relais, à l’épauler ou à prolonger une offensive selon leur place dans l’équipe. La meilleure idée du jeu tient à sa barre de vie commune. Les quatre combattants puisent dans la même jauge, si bien que le match ne se découpe jamais en quatre duels successifs. Je peux m’appuyer sur un héros principal, faire des trois autres ses soutiens et bâtir l’équipe autour d’un plan clair. Le format 4 contre 4 intimide alors bien moins que prévu.

Les commandes privilégient l’accessibilité. Les coups spéciaux sortent sans peine, les combinaisons de touches varient peu d’un personnage à l’autre, et des raccourcis déclenchent en un instant les actions les plus spectaculaires. Nul besoin d’un doigté de virtuose pour prendre du plaisir. Avec Spider-Man, Wolverine ou Deadpool, je déclenche une attaque flamboyante, puis j’appelle un partenaire en renfort, ce que les joueurs nomment un assist. Le sentiment de briller vient presque aussitôt.
Cette accessibilité touche pourtant les mécaniques, pas leur application. Défendre proprement, repérer les assists adverses et savoir quel personnage agit à l’écran s’apprennent longuement. Il en va de même pour reprendre la main quand l’adversaire enchaîne les attaques, ou pour choisir le bon moment de changer de combattant. Marvel Tōkon ouvre la porte, puis il demande de travailler. C’est précisément là que les amateurs de jeux de combat trouveront de quoi s’accrocher.
Quand l’équipe tourne, c’est le feu d’artifice
Un assist appelle brièvement un équipier en renfort, pendant que le personnage principal reste en jeu. Cette mécanique donne aux matchs une vraie profondeur. L’équipier appelé peut en effet couvrir une approche, prolonger un combo ou contraindre l’adversaire à bloquer. Il peut aussi éviter une punition, cette riposte qui sanctionne un coup manqué. L’ordre de passage compte aussi. Le premier personnage ne tient pas le même rôle que le quatrième. Les héros ne se complètent donc pas de la même façon selon leur place.

Quand l’équipe tourne, Marvel Tōkon montre ce qu’il a de meilleur. Spider-Man ouvre le jeu par sa mobilité, Tornade verrouille une zone, et Hulk brise la garde adverse. Le Docteur Fatalis entretient ensuite la pression, cette pluie d’attaques qui empêche l’adversaire de souffler. Une attaque collective change enfin l’écran en feu d’artifice. Je retrouve alors la signature d’Arc System Works : la vitesse, l’impact, des coups dont l’intention saute aux yeux et ce plaisir du combo qui enfle jusqu’à l’absurde.
Le revers du spectacle
Le revers apparaît quand le spectacle déborde. Entre les assists, les effets, les super attaques, les changements de personnage et les couleurs, l’écran se sature vite. Un débutant peut perdre son personnage de vue, ignorer d’où vient un coup ou subir un long enchaînement sans entrevoir la moindre issue. Le jeu donne très tôt l’impression de réussir des prouesses, alors que comprendre pourquoi elles fonctionnent prend bien plus longtemps.


La défense, elle, se montre bien moins accueillante. Attaquer procure un plaisir immédiat, tandis qu’encaisser, bloquer, contrer et reprendre l’initiative réclament de la patience. C’est le travers fréquent des jeux très offensifs : le débutant s’amuse tant qu’il martèle les boutons, puis découvre la brutalité du niveau réel en ligne. Marvel Tōkon n’y échappe pas.
Le tutoriel pose les bases sans préparer à tout. Les défis, ces épreuves propres à chaque personnage, offrent de quoi progresser, et le mode entraînement permet de roder des enchaînements. Un système en 4 contre 4 aussi riche aurait pourtant mérité un accompagnement plus vivant, nourri de situations de match. Comment survivre à une pression, reconnaître un assist dangereux ou composer une équipe selon son style ? Le jeu laisse le joueur trouver seul les réponses.
Une vie après l’histoire, surtout en ligne
Sorti le 6 août 2026 sur PS5 et sur PC, et édité par Sony Interactive Entertainment, Marvel Tōkon ne manque pas de modes. Hors ligne, il propose un versus en local, des combats contre l’ordinateur, un mode entraînement, un mode survie et des défis. En ligne, il ouvre un lobby, le salon d’accueil où se retrouvent les joueurs, des matchs classés, des matchs amicaux et des salons privés. J’y ai joué en solo comme en ligne. Lors de mes sessions proches du lancement, le jeu en ligne comptait du monde, sans donner l’impression d’une foule énorme. Le jeu croisé, qui réunit joueurs PS5 et PC dans les mêmes parties, y contribue, mais la communauté devra tenir sur la durée. Un jeu de combat vit par ses joueurs, pas seulement par son casting.

En solo, le contenu se raréfie une fois les épisodes terminés. La suite dépend de votre envie d’apprendre, de jouer en ligne, de passer des heures en entraînement ou de défier vos amis. Le fan de Marvel venu chercher une aventure généreuse risque de trouver l’ensemble mince. Le joueur prêt à travailler ses équipes verra au contraire la durée de vie exploser.
Technique de Marvel Tōkon: Fighting Souls : Arc System Works sublime Marvel à sa façon
Arc System Works applique à Marvel son savoir-faire maison. Des personnages modélisés en 3D, mais travaillés comme de l’animation japonaise, s’affrontent sur un plan en deux dimensions, ce que les joueurs appellent la 2,5D. Les poses sont très marquées, les ralentis expressifs, et les attaques éclatent comme des pleines pages de comics. Chaque personnage se reconnaît à sa seule silhouette.


Ce mariage des deux cultures fonctionne à merveille. Captain America garde son poids héroïque, Spider-Man virevolte avec nervosité et Wolverine frappe court et sale. Tornade impose une présence presque royale, tandis que Carnage se déforme avec une violence organique. Le jeu ne copie pas le cinéma. Il invente sa propre version de Marvel, plus nerveuse, plus stylisée, celle d’un crossover dessiné sous adrénaline.
Les arènes ajoutent au plaisir. Asgard, New York, le Wakanda, la Terre sauvage, l’Institut Xavier et Knowhere fourmillent de références sans voler la vedette aux combattants. Certaines transitions d’un décor à l’autre, en plein combat, ont un vrai sens du spectacle. Arc System Works sait en effet mettre en scène un coup, une chute, un changement de décor ou l’entrée d’une super attaque.

Chaque héros bouge à sa façon, sans jamais ralentir
Sur PS5, le jeu tourne remarquablement bien. Ses combats gardent leur rythme même quand l’écran déborde d’effets. C’est indispensable, car un jeu de combat ne peut pas sacrifier la précision au spectacle.

Les animations signent la plus grande réussite du jeu. Ici, les coups de base ont du poids, les coups spéciaux racontent le personnage qui les porte, et les super attaques assument l’excès sans la moindre gêne. Deadpool cabotine, Hulk écrase, Magnéto domine, Blade tranche, et Peni Parker insuffle une énergie plus mécanique. Cette manière de caractériser chacun par le mouvement donne envie d’essayer tout le monde.
Des coups qui claquent, des voix qui divisent
La bande-son épouse cette énergie. Ses thèmes héroïques penchent tantôt vers le rock, tantôt vers l’électronique, avec une couleur propre à chaque équipe. Ils ne dominent pas toujours les impacts et les voix, mais ils soutiennent la montée de la tension. Les bruitages font mieux encore, car chaque coup, chaque assist et chaque attaque collective claquent avec netteté.

Le doublage français intégral mérite d’être salué, car il ouvre le mode Épisode à un large public. Le choix des comédiens risque pourtant de frustrer les fans qui espéraient retrouver les voix des films ou des dessins animés. Pour un jeu qui mise autant sur l’attachement aux héros, une voix immédiatement familière aurait resserré le lien. Ce n’est pas rédhibitoire, simplement dommage.
Sur PS5, enfin, la manette DualSense apporte quelques sensations agréables, ses vibrations soulignant certains impacts et certains effets. Ce n’est pas l’argument principal, mais les coups les plus lourds y gagnent un peu de matière.
Conclusion, prix et disponibilité de Marvel Tōkon: Fighting Souls
Marvel Tōkon: Fighting Souls est disponible sur PS5 et PC, au prix de 69,99 euros, sur le site de l’éditeur et chez les revendeurs partenaires.
Images : DR
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